Guillaume Rolland, petit génie, entrepreneur depuis l'âge de 18 ans

  • MélanieMélanie
  • Publié il y a 2 mois
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Guillaume Rolland, petit génie, entrepreneur depuis l'âge de 18 ans

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J’ai toujours adoré démonter des objets pour comprendre comment ils fonctionnent, et en construire de nouveaux.

Vainqueur du prix Science et Avenir Junior, médailler d’or du concours Lépine, sélectionné lors du Google Science Fair… À seulement 21 ans, Guillaume Rolland a déjà un impressionnant parcours d’inventeur. Et même déjà quelques années d’expérience en tant qu’entrepreneur. Il y a trois ans, alors qu’il passait son bac scientifique, ce jeune Nantais imagine un réveil olfactif baptisé Sensorwake. Objectif : offrir un réveil en douceur grâce à un diffuseur de parfums intégré. La première version s’est déjà écoulée à 30 000 exemplaires en France. Mais Guillaume ne veut pas en rester là. Il fourmille d’idées pour développer sa start-up et s’apprête à conquérir le marché américain et celui de l’hôtellerie. Portrait de ce jeune entrepreneur dont l’ambition et la créativité ne semblent pas avoir de limites.

Ta première invention, c’était quand ?

Très jeune ! Depuis tout petit, je m’intéresse à la technique. J’ai toujours adoré démonter des objets pour comprendre comment ils fonctionnent, et en construire de nouveaux. Le premier vrai produit que j’ai créé, c’était à l’âge de 13 ans. C’était un infuseur à thé que j’ai fabriqué à partir d’un bras robotique que j’avais démonté. C’était un peu l’avant-garde du Special T. de Nestlé. C’est cette première invention qui m’a vraiment mis le pied à l’étrier et qui m’a permis de remporter mon premier prix : celui du magazine Sciences et Vie Junior. Avec l’argent que j’ai gagné, j’ai pu déposer mon premier brevet.

Quel a été le déclic pour te lancer dans l’aventure entrepreneuriale ?

Au cours de mon année de terminale, j’ai développé un réveil olfactif, que j’ai baptisé Sensorwake. Cette idée est venue d’un constat du quotidien : le réveil est souvent un moment douloureux pour beaucoup d’entre nous. Alors j'ai voulu créer un objet qui permette un réveil plus en douceur. J’ai remarqué que très peu d’innovations avaient été menées dans ce domaine depuis la technologie de la luminothérapie de Philips. Alors je me suis lancé, j’ai fabriqué un prototype que j’ai pu faire tester dans la maison de retraite que mon père dirige. Les retours ont été très positifs et juste après avoir passé mon bac, j’ai déposé un brevet et j’ai postulé au Google Science Fair, un concours scientifique et technologique international destiné aux 13-18 ans. J’ai été sélectionné parmi les quinze finalistes et c’est là que tout a commencé.

Au cours de mon année de terminale, j’ai développé un réveil olfactif, que j’ai baptisé Sensorwake.


En quoi ce concours a-t-il été décisif ?

Il m’a permis de franchir le cap entre l’invention d’un produit et sa commercialisation. Les équipes de Google France m’ont beaucoup aidé, notamment sur le développement des outils numériques. Ils m’ont accompagné pour la création de mon site web - je n’y connaissais absolument rien -, pour faire de la publicité en ligne. Et puis, ce concours m’a offert une visibilité incroyable. J’ai créé ma start-up en mai 2015 et un mois plus tard, j’ai lancé une campagne de financement participatif qui m’a permis de récolter 200 000 dollars de pré-commandes. Grâce à cet argent, j’ai pu lancer l’industrialisation du produit qui a ensuite été présenté au CES de Las Vegas en janvier 2016. Là-bas, j’ai rencontré beaucoup de distributeurs (Boulanger, Fnac, Darty…) qui ont accepté de commercialiser mon réveil.

J’ai postulé au Google Science Fair, un concours scientifique et technologique international destiné aux 13-18 ans. J’ai été sélectionné parmi les quinze finalistes et c’est là que tout a commencé.

L’entrepreneuriat était-ce une fin en soi pour toi ?

Pas du tout. Je n’avais jamais imaginé être un jour mon propre patron. Et puis, de toute façon, je crois que l’on n’est jamais vraiment son propre patron, on travaille toujours pour quelqu’un. Au quotidien, je travaille pour mon équipe et surtout pour mes clients.

Ton âge a-t-il été un handicap pour créer ta boite ?

Je ne crois pas. Je dirai même que cela a été un avantage car je n’avais rien à perdre donc je n’ai pas eu peur de me lancer. Et puis, grâce au Google Science Fair, j’ai attiré la curiosité et la sympathie de beaucoup d’entrepreneurs plus expérimentés qui m’ont beaucoup conseillé de manière complètement désintéressée. Les gens plus âgés qui ont de l’expérience ont souvent naturellement envie de transmettre et voient d’un œil positif les jeunes qui se lancent dans l’aventure. La seule chose, c’est qu’il a fallu contrebalancer mon manque d’expérience en m’entourant des bonnes personnes et en prouvant que j’étais sérieux, motivé et très déterminé.


À quels challenges quotidiens es-tu confronté ?

Dans un quotidien d’entrepreneur, il y a toute une série de défis à relever chaque jour. Dès le premier jour. Au début, il fallait tout apprendre très vite. Mais tout seul, c’était impossible donc mon premier challenge a été de m’entourer d'une bonne équipe. Et puis ensuite, il faut sans cesse se renouveler, trouver de nouvelles idées. Aujourd’hui, mon principal défi est de développer notre gamme de produits et d’élargir nos canaux de distribution pour trouver de nouveaux relais de croissance. Il faut savoir se diversifier parce que nos distributeurs et nos partenaires nous attendent toujours sur le prochain coup.

Il a fallu contrebalancer mon manque d’expérience en m’entourant des bonnes personnes et en prouvant que j’étais sérieux, motivé et très déterminé.

Quelles qualités selon toi t’ont permis de réussir ?

Je suis quelqu’un qui est très à l’écoute, je suis conscient de mes faiblesses, je n’hésite pas à poser mille questions et à demander des conseils, mais je ne me laisse pas faire, je sais défendre mes convictions jusqu’au bout. Et puis je suis hyper curieux, j’ai une soif infinie de découverte de nouveaux horizons ce qui m’a permis de provoquer certaines rencontres, certaines opportunités et de les saisir.

Je n’hésite pas à poser mille questions et à demander des conseils, mais je ne me laisse pas faire, je sais défendre mes convictions jusqu’au bout.

Quels conseils donnerais-tu à des jeunes qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Je crois qu’il ne faut jamais considérer que l’on est un expert. Un entrepreneur est en perpétuel apprentissage donc il faut savoir ouvrir grand ses oreilles et se remettre en question en permanence. Être humble et faire preuve de ce que j’appelle une « détermination raisonnée » pour éviter de prendre des décisions trop rapidement ou de manière isolée. Je crois qu’il faut aussi être réaliste et pragmatique car la route est longue et difficile. C’est à la fois un sprint et un marathon et il faut pouvoir gérer le rythme. Et puis, c’est un conseil classique, mais travailler dur et sérieusement, tout en essayant de garder une vie saine et équilibrée qui va nous permettre de tenir sur la durée. Il n’y a pas de recette miracle mais dans tous les cas, il faut une étincelle, un déclic. Être convaincu que son idée peut aller loin, changer les choses et provoquer les rencontres, savoir saisir les opportunités. Personnellement, si je ne m’étais pas inscrit au concours Google, je ne serai pas là aujourd’hui.


Je crois qu’il ne faut jamais considérer que l’on est un expert. Un entrepreneur est en perpétuel apprentissage donc il faut savoir ouvrir grand ses oreilles et se remettre en question en permanence.

Comment vois-tu ton avenir ?

J’ai mille idées pour développer Sensorwake. On vient de se lancer sur le marché japonais et de développer une gamme de réveils pour les hôtels, on s’apprête à conquérir les Etats-Unis. On travaille actuellement sur un nouvel appareil destiné à l’endormissement. Bref, j’espère avoir toujours et encore longtemps l’occasion de créer des produits qui puissent impacter la vie quotidienne des gens.


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