« Il n’y a aucune raison de ne pas écouter votre coeur », confiait Steve Jobs. 

Une maxime qu’il appliqué lors de son départ d’Apple en 1985. Si votre coeur vous invite à quitter votre entreprise, un départ à l'amiable permet de partir dans de bonnes conditions puisqu'il vous permet de convenir, d'un accord commun avec votre employeur, de la rupture de votre contrat. C'est aussi le seul moyen de percevoir une indemnité de départ et d'avoir le droit aux allocations chômage. L'obtenir n'est donc pas gagné d'avance !

 Vous souhaitez imiter les près de 400 000 heureux bénéficiaires d’une rupture conventionnelle en 2016 ? Ne courez pas dans le bureau de votre boss  lettre en main, réfléchissez d’abord à votre décision et préparez une véritable stratégie pour atteindre cet objectif.

La préparation

Analyser ses envies de départ

Si différentes raisons vous poussent à envisager de quitter votre travail, prenez ces doutes au sérieux. Posez-vous la question du sens de votre poste, des missions, lieux et entreprises qui font vous réellement envie. Elargissez votre réflexion afin de trouver votre voie. Dans le même temps, listez les points positifs de votre travail actuel et confrontez-les aux points négatifs, à ce qui vous manque à l’heure actuelle. Votre décision est prise ? Passons à la suite.

Penser aux conséquences

Si votre entreprise accompagne votre départ d’une compensation financière et que vous ne prenez pas un nouveau poste dans l’immédiat, gardez à l’esprit que toute indemnité de rupture dépassant le plancher légal allonge le délai de carence des personnes s’inscrivant à Pôle Emploi. Depuis le 1er novembre, le plafond avant paiement des indemnités chômage est désormais de 150 jours maximum. Le droit à l’allocation chômage est, lui, ouvert à partir de 610 h ou 88 jours de travail lors des 28 derniers mois. 

 Pas de panique si vous regrettez votre décision et que votre employeur l’accepte, vous disposez de 15 jours pour vous rétracter, à partir du lendemain de la signature.

S’informer sur les pratiques RH internes

Certaines entreprises font régulièrement appel à la rupture conventionnelle, bien plus rare chez d’autres. Il est utile de se renseigner en amont auprès de collègues bien informés sur les pratiques internes. Le nombre de ruptures annuelles est suivi par l’inspection du travail lorsqu’il atteint un seuil conséquent et peut être assimilé à des plans de sauvegarde de l’emploi dissimulés. Les ordonnances de la loi travail devraient cependant encadrer ce risque en instaurant la possibilité pour les employeurs de réaliser des ruptures conventionnelles collectives.

La négociation

Rester professionnel et impliqué

Votre employeur sera bien plus réceptif à votre demande si vous conservez un comportement professionnel. L’implication, la réactivité en cas de problème, un état d’esprit positif jusqu’au dernier jour permettent de ne pas donner d’arguments faciles pour rejeter votre demande. Avant d’aborder le sujet et jusqu’à votre départ, restez pro !

Préparer des arguments positifs

La rupture conventionnelle implique un accord à l’amiable du salarié et de l’entreprise. Le meilleur moyen de convaincre votre interlocuteur consiste à exposer un projet clair. Il peut s’agir d’une volonté de créer une entreprise, se reconvertir ou effectuer une formation pour monter en compétences. Ne donnez pas l’impression d’être dans le flou et surtout pas celle de chercher simplement une opportunité financière. De la même façon, évitez les courriers d’avocats ou les menaces. La demande de rupture conventionnelle doit rester un échange constructif, dans lequel vous exposez un projet personnel important pour vous. Partagez vos envies, vos rêves et des émotions positives !

Planifier la discussion

Une fois vos arguments bien préparés, allez voir votre supérieur direct afin de lui demander une entrevue. Passer directement par les RH ou envoyer un simple courrier pourrait être mal interprété. Evitez la période de fin d’année pour aborder le sujet, privilégiez le début d’année ou, au plus tard, le printemps. Le management et les RH seront bien plus réceptifs lors de périodes calmes, sans recrutement, et l’entreprise peut avoir atteint son quota de rupture lorsque la fin d’année approche.

Négocier les détails

La rupture conventionnelle prévoit d’obtenir une indemnité légale minimale, elle peut également être complétée par une indemnité plus conséquente. Le parachute ne sera pas doré pour autant, les sommes négociées représentent moins d’une année de salaire. Selon l’ancienneté, le rang hiérarchique et les objectifs atteints, les sommes pourront varier de quelques milliers d’euros à une dizaine de milliers d’euros, voire plus pour les postes les plus seniors ainsi récompensés pour leurs accomplissements passés. Proposez une fourchette à l’aide d’arguments, en vous appuyant sur votre salaire actuel. Le gain salarial lié à votre départ peut également entrer en jeu. 

 La date de départ peut également faire l’objet d’une compensation, pour partir très vite, comme pour ne rien précipiter. Une fois les négociations abouties, renseignez-vous sur les délais et conditions du solde de tout compte.

Anticiper un éventuel refus

Certains employeurs resteront fermes et n’accorderont pas de rupture conventionnelle. Si vous souhaitez à tout prix quitter l’entreprise, vous pouvez chercher un autre emploi, créer votre entreprise, trouver une formation voire effectuer une année sabbatique. Plus délicat, l’abandon de poste n’est pas recommandé car il passe par une phase de licenciement, elle peut démarrer avec une suspension de salaire et prendre jusqu’à plusieurs mois avant d’être effective. A l’inverse, si vous vous acceptez l’idée de rester, faites preuve de bonne volonté, discutez de façon transparente et sincère avec vos supérieurs pour les rassurer sur votre investissement à court terme. Ne mentez pas, soyez clairs sur vos intentions futures.

Soyez confiants, « avec de l'ordre, du zèle, du courage, il n'est pas de situations, si périlleuses soient-elles, dont on ne puisse se tirer », écrivait Jules Verne. La nouvelle page de votre carrière n’attend plus que vous !


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