Depuis la crise des subprimes, la gestion des risques est devenue une discipline centrale des grandes banques d’investissement. La chute de Lehman Brothers, ainsi que la fragilité apparente de certaines des plus grandes maisons, a amené les autorités de chaque pays à la réflexion : tout doit être mis en œuvre afin que ne se reproduise plus les déboires des 10 dernières années. Par le passé, des réflexions avaient déjà vu le jour. Deux révolutions ont permis de stimuler l’activité dans le domaine du risque dans les années 1990 : d’une part la vulgarisation de la Value at Risk (VaR) par la banque J.P.Morgan et d’autre part le développement des Stress Tests par le FMI afin d’évaluer le risque dans les pays en développement.

Aujourd’hui, on demande à chaque grande banque d’investissement en situation de risque systémique de réaliser un rapport de risques. Ces rapports doivent être transmis aux régulateurs chaque mois ou alors chaque année.

  • Des rapports de risques internes sont également nécessaires pour prendre en compte le risque lié au marché, à la contrepartie ou à l’activité interne de la banque.
  • Des tests comme l’ICAAP et CCAR ont été développés par les régulateurs afin que chaque banque puisse savoir quel capital elle devrait conserver au minimum pour faire face à une situation de risque extrême.

Concrètement, pour vous, un stage dans le Risk Management est à considérer surtout si vous n’êtes pas sûrs de ce qui vous passionne ou si vous ne savez pas à quel département encore postuler.

Quel est l’intérêt de faire un stage en Risk Management ?

  • C’est l’occasion de développer des compétences et des connaissances transversales sur les différentes activités en banque d’investissement.
  • Il faut prendre en compte le fait que l’offre d’emploi dans ce secteur est plus élevée que la moyenne étant donnée la conjoncture économique.
  • Une forte mobilité interne : durant votre Summer Intership en Risk Management, vous aurez l’occasion de changer d’équipe et de découvrir de nouvelles activités, notamment dans les banques anglo-saxonnes. Par exemple, il est tout à fait possible de débuter en trading pour ensuite être orienté en « Fusions-Acquisitions ».
  • Une mobilité externe envisageable : nombreux sont ceux qui, après avoir gagné en expérience, quittent la banque pour travailler dans l’industrie, en fonds d’investissement ou dans des agences de notation.

S’il n’y a pas de profil « type » pour s’adonner à cette activité, on embauchera plus souvent les étudiants ayant fait un Master Spécialisé. On y voit une volonté des banques d’employer des étudiants qui ont fait leurs preuves en s’inscrivant dans des formations prestigieuses afin de pérenniser la culture d’excellence qui est propre à ce secteur. La plupart du temps, ces individus font preuve de motivation, de passion, de créativité, de polyvalence, d’ouverture et de réactivité au changement.

Les équipes sont souvent composées de plusieurs ingénieurs ou étudiants spécialisés en finance de marché car les analystes sont amenés à évaluer des produits très complexes avec lesquels ces ingénieurs sont beaucoup plus familiers.

Les différents métiers du Risk Management :

1. Risque de crédit

Le rôle du département Risque de Crédit est d’analyser et réduire le risque d’une banque lié aux contreparties avec lesquelles elle travaille. Des systèmes internes de notation et des analyses faites par les agences de notation sont prises en compte lors de l’évaluation du risque. Il s’agit, en somme, de s’assurer qu’un emprunteur remboursera son crédit.

Les analystes doivent également définir les termes des contrats de contrepartie signés avec les nouveaux clients de la banque. De plus, leur travail consiste également à anticiper les éventuels risques liés aux produits financiers comme les Credit Default Swap (CDS) ou les Swaps. Le contrôle de risque de produit vient s’ajouter au risque de crédit du marché. Les analystes de risque de crédit et les analystes de marché sont souvent amenés à travailler ensemble lors de la mise en place des stress tests. Ainsi, la communication entre les différents interlocuteurs est facilitée. 

Il arrive aussi que dans certaines banques, les équipes de Credit Risk proposent du conseil en rating pour certains clients. Par exemple, un client en fusions-acquisitions peut vouloir un Credit Rating d’une agence de notation afin d’alléger sa dette. Dans ce cas-là, il peut faire appel à ces analystes pour une évaluation plus complète de leur dette.

2. Risque de marché

Le risque de marché est le risque de perte qui peut résulter des fluctuations des prix des instruments financiers qui composent un portefeuille. Le risque peut porter sur le cours des actions, les taux d'intérêts, les taux de change, les cours de matières premières, etc.

L’analyste en risque de marché passe beaucoup de temps à évaluer l’information provenant des marchés financiers au travers d’indicateurs comme laVaR. Il doit constamment améliorer les outils d’analyse de risque en fonctions du changement des données et des règlementations. Globalement, ses différentes tâches sont : le calcul des besoins en fonds propres pour faire face à des pertes éventuelles liées aux marchés, la présentation de recommandations appropriées à la Direction des Risques et le signalement des situations et positions irrégulières au niveau hiérarchique concerné. Mais il s’assure également que les Traders travaillent en toute « sécurité » et donc les libère d’une certaine pression en créant un environnement de confiance.

3. Risque opérationnel

Selon le dispositif Bâle II, le risque opérationnel représente les pertes directes ou indirectes dues à une inadéquation ou à une défaillance des procédures, du personnel et des systèmes internes ainsi qu’au changement de règlementation. Cette définition fait aussi référence notamment aux erreurs humaines : fraude interne, fraude externe, erreurs d’exécution de livraison et de gestion des processus ainsi qu’aux dysfonctionnements de l’activité et des systèmes.

Les métiers dans ce secteur ont pour tâche principale de limiter au maximum ces risques opérationnels. Il s’agit de contrôler la bonne application des règles internes par des contrôles aléatoires ou permanant afin de s’assurer que les procédures et contrôles sont bien respectés par les employés et collaborateurs. Comme pour le risque de crédit et de marché, les métiers du risque opérationnel supposent de savoir anticiper l’évolution de la diversification de l’activité et les risques opérationnels qui en découlent. Ces métiers nécessitent un travail de modélisation et de gestion rigoureuse des contrôles d’audit interne et de la surveillance de la conformité.


Le Risk Management est donc un secteur qui offre de nombreuses opportunités à ceux qui se destinent aux métiers de contrôle, d’analyse et de modélisation. Un stage en Risk Management constitue également une très bonne base de départ pour ceux qui aimeraient s’orienter plus tard vers la banque d’investissement. Enfin, l’activité en Risk Management suit une croissance exponentielle du fait de l’innovation numérique constante (et notamment le développement des Fintechs) qui affecte ce secteur et transforme les besoins des acteurs.


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Photo by WTTJ @Finance 3.1

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