Pour remédier à la morosité de septembre et vous épargner le vague à l’âme de fin d'été, on a imaginé un programme de reprise en main drastique à suivre tout au long du mois de juillet : le Summer Work Challenge. On connaît tous le « Summer Body Challenge » pour se préparer à l’épreuve du maillot de bain en été. Là, c’est pareil mais pour le travail. On vous propose cinq semaines de conseils pour aborder sereinement le retour au travail et construire sa prochaine étape professionnelle.

Avec les congés d’été naissent généralement de nouveaux challenges et projets inédits pour la rentrée. L’idée ? Reprendre le travail et repartir sur de bonnes bases en tirant bénéfice de ce moment de repos. Dans ce premier épisode du programme, Welcome to the Jungle vous explique pourquoi et comment faire le bilan, calmement, de votre année de travail. Et vous donne des outils pour cadrer votre réflexion de façon objective.

Suivez l'intégralité du programme et la prochaine étape : le Summer Work Challenge #2

Pourquoi faire un bilan durant l’été ?

Les vacances d’été pointent leur nez, les pauses déjeuners se rallongent. Il devient plus aisé de trouver une place de parking ou un spot en terrasse, et le rythme de travail ralentit lui aussi. Une ambiance propice au bilan. « C’est un espace en dehors du temps qui permet de prendre du recul sur soi » confirme Valérie Behar, coach professionnelle et fondatrice de Talentpowerment. « Cette cadence apaisée offre la possibilité de lever le nez, de sortir de sa routine et de se demander comment on aurait pu faire les choses autrement. »

« Cette cadence apaisée offre la possibilité de lever le nez, de sortir de sa routine et de se demander comment on aurait pu faire les choses autrement. » Valérie Behar, coach professionnelle

Comment cadrer sa réflexion ?

Les méthodes à appliquer

Regarder dans le rétroviseur et faire le bilan de l’année passée n’est pas ce qu’il y a de plus aisé. Comment poser un diagnostic sur soi-même et son travail ? Comment évaluer ses propres forces et faiblesses ? Comment distinguer la réalité de l'hypothèse ? Et gérer sa subjectivité ? 

Au préalable, pour Valérie Behar, il est primordial de « cadrer sa réflexion autour de grands domaines, au sein de chacun desquels on pourra s’auto-évaluer sur une échelle de 1 à 10. » Cette note permet d’identifier les domaines où l’on pêche, et de réfléchir à ce qu’on pourra faire de nouveau pour arriver à une meilleure note et atteindre nos objectifs.

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à faire un bilan de fonctionnement pour chacun des thèmes ci-dessous. Il vous permettra d’identifier vos points forts et d’établir un plan d’action. Il suffit de dresser un tableau en trois colonnes et lister :

  • Vos points d’appuis (ressources, atouts…)
  • Vos pistes de développement pour dégager votre marge de progression
  • Les actions et projets concrets que vous pourriez mettre en place pour agir sur les pistes de développement

5 domaines à approfondir

Valérie Behar propose de cadrer sa réflexion autour des axes d’amélioration suivants :

Le relationnel

C'est l’occasion de faire le point sur notre capacité à développer et maintenir de bonnes relations professionnelles. Mais aussi à évaluer si on est satisfait des interactions avec les autres : membres de la tribu, clients ou encore partenaires. Ainsi que de réfléchir à sa propre image et à sa capacité de leadership et management.

Selon Valérie Behar, « Une approche 360° peut apporter beaucoup. Soit de manière formelle, en passant par un coach, soit tout simplement en demandant du feed-back autour de soi pour pouvoir progresser dans le bon sens. » Il s'agit d'une technique de développement personnel qui permet de sonder ses collaborateurs et son entourage professionnel immédiat via un questionnaire d'évaluation. 

« Un autre outil, le sociogramme, permet de visualiser en un seul coup d’oeil la cartographie de son écosystème relationnel et de qualifier chacune de ses relations. » ajoute Valérie Behar. Un sociogramme est une technique qui grâce à de l’observation et de la contextualisation présente, sous forme de graphique, les différentes relations entre tous les membres d’un groupe. Le but ? Expliciter les liens d’influence dans un groupe.

La gestion du temps

La réflexion sur le temps alloué à ses diverses tâches et activités est primordiale. Une mauvaise gestion de son temps est souvent source de stress et d’angoisse. Or, c’est une des difficultés majeures rencontrée pour les professionnels, surtout en début de carrière. On peut par exemple se demander :

  • « Est-ce que j’ai bien su déléguer ? »
  • « Est-ce que je ne me suis pas trouvé trop surmené pendant l’année ? »
  • « Est-ce que j’ai su prioriser les tâches ? »

« Pour la gestion du temps, on se rend vite compte du gaspillage effectué » selon Valérie Behar. Comment y remédier ?  « En analysant les coûts/bénéfices de chacune de ses activités lors d’une semaine type. Il est alors judicieux de mettre en avant les tâches qui procurent plus de bénéfices que de coûts et de prioriser celles qui ont le plus de valeur ajoutée. »

À lire : Productivité : 5 livres pour gagner du temps (au travail et dans sa vie)

L’équilibre vie professionnelle/vie personnelle

Faites le point sur l’équilibre vie professionnelle/vie privée atteint pendant l’année. En profitant de la rentrée, de ce nouveau départ, pour repartir sur de bonnes bases et atteindre un meilleur équilibre. Il est utile de bien réfléchir à l’espace qu’on aimerait libérer pour sa vie personnelle. Cela passe par l’identification des choses qui nous ont donné de l'énergie, qui nous ont fait du bien, qui nous ont nourri ou ressourcé pendant l’année. Cela peut être un cours de chant ou de théâtre qui vous permet de lâcher prise mentalement. Une séance de boxe hebdomadaire qui vous aide à relâcher les tensions. Ou tout simplement, plus de temps accordé à vos proches ou à vous-même.

L’idée ? S’assurer que son travail trouve sa place dans une dynamique d’épanouissement personnel. En effet, le travail ne doit pas être votre unique source d’épanouissement, cela vous rendra plus vulnérable en cas de coup dur. Trop souvent le travail devient une façon de s’occuper et de se sentir exister, au risque de finir par combler un vide et de perdre de vue la question du sens. Ce qui laisse la porte ouverte au burn-out.

Selon Valérie Behar : « Le problème sous-jacent auquel nous devons faire face est que dans la vie l’important n’est souvent pas urgent, et l’urgent souvent pas important. Mettre systématiquement au premier plan des sujets professionnels à cause de leur caractère urgent (mais pas nécessairement important) au détriment de sa vie de famille (importante, mais pas urgente), c’est risquer de négliger l’important à court terme et de le mettre finalement en péril sur le long terme. »

« Dans la vie, l'’important n’est souvent pas urgent, et l’urgent souvent pas important » Valérie Behar

Pour cela, il faut donc identifier ce qui est important pour soi et apprendre à distinguer dans son emploi du temps de la semaine ce qui est important de ce qui est urgent, afin d’allouer le temps nécessaire à l’important.

À lire : Vie professionnelle et vie personnelle : 10 conseils pour trouver l’équilibre

L’alignement

Pour faire le bilan, il faut prendre du recul par rapport à ses valeurs. Ce qui nécessite, au préalable, d’avoir bien identifié les motivations qui vous guident et forment votre boussole interne. Pour les identifier, rien de plus simple :

  • Identifiez vos 3 valeurs phares. Commencez par une liste de 10 valeurs qui vous viennent en tête, puis retravaillez et réduisez votre liste pour en obtenir 3,
  • Prenez votre temps, l’exercice n’est pas aisé et faites-vous confiance,
  • Pour chaque valeur, verbalisez ce qu’elle représente pour vous. Trouvez 5 verbes par valeur pour vous permettre d'appréhender au mieux leur part subjective.

Vient ensuite le temps de la réflexion :

  • « À quel point les ai-je incarnées ? Est-ce que je me suis senti aligné ? »
  • « Comment les ai-je déclinées dans mon activité professionnelle au quotidien ? »
  • « Comment pourrais-je aller plus loin pour que mon activité professionnelle s’accorde au mieux avec mes valeurs ? Est-ce que j’envisage de me réorienter ? »

Par exemple, si l’autonomie figure parmi vos valeurs phares, évaluez la place occupée par cette composante au sein de votre activité professionnelle. Sur l’année passée, avez vous été assez autonome dans vos missions, et votre activité professionnelle en général ou vous êtes-vous senti à l’étroit ? Comment, le cas échéant, avez-vous fait ou pourriez-vous faire pour acquérir plus d’autonomie et de liberté ?

À lire : Start with Why de Simon Sinek, le livre pour comprendre que tout doit partir du sens

Les objectifs de l'année dernière

Profitez de cette période charnière pour faire un état des lieux de vos réussites et de vos échecs. Prenez le temps de revenir sur vos objectifs passés, pour faire le point. Il est en effet primordial de prendre le temps de se rendre compte des progrès qu'on fait. Seul, comme en groupe. On a souvent du mal à s’en rendre compte au quotidien.

C’est l’occasion de faire un arrêt sur image et comparer votre situation professionnelle il y a un an, à celle d’aujourd’hui. Vous pourrez ainsi voir où vous vous situez par rapport à vos objectifs. Cela vous permettra également de recenser les victoires que vous avez pu atteindre seul ou en groupe.

Pour aller plus loin :

Pour identifier en un seul coup d’oeil les axes de progression dans chacun des domaines de votre vie en générale, vous pouvez utiliser la roue de la satisfaction. Pour chacun des domaines, notez votre niveau de satisfaction sur une échelle de 1 à 10 dans chacun des domaines ci dessous. Et coloriez chaque zone pour obtenir votre visuel de satisfaction. N'hésitez pas à adapter votre roue de la satisfaction comme bon vous semble. Utilisez, par exemple, la liste de domaines suivants :

  • Relation avec ses parents
  • Santé/forme
  • Finances
  • Relations de travail
  • Travail/carrière
  • Développement personnel
  • Environnement
  • Enfants
  • Couple
  • Père-mère
  • Amis


S’évaluer objectivement

Pour Valérie Béhar : « Il est important de rester concentré sur le factuel lorsqu’on s’évalue pour ne pas se juger, ni tomber dans l’auto-flagellation. Reconnaître ce qui a bien marché est essentiel, car plus on s’appuie sur ses atouts, ses ressources, ce qu’on sait faire dans la vie, plus ce sera facile. C’est un cercle vertueux. Et, maximiser les effets que ces appuis peuvent avoir est un énorme bénéfice. »

« Il est important de rester concentré sur le factuel lorsqu’on s’évalue pour ne pas se juger, ni tomber dans l’auto-flagellation » Valérie Béhar, coach professionnelle

Attention donc à ne pas tomber dans le jugement pur et dur ou à l’inverse l’extrême clémence envers soi-même. Parce qu'il est si facile de se juger et de se démoraliser... Et pire, de s’empêcher, par peur de l’échec, de trouver un nouvel élan pour la rentrée. Pour prendre du recul, il est donc utile d’évaluer la situation avec un œil extérieur et faire comme si notre situation était celle d’un ami. Et, pour avoir un regard plus neutre, vous pouvez demander l’avis de personnes extérieures ou effectuer une approche 360° mentionnée ci-dessus. 

Il ne vous reste plus qu'à tirer les bons enseignements de cet exercice d'introspection et à profiter pleinement de votre été ! 

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