Mentir sur son CV : fausse bonne idée ?

  • CécileCécile
  • Publié il y a 9 mois
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Mentir sur son CV : fausse bonne idée ?

  • CécileCécile
  • Publié il y a 9 mois

Simple omission, petite falsification ou grosse invention… Dans un monde où la concurrence est rude et la perspective du chômage effrayante, il peut être tentant d’enjoliver son CV pour mettre toutes les chances de son côté.

Mais est-ce réellement utile ? Que gagne-t-on à avoir recours à cette pratique ? Que risque-t-on à ne pas être tout à fait honnête ?

Bien sûr, tous les arrangements avec la vérité ne se valent pas. Certains mensonges prêtent à de lourdes conséquences quand d’autres visent simplement à camoufler des petits détails gênants. Faisons le point sur les différentes façons d’embellir son CV et leurs conséquences.

Les mensonges les plus courants

Falsifier ses expériences professionnelles 

Rajouter quelques mois sur une expérience, transformer un stage en CDD, prétendre avoir été en charge d’un projet alors qu'on y a participé que de très loin… Ce type de mensonge est courant et peut sembler sans risque : qui va aller vérifier ce type d’information ? Pourtant, les recruteurs y sont habitués. Ils scrutent les incohérences de date et d’intitulés et savent quelles questions poser pour vérifier leurs soupçons. Mieux vaut donc ne pas instaurer le doute dans leur esprit…

S’inventer des diplômes

Ça, c’est un très gros mensonge. Revendiquer un diplôme d’une grande école, s’inventer une année de MBA à l'étranger pour camoufler un an de chômage, transformer une licence en master… Cela peut sembler tentant pour décrocher un entretien. Seulement voilà, le diplôme reste facile à vérifier, soit en appelant directement les écoles, soit en consultant les annuaires d’anciens étudiants. Sans compter que de nombreuses entreprises demandent une copie des diplômes obtenus lors de la signature de votre contrat.

Exagérer son niveau de langues 

Transformer quelques notions d’anglais en « English fluent », c’est le mensonge le plus dangereux auquel vous pourriez avoir recours. D’une part, la supercherie est très simple à démasquer en entretien, une seule question dans la langue que vous êtes supposé maîtriser suffit. D’autre part, si l’anglais est réellement essentiel pour le poste, comment ferez-vous illusion une fois votre contrat signé ?

Rester flou sur les dates

Un des grands classiques pour enjoliver son CV consiste à ne mentionner que les années de début et de fin d’expériences. Exemple : « Chargé de communication de 2012 à 2014, Chef de projet de 2015 à 2017 ». Or, si le premier poste a pris fin en juillet 2014 et que le second a commencé en avril 2015, il y a en réalité une longue période de chômage entre les deux. Cette technique n’est pas un mensonge à proprement parler mais elle est bien connue des recruteurs et risque de vous décrédibiliser.

Masquer certaines infos jugées discriminantes

S’enlever quelques années quand on est senior, modifier un prénom trop dur à porter, indiquer une adresse plus proche de l’entreprise dans laquelle on postule, camoufler un parcours atypique en enlevant certaines expériences… Ces petits arrangements avec la vérité ne sont pas à mettre sur le même plan que les autres. D’abord parce que votre vie personnelle ne regarde que vous, d’autre part car il ne s’agit pas là de mentir sur ses compétences mais de se prémunir contre d’éventuelles discriminations. Malgré tout, si vous vous faites prendre, cela vous desservira forcément car un mensonge reste un mensonge.

Que risque-t-on à mentir sur son CV ?

Légalement, pas grand chose sauf si on exerce une profession réglementée pour laquelle un diplôme est obligatoire (infirmière, avocat, etc.). Mais cela ne veut pas dire qu’on ne risque rien pour autant. Et en fonction de la taille et de la nature du mensonge, les conséquences peuvent être dures à assumer.

Une mauvaise réputation

On risque d’abord et avant tout de se voir décrédibiliser. Car si mentir sur son CV est facile, en entretien, ça l’est en revanche beaucoup moins, surtout lorsque le recruteur est passé maître dans l’art de démasquer les faussaires. Prendre le risque de se fabriquer une réputation de menteur peut être dangereux dans un monde où les informations circulent vite. Et bien sûr, plus le mensonge est important, plus les risques sont grands. Comment vous faire confiance si vous êtes capables de vous inventer un diplôme ?

Un quotidien inconfortable

Même si votre falsification fonctionne suffisamment bien pour que obteniez le poste, vous aurez été recruté sur la base d’un mensonge. Un détail pas toujours facile à assumer au quotidien. Comment être épanoui dans son travail lorsqu’on sait que notre présence dans l’entreprise repose sur un mensonge qui peut à tout moment être découvert ? Vous risquez de plus d’être incompétent dans votre futur poste, ce qui vous fabriquera une sacrément mauvaise réputation auprès de vos collègues en plus de vous coûter votre emploi. Si votre démarche avait pour objectif de vous donner plus d’assurance pour sortir du chômage, avouez qu’il y a plus efficace comme technique !

Une fraude de plus en plus difficile

En France, les vérifications de CV sont moins fréquentes que dans les pays anglo-saxons. Malgré tout, de plus en plus de cabinets de recrutement font appel aux services d’entreprises spécialisées pour vérifier le parcours des candidats. De plus, le gouvernement a récemment annoncé le lancement d'un système numérique d'authentification nationale des diplômes pour lutter contre la fraude. Il va donc devenir de plus en plus difficile de tricher…

Alors, que faire ou ne pas faire ?

De manière générale, il faut proscrire tout mensonge visant à revendiquer des compétences que vous n’avez pas. Si vous prétendez être un bon manager, mieux vaut savoir manager. Si vous affirmer connaître le secteur de l’immobilier, mieux vaut que ce soit vrai. L’important est de rester cohérent : votre CV doit correspondre à la réalité.

Bien sûr, ne nous mentons pas, les petits mensonges et omissions continueront d’exister sans forcément prêter à conséquence, mais il est préférable de rester soi-même : assumez votre parcours et vos failles. Tout le monde en a ! Un CV louche, c’est justement un CV trop parfait.

S’il vous manque une compétence clé pour accéder au poste de vos rêves, formez-vous ou lancez-vous dans des projets personnels qui vous permettront de l’acquérir. Si vos diplômes manquent de prestige, valorisez votre profil, vos qualités humaines, vos projets personnels ou votre expérience.

En somme, mettez-vous en valeur sans mentir. Misez sur vos qualités réelles, non sur des atouts factices. De cette manière, vous serez plus sûrs de vous et vous aurez plus de chance de convaincre en entretien. Et si une entreprise ne vous aime pas comme vous êtes, dites-vous que vous n’avez rien à y faire et que vous n’y serez de toute façon pas heureux !


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