Délaissées au profit des grandes enseignes ou de l’e-commerce depuis quelques années, les boutiques spécialisées ont aujourd’hui à nouveau le vent en poupe. Avides de conseils personnalisés et plus responsables dans leur acte d’achat, les consommateurs n’hésitent plus à pousser la porte de ces lieux à part pour vivre une vraie expérience physique autour d’un produit et de son savoir-faire. Et cela, la marque Septième Largeur l’a bien compris en proposant des chaussures de qualité pour hommes, réalisées dans des cuirs provenant de tanneries françaises, que le client peut patiner à la demande. Ici pourtant point de vendeurs mais une équipe de chausseurs experts ayant à coeur de proposer une autre façon de se chausser.

Décryptage d’un métier passionnant avec Jordan, responsable de boutique chez Septième Largeur, dont l’ambition est de redonner tout son sens au mot «commerçant».

Une vocation passion

Après des études littéraires et un diplôme d’école de commerce, Jordan cherche encore sa voie lorsqu’il découvre en 2012 la marque AMI. « Ça a été un vrai déclic pour moi. Avant je ne m’intéressais pas particulièrement à la mode masculine mais en voyant cette collection, j’ai découvert une mode abordable, pour « les vrais hommes » dans laquelle je pouvais me projeter. Je me suis également rendu compte à ce moment-là que les codes de la mode masculine étaient en train d’être bousculés.» Fort de ce constat, Jordan décide alors de commencer un blog, le Vestiaire de Jim, pour répondre aux questions qu’il se pose sur ce secteur en transformation. « Ce blog, c’était une page d’expression libre. Il m’a permis de découvrir un milieu passionnant, de rencontrer beaucoup de gens et surtout plein de marques ».

Très vite, Jordan se rend compte que son intérêt pour la mode masculine est bien plus qu’un simple passe-temps et décide de s’y confronter grâce à plusieurs expériences professionnelles. Dans de grandes maisons d’abord comme Hermès ou De Fursac, chez ChicTypes ensuite (où il a été engagé grâce à son CV envoyé dans une malle) et au Printemps enfin en tant que personal shopper. « Le Printemps c’était un terrain de jeu immense qui m’a permis de valoriser mon expertise du marché de l’homme et surtout d’acquérir les codes d’un service client optimal. Mais un jour, j’ai eu envie d’autre chose. De me spécialiser dans un secteur précis. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Septième Largeur. Je ne connaissais pas l’univers de la chaussure, c’était l’occasion. »

Le quotidien d’un chausseur

« It is totally impossible to be well dressed in cheap shoes » (Hardy Amies)

Les missions de Jordan sont variées : merchandising, entretien de la boutique, gestion des réassorts, traitement des commandes et surtout accueil des clients.

Echanger, conseiller, faire découvrir un savoir-faire, en voilà une mission gratifiante. « Notre métier demande une vraie expertise technique, beaucoup plus technique que dans le prêt-à-porter par exemple. Les connaissances sur le savoir-faire et les matières sont indispensables. C’est un vrai apprentissage. Cela s’acquiert au fil du temps. Et c’est précisément cette expertise qui fait toute la différence. » C’est d’ailleurs aussi ce qui fait qu’ici on parle de chausseur et non pas de vendeur.

Pour Jordan, les trois qualités essentielles pour réussir dans ce métier sont :

  1. La dimension produit : il faut aimer son produit et le connaitre par coeur. Savoir partager sa passion du produit, c’est la clé pour gagner la confiance d’un client
  2. La dimension humaine : il faut aimer le client, savoir l’écouter, être toujours disponible
  3. La dimension esthétique : le geste et l'attitude comptent beaucoup dans le service client. Il faut être capable de présenter les produits élégamment, d'avoir un langage soigné, de choisir les mots justes.

La relation client, un atout incontournable

Aujourd’hui, on assiste à une profusion de marques, de produits, d’offres, plus ou moins semblables dans laquelle le consommateur ne parvient plus à se retrouver. Pour faire la différence, les marques spécialisées doivent tout miser sur la relation client et cela commence évidemment en boutique avec l’équipe de vente. L’enjeu étant de revenir à une relation d’honnêteté et de proximité avec le client. De ré-humaniser l’acte d’achat.

« La relation client c’est vraiment ce que je préfère dans mon métier. C’est selon moi ce qui fait l’étoffe d’un bon vendeur. Chez Septième Largeur, on connait le nom de famille de la majorité de nos clients. Quand un client pousse la porte de la boutique, il se sent immédiatement reconnu. Il se sent chez lui. C’est une expérience qu’il ne retrouvera jamais dans une boutique de chaussures traditionnelles et ça, ça fait toute la différence. »

Selon Jordan, il faut parvenir à effacer le côté péjoratif parfois associé au mot « service ». « Avoir le sens du service est au contraire un vrai atout dans ce métier. C’est ce qui permet de proposer une expérience unique et surtout de fidéliser un client de plus en plus volatile. Chaque client doit en effet être considéré avec bienveillance et un véritable car ainsi, il se sentira privilégié. Ce sont ces petits détails que le client retiendra et c’est pour eux qu’il reviendra. »

La relation client, c’est donc un vrai défi à relever au quotidien. C’est cette capacité à savoir faire la différence entre le métier de commerçant dont le but est de faire du commerce, de vendre et le fait d’être commerçant, c’est à dire d’avoir le sens du commerce, de la relation avec ses clients. Cette citation de Gandhi le résume très bien : « un client est le visiteur le plus important de nos locaux. Il ne dépend pas de nous. Nous dépendons de lui. Il n'est pas une gêne dans notre travail, il en est l'objectif. Il n’est pas étranger à nos affaires. Il en fait partie. Nous ne lui faisons pas une faveur en le servant. C’est lui qui nous fait cette faveur en nous en donnant l’occasion ».


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Photo by WTTJ @Septième Largeur

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