Le mécénat de compétences permet à une entreprise de mettre le savoir-faire de ses collaborateurs à disposition d’un projet d’intérêt général pour quelques heures, quelques jours ou même quelques mois. Comment ça fonctionne ? Quels types d’entreprises sont concernés ? Comment en bénéficier en tant que salariés ? On vous dit tout sur le mécénat de compétences !

Définition du mécénat de compétence

Le mécénat consiste, pour une entreprise, à soutenir librement un projet ou une cause d’intérêt général (restauration de bâtiments publics, restauration d’oeuvres d’art, etc.) grâce à des dons notamment financiers ou techniques.

Dans le cas du mécénat de compétences, le principe est le même, à ceci près qu’il s’agit, pour l’entreprise, de mettre les compétences de ses salariés à disposition de la cause d’intérêt général. Il s’agit donc d’une forme de mécénat en nature.

Cette formule se développe de plus en plus, notamment dans les entreprises de plus de 100 salariés. Selon une étude de l’Admical, 24.000 entreprises en France le pratiquent déjà.

Les formes de mécénat de compétences

La prestation de services

L’entreprise fournit gracieusement à l'association  ou l’institution bénéficiaire un service spécifique, ou réalise une tâche prédéfinie. Exemple : une entreprise générale de bâtiment restaure un bâtiment public, une agence de communication réalise le site Internet d’une institution culturelle, un salarié effectue du mentorat pour une association, etc.

Le prêt de main-d’œuvre

L’entreprise mécène met temporairement un ou plusieurs de ses salariés à la disposition de l’organisme bénéficiaire qui devra superviser leur travail et veiller au respect des conditions de travail du salarié. L’entreprise mécène reste néanmoins le seul employeur du salarié du point de vue juridique et social.

Quels sont les avantages du mécénat de compétences ?

Pour le salarié :

  • Le sens : à une époque où les salariés ont de plus en plus besoin de trouver du sens dans leur travail, effectuer des missions de mécénat de compétences est un excellent moyen d’avoir un véritable impact positif sur le monde et de changer son quotidien en faisant quelque chose qui a du sens sans pour autant en passer par la case « je quitte tout ».
  • Le développement de compétences : le fait de travailler sur des problématiques très différentes de celles que vous êtes habitué à traiter au quotidien est enrichissant et vous permet d’acquérir de nouveaux savoirs et compétences.

Pour l’entreprise mécène :

  • L’impact social : le mécénat de compétences est une manière de s’engager et de défendre des valeurs en apportant son aide et son expertise à un organisme qui en a besoin.
  • L’image de marque : c’est également une occasion de valoriser sa réputation en agissant positivement et gracieusement.
  • La défiscalisation : le mécénat de compétences est défiscalisé et permet à l'entreprise de déduire 60% des salaires des salariés en mission, au prorata des heures de travail proposées gracieusement.

Pour l’organisme bénéficiaire :

  • Un expertise gratuite : recevoir le soutien d’un expert est essentiel pour progresser et poser un regard neuf sur son activité. Cela permet de prendre conscience de ses failles et de ses erreurs, d’évoluer et de progresser.
  • L’acquisition de nouveaux atouts : bien sûr, bénéficier de conseils ou de prestations gratuites est essentiel pour des organismes à but non lucratifs. Accueillir son public dans un lieu nouvellement restauré, faire bénéficier ses membres de conseils gracieux ou pouvoir communiquer grâce à un nouveau site Internet, c’est un atout indéniable.

Les droits du salarié mis à disposition

Le code du travail encadre très précisément le mécénat de compétences.

1. On ne peut pas vous obliger à effectuer une mission de mécénat de compétences. Si votre entreprise vous propose une mission qui, pour une raison ou pour une autre, ne vous convient pas (lieu de travail trop éloigné, nature de la prestation qui ne vous correspond pas ou ne vous plaît pas, etc.), vous avez parfaitement le droit de refuser sans que cela puisse entraîner de sanction ou de discrimination.

2. Selon l’article L8241-2, vous devez avoir donné votre accord écrit avant toute mise à disposition dans un avenant à votre contrat de travail qui précisera : la nature des tâches que vous aurez à effectuer, les caractéristiques du poste que vous occuperez ainsi que le lieu et les horaires de travail.

3. Dans le cas d’un prêt de main d’oeuvre, au cours de votre mission, vous bénéficiez des mêmes avantages que les salariés de l’organisme où vous intervenez.

4. La mission que l’on vous confie doit correspondre à vos compétences. Autrement dit, on ne peut pas vous demander de vous improviser maçon-couvreur si vous êtes habituellement comptable dans votre entreprise !

5. Le comité d’entreprise ou les délégués du personnel de votre entreprise doivent être consultés avant la début de la mission et avoir connaissance des conventions signées. Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) doit, lui aussi, être informé si le poste occupé dans l’organisme bénéficiaire figure dans la liste de ceux présentant des risques particuliers pour la santé ou la sécurité des salariés.

6. À la fin de votre mission, vous devez retrouver votre poste d’origine ou équivalent, avec les mêmes conditions de travail et de rémunération qu’auparavant. Durant toute la durée de votre mission, votre couverture sociale ne change pas.

7. Le mécénat de compétences doit concerner des missions ponctuelles, même si celles-ci peuvent durer plusieurs mois, par exemple dans le cas d’une restauration de bâtiment. Cela signifie que votre employeur ne peut pas, tout à coup, décider de vous assigner un nouveau poste définitif chez l’entreprise bénéficiaire.

8. Le mécénat de compétences n’est pas du bénévolat : la mise à disposition est effectuée sur le temps de travail. On ne peut en aucun cas vous demander d’effectuer une mission de mécénat de compétences en-dehors de vos horaires de travail habituels ou en plus de votre temps de travail.

9. Le mécénat de compétences ne doit pas avoir un but lucratif : cela ne doit pas être un outil de développement commercial, une manière d’éviter d’avoir à recruter ou une façon de faire de l’optimisation fiscale. Si un tel cas se présentait, le concept même de mécénat de compétences perdrait tout son sens.

Novencia et le programme Women in Tech de Social Builder

Rencontre avec Alexandre Léger, Program Manager chez Social Builder et Céline Cherqui, recruteur et RH chez NOVENCIA Group, mentor dans le cadre du programme Women in Tech, initié par Social Builder. 

Women in tech est un programme développé par Emmanuelle Laroque depuis 2015 qui vise à donner envie aux femmes de rejoindre la filière du numérique. Pour y parvenir, plusieurs programmes ont été mis en place par Social Builder, dont les programmes étincelles qui se déroulent sur quatre mois en intégrant des briques techniques (formation pour acquérir les compétences clés) et des briques plus transverses, en rapport avec le savoir-être, le coaching. 

C’est dans ce cadre que Social Builder a recours au mentorat, une forme de mécénat de compétences mettant en relation des professionnels du numérique et des femmes suivant le programme Women in Tech. Les mentors sont volontaires et en poste, une dimension essentielle car c’est ce qui leur permet de partager leur expertise.

Pour Alexandre Léger, qui supervise ces programmes étincelles, « Le mentorat est l’un des éléments les plus forts du programme même si ce n’est que 2h par mois. Grâce au mentorat, on peut aller chercher des experts spécialisés, engagés, qui vont être capables d’apporter une vraie force de développement et apporter aux femmes exactement ce dont elles ont besoin. Il y a beaucoup de confiance, de partage, de bienveillance et d’inspiration dans cette relation particulière. C’est enrichissant pour les deux parties, c’est une expérience valorisante et instructive. » Pour lui, « sans mécénat de compétences, le programme Women in Tech ne serait pas aussi efficace et il serait impossible de recruter une personne capable d’effectuer le même travail que tous ces mentors. »

« Il y a beaucoup de confiance, de partage, de bienveillance et d’inspiration dans cette relation particulière. C’est enrichissant pour les deux parties, c’est une expérience valorisante et instructive. »

Céline Cherqui, recruteur et RH chez NOVENCIA Group, a été mentor dans le cadre de ce programme et accompagné une femme dans sa recherche d’emploi. Ce choix de participer à ce programme était à la fois une façon de s’engager pour l’égalité homme/femme, une volonté d’aider une personne à s’en sortir et une démarche personnelle. « Dans ce programme, il y a beaucoup de personnes en reconversion, qui ont choisi cette voix par pragmatisme, sans forcément savoir pourquoi. Le but, c’est donc de les aider dans leur réflexion. Une formation, ça ne suffit pas, il faut savoir où on veut aller. Le rôle du mentor, c’est de guider grâce à une vision du marché du travail et du monde du numérique. On échange 2h par mois pendant 4 mois, on est libre de définir le mode d’échange (en face à face ou à distance), c’est donc peu contraignant et facile à insérer dans un emploi du temps. On donne des conseils spécifiques et personnalisés avec, à chaque rencontre, des objectifs à atteindre. Entre chaque étape et par la suite, on garde la possibilité de communiquer. »

Ce programme de mécénat de compétences est donc peu contraignant en terme de temps mais il est essentiel pour les mentorés et très enrichissant pour les mentors.

« Pour moi comme pour la personne, cela a été très utile. Devenir mentor, ça m’a permis de faire un point sur mon parcours personnel, sur la façon dont j’avais évolué depuis mes études. Cette introspection m’a amenée à m’interroger sur les raisons qui m’ont fait choisir ce métier de RH. J’ai réalisé que ce choix était ancré dans une démarche de bienveillance et que ce programme de mentorat était donc en parfaite cohérence avec mon parcours. En y participant j’ai pu aider une femme à trouver un emploi, à mieux comprendre ce qu’elle voulait et qui elle était. Il n’y a donc que du positif et je renouvellerai cette expérience avec plaisir ! »

« En y participant j’ai pu aider une femme à trouver un emploi, à mieux comprendre ce qu’elle voulait et qui elle était. Il n’y a donc que du positif et je renouvellerai cette expérience avec plaisir ! »

Vous êtes salarié et vous souhaitez vous lancer ? Parlez-en à votre employeur !

Il est possible que votre entreprise ait déjà mis en place des dispositifs de mécénat de compétences, n’hésitez pas à en parler à votre employeur pour vous renseigner. Si c’est le cas, il sera relativement simple pour vous d’identifier le type de missions que vous pourriez effectuer en fonction de vos savoir-faire et de vos compétences. Si ce n’est pas le cas, vous pourriez bien donner des idées à votre employeur !


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Photo by WTTJ

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