Les vertus de l'échec : comment transformer sa faiblesse en sagesse ?

  • AglaéAglaé
  • Publié il y a 8 jours
  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Twitter
  • Partager sur Linkedin

Les vertus de l'échec : comment transformer sa faiblesse en sagesse ?

  • AglaéAglaé
  • Publié il y a 8 jours

Charles Pépin est écrivain et philosophe. Il publie Les Vertus de l’échec en 2016 comme un traité de sagesse qui casse l’idée reçue selon laquelle échouer serait un signe de faiblesse. En effet, il constate que les plus grands succès arrivent rarement sans avoir fait l’expérience de nombreuses déconvenues. L’auteur nous en fait la démonstration à la lumière du parcours de nombreux sportifs, entrepreneurs ou encore artistes qui ont véritablement galéré, connu des hauts et des bas, avant de s’établir en haut de l’affiche. Tous ces exemples ont pour but de nous montrer qu’il y plusieurs vertus à l’échec si l’on accepte de le considérer sous un nouvel angle !

« Il y a les échecs qui induisent une insistance de la volonté, et ceux qui en permettent le relâchement ; les échecs qui nous donnent la force de persévérer dans la même voie, et ceux qui nous donnent l’élan pour en changer. Il y a les échecs qui nous rendent plus combatifs, ceux qui nous rendent plus sages, et puis il y a ceux qui nous rendent simplement disponibles pour autre chose. » - Charles Pépin

Une approche existentialiste de l’échec

En France, l’échec est souvent mal perçu : si on a échoué, c’est parce que nous avons été mauvais, que nous avons fauté. Pourtant comme l’explique Charles Pépin, aux Etats-Unis, l’échec est mis en avant comme un signe d’expérience et comme la marque des audacieux. Des conférences appelées « failcon » sont organisées, où de nombreuses personnalités viennent y raconter en détails les déboires qui les ont menés au succès. L’auteur raconte également que les banques américaines prêtent davantage aux entrepreneurs qui ont déjà échoué ou fait faillite, puisqu’elles considèrent qu’ils ont appris et donc qu’ils ne referont justement pas les mêmes erreurs !

Effectivement, dans Les Vertus de l’échec, l’auteur insiste sur le fait que l’échec est une chance de pouvoir rebondir, d’apprendre en analysant ses erreurs, de se réinventer ou d’être projeté dans une voie que l’on n’imaginait pas pouvoir prendre Ce n’est pas parce que l’on échoue, que l’on est un raté. Il ne tient qu’à nous, après un échec, de nous demander ce que l’on veut devenir, et d’y travailler à nouveau. Charles Pépins insiste sur le fait que nos échecs ne nous définissent pas et que dans la vie, le champ des possibles reste ouvert à l’infini. C’est la logique du devenir, propre à la philosophie existentialiste de Jean-Paul Sartre. En gros, ce n’est pas parce que votre boîte a fait faillite que vous ne serez pas un entrepreneur successful à un autre moment de votre vie.

Une approche psychanalytique de l’échec

Dans son ouvrage, Charles Pépin considère également l’échec sous le prisme psychanalytique. L’auteur explique qu’un échec peut aussi être interprété comme un acte manqué, comme l’opportunité de s’interroger sur nos désirs profonds et sur ce que l’on est vraiment. Pépin prend l’exemple de Soichiro Honda. Ce japonais se présente à un entretien d’embauche chez Toyota, pour lequel il n’est pas pris. S’ensuit une longue période de chômage durant laquelle Honda planche sur l’idée de fabriquer ses propres véhicules. L’auteur envisage que Soichiro ait été inconsciemment mauvais lors de l’entretien chez Toyota, car fonder sa propre entreprise était en fait son désir profond. Dans ce cas, son échec chez Toyota a été à l’origine d’un énorme succès vers lequel ce japonais voulait tendre.

Autre exemple pris par Charles Pépin, celui de Michel Tournier. Il avait pour vocation première de passer l’agrégation de philosophie mais il a échoué pendant des années. A 42 ans, il publie son premier roman, Vendredi ou les limbes du Pacifique, qui fait de lui l’un des plus grands écrivains contemporains français. Peut-être que ses échecs à l’agrégation étaient finalement la manifestation de son désir profond de devenir écrivain. Cette fois-ci, le philosophe nous explique que c’est la logique de l’être et non du devenir. Nos échecs nous poussent à nous questionner sur ce que nous sommes par essence.


Se déployer librement au sein de ses propres limites

Si ces deux approches de l’échec peuvent paraître opposées, Charles Pépin propose de les dépasser pour s’offrir une troisième voie. Chaque échec, nous dit-il, est une occasion de se réinventer et de se rapprocher de notre axe. C’est ce que Nietzsche résume par : « Deviens ce que tu es ». On comprend qu’il n’est pas nécessaire de se formaliser suite à nos échecs professionnels ou personnels. Nous pouvons plutôt essayer d’y voir les opportunités pour parvenir à ce qui compte vraiment pour nous. Richard Branson, le fondateur du groupe Virgin a par exemple tenté de lancer un mp3 pour concurrencer l’iPod d’Apple à sa sortie. Ce fût un échec cuisant parmi beaucoup d’autres, mais cela ne l’a pas empêché de se rapprocher de ce qu’il avait envie d’être : un entrepreneur audacieux et créatif qui marque le paysage économique depuis des décennies.

« Deviens ce que tu es » - Nietzsche

Bonus : quelques citations inspirantes !

« Je n’ai pas échoué des milliers de fois, j’ai réussi des milliers de tentatives qui n’ont pas fonctionné. » - Thomas Edison

« Le succès, c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. » - Winston Churchill 

« Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaye encore. Echoue encore. Echoue mieux. » - Samuel Beckett

« Quand vous jouez une note, seule la suivante permettra de dire si elle était juste ou fausse. » - Miles Davis

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. » - Rene Char

« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. » - Nelson Mandela

A la lecture de l’ouvrage de Charles Pépin, on apprend finalement à dédramatiser nos échecs et surtout à les réussir, c’est-à-dire à accepter l’expérience qu’ils nous offrent sur la voie du succès. Les nombreux exemples et références philosophiques du livre changent déjà notre façon d’appréhender les coups durs inévitables de l’existence. Charles Pépin nous fait comprendre que les échecs importent peu en soi mais valent la peine d’être vécus si nous sommes capables de les analyser et d’en tirer les bonnes leçons. A lire absolument si vous êtes prêt à prendre le risque d’essayer des choses plutôt que de rester figé, si vous êtes prêt à vous casser un peu les dents…tout en gardant le sourire !

Suivez Welcome to the Jungle sur Facebook et abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir chaque jour nos meilleurs articles !

Photo by WTTJ

Pour aller plus loin

Les derniers articles

Suivez-nous!

Chaque semaine dans votre boite mail, un condensé de conseils et de nouvelles entreprises qui recrutent.

Et sur nos réseaux sociaux :