À l'exception de quelques génies de la négociation, demander une augmentation de salaire est un exercice difficile et intimidant. Est-ce le bon moment pour demander ? Comment s’y prendre ? Comment bien se préparer ? Voici nos conseils.

Le bon timing

Chaque entreprise a ses spécificités qu’il est nécessaire de connaître pour ne pas laisser filer le moment idéal. Car les enveloppes budgétaires se négocient en général une seule fois dans l’année, et c’est à ce moment là que vos supérieurs décident de qui en bénéficiera et à quelle échelle. Alors respectez les processus habituels de votre entreprise, mais n’oubliez pas de profiter d’une réalisation exceptionnelle ou de l’accomplissement d’un projet pour (re)lancer le sujet avec votre supérieur. Le bon moment, c’est aussi quand vous êtes prêt.

Un entraînement de champion

Le bon timing, c’est bien. Être préparé, c’est mieux. Pour mettre toutes les chances de votre côté, anticipez soigneusement votre entretien.

Faites le point sur vos réussites de l’année passée… et chiffrez-les. Votre travail a permis d’augmenter directement les ventes, fait gagner du temps à vos collègues, diminué des coûts ? Dites-le ! Parfois, votre métier ne permet pas d’apporter des arguments “quantitatifs”, alors n’hésitez pas à mettre en avant des aspects plus qualitatifs comme le développement de meilleures relations avec vos clients, le renforcement des liens au sein de votre équipe, etc.

Montrez les compétences que vous avez développées. Réfléchissez au chemin que vous avez parcouru en un an et essayez de formaliser vos progrès : compétences acquises, nouveaux savoir-faire et savoir-être. Les personnes qui savent se mettre en avant et exposer leurs qualités (pendant leur négociation, mais aussi au cours de l’année) sont en général celles qui obtiennent le plus. Alors point de modestie !

Restez en position de force

Après avoir exposé vos arguments, laissez votre supérieur faire la première proposition. C’est à partir de celle-ci que vous commencerez la négociation. N’hésitez pas à être ambitieux et annoncer un chiffre supérieur à vos attentes réelles. Si vous obtenez directement l’augmentation que vous avez demandée, cela signifie bien souvent que vous auriez pu demander plus !

Si vous n’obtenez pas ce que vous souhaitiez, pas de panique. Des alternatives sont souvent possibles :

  • Explorez la possibilité d'une rémunération variable sur objectifs.
  • Cherchez le compromis avec une augmentation en deux temps. Demandez à votre supérieur de s’engager sur une période (6 mois, 1 an) et un résultat à atteindre pour obtenir le complément.
  • Obtenez des avantages complémentaires : prime exceptionnelle, actions, formation spécifique, jours de congé “gratuits”, temps dégagé pour vous occuper d’un projet interne, etc.

Le principe maître de la négociation est de ne jamais ressortir perdant.

Bonus : Top 5 des phrases à éviter

La Maître Gims : “J’me tire”

"Je veux 10% de plus ou je pars. De toutes façons, j’ai de meilleures propositions ailleurs"

Ouh le vilain chantage ! Vous pouvez effectivement suggérer que votre salaire est en dessous de ce qui est pratiqué sur le marché, mais le formuler ainsi poussera votre supérieur à se questionner sur l’intérêt d’investir dans une personne qui est prête à partir. Soyez plus subtil et élégant.

La Pink Martini : “Je ne veux pas travailler”

"Si je ne suis pas augmenté, je vais travailler à hauteur de ce que je suis payé"

Pour votre supérieur, vous payer autant alors que vous travaillez moins est une forme d’augmentation. Encore une fois, elle est contre-productive et ne donne pas envie d’investir sur vous.

La Jacques Dutronc : “L’opportuniste”

"Suite à la réduction des effectifs, je fais le travail de deux personnes, je mérite une augmentation"

L'entreprise connaît des difficultés financières ou sociales et a été contrainte de se séparer de certains salariés, votre surplus de travail n'est donc pas lié à la hausse de l'activité... votre poste a été préservé et vous plaindre de votre travail risque d'être perçu comme un acte égoïste. Prudence.

La Jean-Jacques Goldman : “Comme toi”

"Martine, au même poste, a eu 3% d’augmentation. Je veux autant."

Se comparer aux autres est toujours risqué. Cette demande ne met ni en avant vos qualités, ni vos réussites. C'est un argument qui n’est pas lié à vos objectifs et vous fait passer pour une personne peu ambitieuse et investie. On oublie.

La Johnny Hallyday : “Le chanteur abandonné”

"Je n’ai pas été augmenté depuis quatre ans, j’en ai marre"

Une longue période sans augmentation est, en effet, difficile et dévalorisante. Mais non, on ne vous a probablement pas oublié, il y a donc une autre raison. Utiliser cet argument risque de montrer que vous ne vous êtes pas remis en question. Alors cherchez et posez la question pour comprendre le fond du problème et apporter de nouveaux (et meilleurs) arguments.

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