Partir travailler à... Hong-Kong

  • AgatheAgathe
  • Publié il y a 14 jours
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Partir travailler à... Hong-Kong

  • AgatheAgathe
  • Publié il y a 14 jours

Vous envisagez, comme 40 000 compatriotes  avant vous, de partir vivre à Hong-Kong ? Laissez-nous vous donner toutes les clés pour une expatriation 100% contrôlée dans la “Perle de l’Orient”, où vous serez accueillis par une avalanche de dim sum et les neuf dragons de la ville.

Le marché de l’emploi

Avec un taux de chômage à 3,4%, Hong-Kong a de quoi faire des envieux. Cependant, trouver un emploi qualifié n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Dans un premier temps, sachez que parler le Mandarin et le Cantonnais n’est pas obligatoire, mais l’Anglais est, en revanche, incontournable

Adaptez votre CV à la mode hongkongaise : il doit être plus détaillé, avec notamment des données chiffrées pour illustrer vos expériences professionnelles. Celui-ci n’a évidemment pas besoin de tenir sur une seule page, donc vous pouvez vous étendre sur vos exploits. Votre profil LinkedIn doit lui aussi être à jour, et en Anglais. 

Le réseau est la clé de voûte du recrutement à Hong-Kong donc investissez dès votre arrivée dans des cartes de visite, que vous donnerez à chacune de vos rencontres. Notons que la communauté française est particulièrement présente dans la ville (on compte au moins 800 entreprises françaises implantées sur place), et serait même la plus grande communauté française d’Asie : profitez-en ! Participez aux évènements organisés par UFE (Union des Français de l’Etranger), HK Accueil, InterNations et la Chambre de Commerce Française. Soyez à l’affût après le Nouvel An Chinois (en général au mois de février), car c’est un moment-clé pour postuler : de fait, beaucoup de salariés démissionnent après avoir obtenu leur prime annuelle délivrée en même temps que la nouvelle année. 

Si vous êtes dans la finance, vous serez comme un poisson dans l’eau : Hong-Kong est le premier centre financier international d’Asie et la troisième place boursière mondiale. La ville accueille aussi bien volontiers les jeunes entrepreneurs et entrepreneuses français-es : il existe d’ailleurs un “French Tech Hub” depuis 2016, chargé de faciliter le développement des start-up françaises. L’incubateur Cyberport accueille, parmi ses 1000 start-up incubées, quelques licornes made by French, comme Chekk, fondée par Pascal Nizri. Cette dernière, dont le but est de faciliter l’authentification de la clientèle, a reçu, comme les autres, non moins de 330 000 HDK (presque 37 000 euros) pour encourager son développement. Notons, pour les plus fébriles, qu’Hong-Kong se retrouve même en cinquième position du classement des meilleurs pays pour créer son entreprise.

Les secteurs qui recrutent

  • Commerce, notamment retail : jusqu’à 648K (en dollars hongkongais) par an pour un représentant commercial (soit 72K en euros).
  • Secteur de l’informatique : 18K mensuel (environ 2 000 euros) pour un consultant chez IBM
  • Tourisme : en 2018, Hong-Kong devrait avoir accueilli plus de 60 millions de touristes, un record.
  • Ingénieurs
  • Service client
  • Finance : jusqu’à 857K par an pour un trader (soit beaucoup d’argent en euros - environ 96K)
  • Ouvriers qualifiés : entre 15 et 22K (entre 1 700 et 2 500 euros) mensuel pour un mécanicien.

La vie en entreprise

Le travail est très important dans la culture hongkongaise, « mais ce n’est pas pour autant que les Hongkongais se tuent à la tâche » explique Hugo, qui a vécu sur place pendant deux ans, comme trader. Cependant, attention lors de la signature de votre contrat : il n’y a pas de maximum d’heure légale de travail par semaine, et donc pas d’heures supplémentaires, encore moins rémunérées, à proprement parlé. À vous de négocier avec votre futur employeur, sachant que les salariés travaillent en moyenne 50 heures par semaine

Le retard est considéré comme une marque d’irrespect suprême, donc oubliez le quart d’heure de politesse à la française. De même, les deadlines ne sont pas là pour faire jolies, et vous devrez rendre vos projets en temps et en heure. 

La convivialité et la bonne ambiance entre collègues n’est pas vraiment la priorité dans les entreprises : ce n’est probablement pas sur votre lieu de travail que vous vous lierez d’amitié, et sachez que déjeuner seul est loin d’être inhabituel.

Les plus

  • Les salaires sont en moyenne 17% plus élevés qu’en France
  • Les taux d’imposition des salaires sont plutôt avantageux
  • Il y a 16 jours fériés à Hong-Kong, qui se cumulent avec les fêtes chinoises et les fêtes occidentales du fait de l’occupation britannique
  • « Les Hongkongais ont le droit à deux jours de congé maladie mensuel, sans justification obligatoire du médecin comme en France » explique Hugo
  • « Il n’y a jamais de problème de transport en commun ! » s’enthousiasme Hugo
  • « Le petit plus de HK réside dans le fait qu’il s’agit d’une île, en 10 minutes de transport on se retrouve à la plage, ou en randonnée dans la jungle, c’est idéal pour changer d’air et relâcher la pression » rajoute-t-il.

Les moins

  • Attention, l’eau n’est pas potable, mais vous pouvez la filtrer
  • Hong-Kong obtient la première place du classement des villes les plus chères pour les expatriés
  • Le salaire minimum est l’équivalent de 644 euros par mois
  • Seulement 10 semaines de congés maternité, et trois jours de congés paternité, tous deux rémunérés au 4/5e
  • L’IVG n’est autorisé qu’en cas de risque pour la santé du foetus ou de viol.
  • Vous n’avez le droit qu’à 7 jours de congés payés par an, et ce après avoir travaillé minimum un an dans l’entreprise. Ce seuil augmente au fur et à mesure de votre ancienneté, jusqu’à atteindre 14 jours. Il est donc fortement conseillé de négocier le nombre de jours de congés dans votre contrat au moment de la signature
  • Beaucoup d’inégalités entre les riches et les pauvres, ce qui peut être assez choquant.

Pour qui ?

Hong-Kong est une ville particulièrement cosmopolite, mélange entre culture occidentale, et notamment britannique, et culture chinoise. Si les Hongkongais pur jus ont baigné dans ce multiculturalisme depuis toujours et sont donc très avenants envers les étrangers, le contact avec les Chinois “mainland” qui viennent des régions alentours peuvent parfois être plus difficiles : « Certains nous considèrent comme des étrangers qui viennent leur voler leur travail et leur terre » explique Hugo, « ce qui peut rendre l’adaptation difficile. »

Surnommée la “New-York asiatique”, Hong-kong ne dort jamais. La mégalopole asiatique a de quoi vous distraire, au niveau culturel - musées, temples ou entertainment - clubs, restaurants et bars à gogo. Cette effervescence peut aussi avoir ses mauvais côtés : « il y a du bruit et des travaux tout le temps » raconte Hugo, « il est difficile de se trouver un endroit où on est seul et au calme. » Hong-Kong vous offre tout de même de quoi faire niveau excursion : randonnées en forêt ou en montagne et plages sont accessibles, à quelques dizaines de minutes de transport de la ville. 

De plus, la ville n’est pas constituée uniquement de gratte-ciels : les parcs et autres espaces verts représentent 40% de la ville. Hong-Kong est aussi particulièrement bien placée, vous permettant ainsi de faire de nombreuses excursions dans divers pays d’Asie du Sud-Est, à bas prix et sans décalage horaire. Hugo ajoute que « la gastronomie locale est un délice », et il est tout à fait possible de trouver des produits occidentaux, en cas de manque de pain et de fromages, par exemple.

Infos budget

Loyers

Ce n’est pas sur le loyer que vous allez réaliser des économies, et les prix vous feront peut-être regretter notre belle capitale. « Les prix des loyers sont exorbitants, pour des logements particulièrement exigus » confirme Hugo. En 2018, comptez minimum 7 950 HKD (soit 800 euros. Le taux de change en août 2018 était de 1euros = 8.89 HDK) mensuels pour un appartement de moins de 30 mètres carrés (dans le quartier New Territories), mais presque 9 870 HKD (1 100 euros environ) pour la même chose dans Kowloon, et non moins de 12 450 HKD (près de 1 400 euros) dans le centre-ville. Notez que souvent sont inclus des “facilities”, qui expliquent parfois les prix mirobolants : piscine, salle de sport, rooftop ou même le service de ménage. Tous les trimestres, vous devrez aussi payer le Government Rate, soit 5% de votre loyer. Vérifiez bien que votre contrat de location est tamponné, sinon il n’aura aucune valeur juridique.

Santé 

Hong-Kong jouit d’un très bon système de sécurité sociale avec des soins quasi-gratuits pour tous. Malheureusement, il vous faut, pour pouvoir en profiter, une carte de résident. Le système privé est lui aussi très réputé, mais les prix ne sont pas les mêmes : une consultation chez un généraliste peut vous coûter jusqu’à 650 HKD (soit 70 euros) et le coût d’une hospitalisation peut rapidement grimper jusqu’à 65 000 KHD (soit 7 700 euros). Négociez une assurance santé avec votre entreprise ou souscrivez vous-même à une assurance ou mutuelle privée avant le grand départ.

Transports

La carte Octopus sera votre meilleure amie sur place. Vous pouvez investir dans la carte On-Loan Octopus Standard, qui vous sera délivrée directement ou dans l’Octopus Personalised, auquel cas il vous faudra remplir un formulaire pour obtenir votre carte personnalisée. Quoi qu’il en soit, il vous en coûtera 150 HKD (50 pour la carte, 100 pour les premiers trajets). Votre nouveau sésame vous donne accès à tous les transports de la ville : métro (de 4 à 25 HKD en fonction de la distance, soit de 30 centimes à 3 euros), bus (6 HKD le trajet, soit 40 centimes), tramway (2,30 HDK le trajet soit 20 centimes d’euros) et ferry (là encore, 2,50 HDK le trajet).

Internet et téléphonie mobile

Le free-wifi est partout à Hong-Kong, ce qui peut s’avérer très pratique. Vous pouvez aussi munir votre smartphone d’un abonnement avec Internet, à partir de 198 HKD par mois, et pour chez vous, vous trouverez des offres qui tournent également autour de 200 HDK mensuels.

Infos Visa

Visa Vacance Travail

Si vous avez entre 18 et 30 ans, vous êtes éligibles au Visa Vacances Travail, et ce pour une durée d’un an. Vous avez d’autres critères à remplir pour faire partie des 750 élus annuels : avoir une assurance santé qui inclut le rapatriement, 25 000 dollars hongkongais (soit environ 2800 euros) sur votre compte en banque auxquels s’ajoute de quoi acheter un billet retour.

Visa de travail

Vous devez être sponsorisé par votre entreprise et obtenir un visa de travail pour une ou deux années, visa qui peut être renouvelé. Vous devrez présenter un casier judiciaire vierge et un diplôme en lien avec l’emploi que vous allez exercer. Votre entreprise doit prouver qu’elle n’a pas réussi à trouver un candidat à Hong-Kong, et qu’elle ne vous octroie pas plus d’avantages qu’à un résident local. Il existe des visas spécifiques pour les étrangers ayant de véritables compétences R&D dans les domaines suivants : intelligence artificielle, biotechnologie, cyber-sécurité, analyse de données ou encore la fintech. Ce type de profils est tout particulièrement recherché par les entreprises locales, et correspondre à ces critères facilitera certainement les démarches. Notez que vous êtes lié à votre entreprise : en cas de démission, elle ne sera plus en mesure de sponsoriser votre visa.

Visa “dependant”

Si vous êtes marié-e et que vous avez obtenu votre visa de travail, votre moitié est éligible au visa “dependant”, qui lui permettra de vivre et travailler sur place.

Visa investisseur

Vous avez la fibre entrepreneuriale ? Il existe un visa fait spécialement pour vous, à condition que vous ayez un business plan complet et les ressources financières nécessaires pour le transformer en réalité.

Vous l’aurez compris : Hong-Kong vous tend les bras. La métropole et les 263 îles qui la composent sauront vous toucher droit au coeur. 


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Photo by Mark Goh


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