Changer radicalement de voie pendant ses études : comment gérer ?

  • February 13, 2019

Sachez que 1 étudiant sur 5 change de parcours car son projet professionnel a évolué au cours de sa première année d’études supérieures -selon une note du ministère de l’Enseignement Supérieur publiée en novembre 2018.- Si cela est votre cas, pas de panique ! Welcome to the Jungle vous livre quelques précieux conseils pour bien appréhender cette situation déroutante et sortir gagnant du monde du travail. Pas de pensée négative du type « ça y est, une année de perdue » qui tienne !

Se tromper de voie est une épreuve tout à fait surmontable, que vous soyez encore étudiant ou salarié. Ce n’est pas une fatalité en soi, et ne doit pas être perçu comme un échec : mieux vaut trouver et choisir des études qui vous correspondent que forcer dans une voie qui n’est pas la votre... Ce que vous avez appris, même si vous n’avez suivi qu’un semestre, représente déjà un bagage dont vous pouvez être fier. Déculpabilisez, on a tous le droit à l’erreur, et le droit d’évoluer.

Introspection : pourquoi se réorienter ?

La première question à se poser paraît simple mais ne l’est qu’en apparence : quelles sont mes réelles motivations à changer de voie ? Il est crucial d’y trouver la ou les bonnes réponses, de mettre en lumière le "pourquoi" avant d’entamer le "comment". Pour ce faire, essayez la carte mentale : prenez une feuille et un stylo, et listez dans un tableau les arguments "pour" et "contre" votre réorientation - et ne vous censurez pas ! Vous y verrez plus clair. Les raisons peuvent être multiples, telles que :

  • La désillusion de la formation
  • Le manque d’intérêt pour les matières/le décrochage
  • L’inadéquation avec votre projet professionnel
  • Une ambiance estudiantine trop compétitive ou anxiogène à votre goût
  • Une révélation ou une nouvelle appétence pour une autre voie
  • Le manque d’information sur la filière et ses débouchés
  • Le choix de vos études a été fait par défaut
  • L’échec
  • Peu de débouchés professionnels
  • etc.

Après un baccalauréat ES, Anna a opté pour les bancs de la fac comme de nombreux diplômés, en suivant une licence LEMA (lettre, édition, médias et audiovisuel). Attirée depuis toujours par la publicité, la communication et le commerce, elle y a passé un semestre avant de se réorienter : « J’ai validé le premier semestre mais j’ai réalisé que malgré mon intérêt pour les matières enseignées, l’université restait très théorique. J’ai réalisé que je voulais une formation plus professionnalisante », explique-t-elle. Pas étonnant quand on sait que les filières universitaires n’encouragent que rarement la pratique via les stages, contrairement aux écoles où ces derniers sont obligatoires tout au long du cursus.

Dans tous les cas, prendre conscience que vos études actuelles ne sont pas faites pour vous est le déclic qu’il vous faut pour démarrer une réorientation sur de bonnes bases. Se précipiter, choisir au hasard ou sur recommandation externe (famille ou amis) ne fera que vous déconcerter. Vous êtes le seul responsable de votre éducation supérieure et de votre future carrière.
Petite précision qui peut en rassurer plus d’un : il n’est pas nécessaire d’avoir un projet professionnel fixe et définitif. Ce dernier se construit avec le temps, selon vos envies, vos compétences et les opportunités.

C’est après avoir cherché un stage en communication lors de cette première année post-bac qu’Anna a eu le déclic : « parmi les entreprises que j'ai sollicité, la plupart des recruteurs ont laissé entendre qu'ils préféraient des profils étudiants issus d'écoles. La faculté d'être opérationnel sur le terrain attire, vu qu'en école on suit des cours avec des intervenants experts, on a des cas pratiques, des mises en situation, on est sans arrêt poussé vers le monde professionnel. » Sachant que l’université ne lui apporterait pas ce qu’elle voulait, le changement de voie est apparu comme la solution idéale. Une fois ce travail fait et ces principes en tête, direction la prochaine étape : la concrétisation !

« La faculté d'être opérationnel sur le terrain attire, vu qu'en école on suit des cours avec des intervenants experts, on a des cas pratiques, des mises en situation, on est sans arrêt poussé vers le monde professionnel. » - Anna.

Concrétisation : comment changer d’études en cours de route ?

Si vous êtes dans un cursus qui ne vous correspond pas complètement, Anna vous conseille d’écouter vos tripes : « il faut suivre son instinct et ne pas avoir peur de changer de voie ! Mais je pense qu’il est aussi important de demander conseil à vos proches. » Ou tout du moins récupérer les avis à droite à gauche, pour meubler votre carte mentale si vous ne l’avez pas encore faite.

Une fois le moteur démarré, il faut vous renseigner sur les diverses manières de permuter de voie en cours d’année, ou dès l’an prochain. Voici une liste non exhaustive de choix qui s’offrent à vous, une fois que vous aurez choisi vos futures études :

  • Les rentrées décalées : certaines écoles privées et voies supérieures offrent la possibilité de rejoindre leur cursus dès janvier/février ou mars, en mode accéléré
  • Les passerelles : certaines voies sont directement accessibles en seconde année ou en Master en fonction du diplôme que vous avez en poche
  • Les concours : si vous décidez de passer un concours pour la rentrée prochaine, vous pouvez réviser d’ici là (seul ou via des cours préparatoires privés par exemple)
  • Repartir de zéro : si vous optez pour des études qui n’ont strictement rien à voir avec ce que vous faisiez, arrêtez tout et prenez le temps de vous plonger dans ce nouvel univers d’ici la prochaine rentrée
  • L’année sabbatique : il est aussi possible de couper court à votre quotidien d’étudiant pour vous concentrer sur vous et vos désirs d’études
  • Étudier à l’étranger : s’expatrier peut également vous convenir si vous cherchez à devenir bilingue ou à découvrir une autre culture. Renseignez-vous directement auprès des ambassades françaises à l’étranger et des établissements d’enseignement supérieur sur leur processus d’intégration d’élèves étrangers

Pour Anna, après la décision vient le passage à l’action : « j’ai enchaîné les journées portes ouvertes d’écoles de communication, puisque participer à un salon ne suffit pas : il faut visiter les locaux et découvrir comment fonctionne l’école. C’est ainsi que j’ai choisi celle où je me sentais le plus à l’aise lors de mes rencontres. » La réorientation est apparue comme une évidence pour la jeune étudiante : « le programme lie théorie et mise en pratique, ce qui nous rend opérationnels pour le stage de deux mois en entreprise », affirme-t-elle.

« Il faut visiter les locaux et découvrir comment fonctionne l’école. C’est ainsi que j’ai choisi celle où je me sentais le plus à l’aise lors de mes rencontres. » - Anna.

Une fois le choix de vos études arrêté, vous entamez une nouvelle étape dans votre éducation supérieure. Mais il faut garder à l’esprit que d’ici quelques années, après votre diplôme empoché, le marché de l’emploi vous attend. La quête d’un job peut s’avérer difficile si vous ne tirez pas profit de votre reconversion… faites-en un atout !

Projection : comment tirer profit de sa reconversion dans le monde du travail ?

Sur le long terme, il vaut mieux anticiper vos futures recherches d’emploi et entretiens d’embauches une fois diplômé. Il est tout à fait possible de mettre en avant sa reconversion sur son CV en expliquant que votre démarche a été mûrement réfléchie, que vous avez dû passer par un (ou plusieurs) chemins pour trouver votre voie. Servez-vous de la lettre de motivation et de l’entretien d’embauche pour mettre le paquet et expliquer vos choix et vos ambitions, et que la réorientation incarne un réel atout pour votre futur employeur. Ce qui pourrait faire grincer des dents un recruteur peut aussi devenir votre meilleure carte à jouer.
Un parcours atypique, une personnalité adaptable (donc solide et fiable), des connaissances élargies, des expériences nombreuses et variées... sont d’excellents arguments à mettre en avant. Ils peuvent prouver une certaine maturité acquise au fil du temps, à travers votre remise en question, mais également de nombreuses compétences (soft skills ET hard skills) liées à vos études/expériences passées, que vous pouvez transférer à la nouvelle voie choisie. Tout ceci sans compter votre motivation à toute épreuve, votre sens de l’analyse et votre esprit critique qui vous ont permis de vous réorienter.

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Photo by WTTJ

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Marianne Shehadeh

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