ADN des start-up, le Growth Hacking est devenu un buzzword. Ce serait la nouvelle méthode miracle pour transformer n’importe quelle idée en start-up à succès. Mais qu’en est-il réellement ? Nous nous sommes penchés sur la question avec Yasmine Guyot et Jérémy Goillot, respectivement CMO et Growth Hacker chez Spendesk (une startup eFounders).

Définition

Le Growth Hacking, littéralement Piratage de la Croissance, ce sont toutes les actions mises en place pour favoriser la croissance rapide d’une entreprise, à moindre coût. Un growth hacker est donc une personne dont toutes les actions et expérimentations répondent à un seul et unique objectif : générer de la croissance. Et tous les moyens sont bons pour atteindre cet objectif, des plus disruptifs aux plus audacieux & imaginatifs. Marketing, Tech, analytics, copywriting et même... psychologie : le growth hacking est un mix intelligent, un état d'esprit, fondamental dans la culture des entreprises du web.

Historique

Sean Ellis, l’inventeur du terme Growth Hacker. Fondateur et CEO du site GrowthHackers.com, Sean Ellis a participé au lancement d’entreprises pesant aujourd’hui plusieurs milliards de dollars (Dropbox, Lookout, Eventbrite) en boostant leur croissance. En 2010, il rédige une annonce pour recruter son remplaçant chez Dropbox. Il cherche une personne avec un spectre de compétences larges et atypiques, capable de mettre sa créativité et son intelligence au service de la croissance de l’entreprise. Ne trouvant pas d’intitulés de postes correspondant à ce profil, il décide de l’inventer, ce sera Growth Hacker.

Application concrète

Le Growth Hacking s’applique à tous les niveaux de l’entreprise.
 Il consiste à optimiser et automatiser tous les types de tâches pour faire mieux, aller plus vite et plus loin, que ce soit en commercial pour générer plus de leads et augmenter les revenus, sur les réseaux sociaux pour avoir une audience plus grande et plus engagée, en marketing pour utiliser des outils intelligents permettant de gagner en efficacité, en SAV pour améliorer la satisfaction client et la fidélisation, etc.

L’anecdote à connaître

Le Growth Hacking existait avant d’exister. Dès l’apparition d’internet, les créateurs de sites, outils, annuaires se sont demandés comment avoir plus d’utilisateurs. Parmi ces pionniers du web, la messagerie Hotmail, premier service de courriel gratuit créé en 1996 par Jack Smith et Sabeer Bhatia, a connu un démarrage difficile malgré des investissements publicitaires. C’est une simple petite phrase insérée à la fin de chaque email envoyé depuis hotmail qui va changer la donne : PS : I love you. Get your free email at Hotmail. En quelques jours, la croissance est fulgurante. 18 mois plus tard, ils ont 12 millions d’utilisateurs. C’est le premier Growth Hack de l’histoire.

Quelques sites de référence

Les outils du Growth Hacker

1. L’AARRR

L’AARRR, framework de Dave McClure, entrepreneur, business angel et fondateur de l’incubateur 500 startups, propose une méthode efficace pour permettre de générer de la croissance en 5 étapes essentielles :

  • Acquisition : acquérir de nouveaux contacts.
  • Activation : transformer ces contacts en utilisateurs ou en clients.
  • Rétention : retenir ces utilisateurs et les inciter à revenir.
  • Referal : faire en sorte que ses utilisateurs en invitent d’autres.
  • Revenu : augmenter les revenus par utilisateurs.

Un Growth Hacker met donc tout son talent, son ingéniosité, sa créativité et sa capacité d’innovation au service de chacune de ces étapes.

2. Les outils Saas

Chaque growth hacker utilise des outils différents, que ce soit des outils qu’il développe lui-même ou des outils Saas (Software as a service, solutions logicielles utilisées à distance) qui répondent à différents objectifs. L’intérêt est d’utiliser une galaxie d’outils choisis de manière stratégique et qui va permettre d’optimiser chaque type d’action menée. Un indispensable ? Product Hunt à regarder chaque jour ! 

Quelques exemples d’outils : 

  • Outils de scraping comme Email Hunter (adresses mails), Kimono (scraper données web)
  • Outils de tracking comme Mail Track (mails), Hotjar (contenu), Tilkee
  • Outils analytics & Marketing comme Google Analytics, SEMRush, Botify, Amplitude Analytics, Appboy, Wishpond (marketing automation)
  • Outils d’automatisation (s’appliquant aux SAV, aux réseaux sociaux, aux emailings, etc.) comme Zapier ou IFTTT, Pushcrew (envoi de notifications sur navigateur)
  • Outils de veille stratégique et d’e-réputation comme Buzz Sumo, SocialShare, Crowdfire (Twitter & Instagram), Nuzzel (curation), Twitonomy, Buzzbundle

Les évolutions en cours

Le Growth Hacking est en constante mutation

Les méthodes utilisées hier sont obsolètes, celles utilisées aujourd’hui le seront demain. L’époque du Growth Hacking sauvage tel qu’on le pratiquait il y a quelques années est révolue. Les utilisateurs acceptent de moins en moins de se faire spammer ou d’être contactés sans l’avoir sollicité . Ils sont aussi de plus en plus sensibles à la protection de leurs données. D’ici peu, il ne sera tout simplement plus possible de se servir d’adresses emails récupérées via des hacks. D’autre part, de même que Google a fait évoluer son algorithme pour empêcher le spamdexing SEO, des plateformes comme Facebook ou LinkedIn font la même chose et verrouillent leur plateforme pour empêcher la récupération de données.

Le même état d’esprit appliqué à de nouvelles idées

L’esprit Growth Hacking ne change pas mais il s’applique à des problématiques différentes. On adopte des méthodes et des outils intelligents qui servent les intérêts de la start-up autant que ceux de sa communauté. En mettant au point des outils qui permettent d’automatiser les process et d’être plus efficace. En misant beaucoup sur la rétention et sur la viralité, avec par exemple l’automatisation du système de referal pour permettre aux utilisateurs de partager un produit ou une application très facilement sur les réseaux sociaux.


Les experts

  • Yasmine Guyot : Yasmine est la CMO de Spendesk. Elle a étudié à l’École Nationale Supérieure des Mines de Saint-Etienne et travaillé en tant que Growth & Opérations Manager chez eFounders avant de rejoindre Spendesk. Elle n’est pas Growth Hackeuse mais la croissance de l’entreprise, c’est le coeur de son métier et de ses priorités. Pour elle, tout employé de startup fait du Growth Hacking, sans forcément être Growth Hacker, sans forcément le savoir.
  • Jérémy Goillot : Jérémy Goillot, Growth Hacker chez Spendesk, a étudié à l’INSEEC Business school et suivi la formation Lion de The Family, l’école de l’avant-garde des employés. Ce qu’il préfère dans le Growth Hacking, c’est le fait de devoir réinventer son métier chaque jour.
  • Spendesk : Spendesk est une startup Fintech proposant aux entreprises une solution Saas de gestion des paiements en ligne. Issue du studio eFounders, Spendesk a hérité de cet état d’esprit particulier qui consiste à vouloir aller toujours plus vite, plus loin en adoptant des méthodes smart et efficaces.

 


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Photo Jukebox @eFounders

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