Partir travailler à Buenos Aires

  • AnoukAnouk
  • Publié il y a 4 mois
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Partir travailler à Buenos Aires

  • AnoukAnouk
  • Publié il y a 4 mois

Vous rêvez de vous installer dans la capitale d’Argentine ? On vous comprend : ville à l’architecture de rêve, gastronomie à tomber par terre et joueurs de football à consoler ! Que demander de plus  ?

Le marché de l’emploi

Avec un taux de chômage à 9,3%, 33% des Argentins qui vivent sous le seuil de pauvreté, un taux d’inflation estimé entre 25 et 60% et un salaire moyen qui dépasse à peine les 700 euros par mois, disons le clairement : ce n’est probablement pas à Buenos Aires que vous allez faire fortune. Cependant, il y a tout de même des opportunités à saisir : la ville accueille de nombreuses ONG, et plus de 250 entreprises françaises sont implantées en Argentine. À Buenos Aires, vous trouverez notamment les sièges sociaux de Danone, Total, PSA ou L’Oréal. Par ailleurs, parler français couramment est un véritable avantage dans une ville où le secteur du tourisme est en plein essor : non moins de 54 000 de nos concitoyens se sont rendus dans la capitale argentine en 2017. En revanche, si vous souhaitez obtenir un emploi qualifié, autre que professeur de langues étrangères, parler espagnol est obligatoire. Buenos Aires n’a rien à envier à notre start-up nation : l’activité entrepreneuriale est en croissance constante. La plateforme de e-commerce Mercado Libre, devenue incontournable en Amérique Latine - e-Bay y a même intégré sa propre interface en mars 2017 ; tout comme l’agence de voyage Despegar, numéro une en Amérique Latine font partie des jolies success stories de la capitale. Vous y trouverez aussi de nombreux incubateurs à start-up, dont Nxtp, Wayra ou encore Suba. Notons que depuis 2016 et la Ley de Emprendedores (ou la loi des entrepreneurs, pour les moins bilingues d’entre vous), il est possible de créer son entreprise en seulement 24h ! En revanche, le travail au noir y est aussi répandu : « on peut vous proposer un temps plein, mais vous ne serez déclaré qu’à mi-temps » explique Morgane, qui vit sur place depuis plusieurs années, et qui travaille maintenant dans une agence de voyage.

Les secteurs qui recrutent

  • Le tourisme : Morgane gagne 18 000 pesos par mois dans son agence de voyage (soit environ 550 euros).
  • Hôtellerie - restauration
  • Ingénieurs : jusqu’à 31K/mois (en pesos argentins, soit environ 900 euros) pour un ingénieur chez IBM.

La vie en entreprise

Ambiance détendue garantie ! Vous pouvez oublier le vouvoiement et les poignées de main : « tout le monde se fait la bise, même lors d’un entretien d’embauche » précise Morgane. Les codes vestimentaires sont inexistants et vous pouvez venir en short et baskets au bureau sans problème. Vous l’aurez compris, les Argentins sont assez peu stressés, et cela peut parfois se ressentir sur le rythme de travail, « très très lent » explique Naomi, arrivée en mars 2018. « Ils arrivent aussi souvent en retard », ajoute-t-elle, mais ils ne lésinent pas sur les heures supplémentaires : si la journée de travail est censée durer 8 heures, dans les faits, elle compte au moins 9 heures, voire plus dans le secteur de la restauration. Pour les salaires, à moins de travailler pour des entreprises internationales, ne vous attendez pas à des miracles. Naomi et Morgane insistent : « avec l’inflation, on perd constamment de l’argent. »

Pour qui ?

Buenos Aires est la ville hybride par excellence, savant mélange de culture européenne et sud américaine. Dans certains quartiers, vous aurez tendance à vous croire à Barcelone, voire à Paris, tant l’architecture y est semblable. Mais l’ambiance générale, détendue et festive ne vous trompera pas : vous êtes bien en Argentine ! Naomie ajoute que la patience est de rigueur : « il y a tout le temps la queue ! » Les 48 quartiers, eux, ont chacun leur identité propre : du street-art à La Boca, du chic à Palermo, l’authentique San Cristobal, ou San Talmo qui accueille, entre autre, le marché au puces... « Ils sont tellement délimités, que ça enlève parfois de l’authenticité à la ville » souligne Naomi. En revanche, vous ne vous lasserez jamais des multiples ferias porteñas, petits marchés pittoresques à mi-chemin entre brocante et fête de quartier. Comme dans n’importe quelle grande ville, vous aurez de quoi faire : théâtre, spectacles de tango, soirées en clubs, expositions et nouveaux restaurants… Vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer. La ville vibre aussi à chaque match de football, et elle compte plus de stades que Londres ! De nombreux espaces verts y sont disséminés : ils vous permettront de profiter du beau temps en toute tranquillité, et de vous éloignez des bouchons qui envahissent parfois la ville. Ajoutons que vous êtes situé stratégiquement pour multiplier les excursions : Le Tigre, appelée Venise d’Argentine, n’est qu’à une heure de route, et l’Uruguay qu’à une heure de ferry. Des stations de ski sont aussi accessibles en bus !

Les plus

Les moins

  • L’insécurité est présente dans la ville et certains quartiers sont malheureusement à éviter. Prudence est mère de sûreté : rangez votre smartphone dans votre poche, et privilégiez les sacs à bandoulière.
  • Vous n’avez le droit qu’à deux semaines de congés payés quand vous avez moins de cinq ans d’ancienneté, puis 21 jours jusqu’à vos 10 ans, puis 28 jours et enfin 35 jours à partir de 20  ans d’ancienneté.
  • Le congé maternité ne dure que 90 jours (contre 112 en France). Le congé paternité n’existe pas.
  • L’inflation : les pesos argentin changent de valeur régulièrement.
  • Le salaire minimum est fixé à 10 000 pesos par mois (soit à peine 300 euros)
  • On peut travailler jusqu’à 48h par semaine, même s’il est interdit de travailler plus de 8h par jour (au-delà, les heures sont considérées comme supplémentaires et sont censées être rémunérées)
  • « Il est facile de vivre avec des oeillères et d’ignorer la pauvreté : j’ai mis trois semaines à découvrir qu’il y avait bien des bidonvilles » raconte Aude.

Infos budget 

Loyers 

Vous trouverez des logements à des prix qui semblent abordables à Buenos Aires (surtout si vous venez de Paris) : des appartements trois pièces sont loués pour 1000 euros maximum et vous pouvez trouver une chambre en colocation à partir de 200 euros/mois, en fonction du quartier et de leur équipement. Cependant, si on prend en compte les salaires argentins, on se rend vite compte que les loyers sont tout de même très élevés. « À Palermo, le quartier des expatriés, les loyers tournent autour de 400 euros par mois mais si vous vous éloignez, vous avez des loyers bien plus abordables » nuance Aude. Morgane explique qu’il y a « beaucoup d’abus dans le marché du logement » : en tant qu’étranger, vous y perdrez au change. N’hésitez pas à vous inscrire dans les différents groupes Facebook dédiés à Buenos Aires : offres d’emplois et de chambres en colocation relativement abordables y circulent régulièrement. Comme en France, vous avez le choix entre des appartements meublés ou vides. Si vous planifiez un séjour moyennement long, privilégiez les meublés, car acheter des meubles et de l'électroménager peut s’avérer difficile. Sachez que les appartements, même meublés, sont très rarement munis d’une machine à laver. 

Soignez très attentif avant de signer de votre contrat, car tous ses aspects ont tendance à privilégier le propriétaire. Vérifiez si le loyer couvre les charges, et sachez que vous n’êtes couvert pour à peu près rien (ni en cas d’incendie, ni en cas d'inondation). Ajoutez une clause de préavis d’un mois en cas de rupture du contrat. Pour les contrats long-terme, vous signez pour deux ans, et le propriétaire ne peut pas vous obliger à partir pendant ce laps de temps. Pour obtenir votre appartement, vous aurez quand même un petit dossier à constituer : fiches de salaire, garants… Il s’agit, un peu comme en France, de montrer patte blanche et de prouver qu’on pourra payer son loyer tous les mois. Préparez-vous à payer un mois de loyer supplémentaire en guise de caution.

Transports

Investissez dans une carte SUBE (40 pesos) et dans le Guia “T” de Bolsillo, votre nouvelle bible : il répertorie les 150 lignes de bus et les sept lignes de métro qui quadrillent les différents quartiers de la ville. Vous aurez probablement du mal à l’utiliser au début, mais après quelques sessions d’arrachages de cheveux, vous devriez finir par l’apprivoiser. Pour le métro, les tarifs sont dégressifs, vous payez d’abord 7,50 pesos pour 10 trajets, puis 6 pesos, puis 4,5 (baisse de prix tous les 20 trajets). 

Vous devrez payer 6 à 10 pesos pour un trajet en colectivo (bus) : le prix dépend de la distance. Ils circulent 24h/24, mais n’ont pas d’horaires fixes. Il peut même être difficile de trouver un arrêt à part entière : parfois, il s’agit seulement d’un autocollant sur un arbre. Bon courage ! Vous pouvez aussi circuler en vélo via le réseau Ecobici, qui compte 2 500 bicyclettes dans toute la ville. C’est gratuit, mais attention à vous, car le code de la route n’est pas toujours respecté par les automobilistes. « Il y a aussi des taxis partout qui pratiquent des tarifs bien plus abordables qu’en France. » ajoute Aude.

Santé

En Argentine, il existe un système de sécurité sociale, financé par les cotisations sociales payées par les employeurs et les salariés. Vous serez donc couvert en cas de maladie ou accident du travail. Vous cotisez aussi pour votre retraite et pour le chômage. Cependant, les médicaments ne sont pas remboursés en totalité (70% pour les pathologies, 40% pour les médicaments courants). Vous êtes tenu d’aller consulter dans des établissements publics. Si vous optez pour une clinique privée, vous ne serez pas remboursé et les prix ne seront pas les mêmes.

Internet et téléphonie mobile

Les offres ADSL commencent à 30 euros et peuvent monter jusqu’à 50 euros. Les forfaits téléphoniques commencent à 190 pesos, (soit à peine 6 euros) par mois.

Monnaie

C’est le peso argentin qui est utilisé en Argentine. Comptez environ 32 pesos pour un euro. Attention, l’Argentine est victime d’inflation régulièrement. Tous les prix indiqués dans cet article datent de juin 2018 et sont susceptibles d’évoluer.

Infos visas

PVT (Programme Vacances-Travail) : bonne nouvelle, depuis le 6 juin 2018, le PVT pour l’Argentine est accessible jusqu’à 35 ans, et ce gratuitement. Vous devez cependant avoir au moins 2 500 euros sur votre compte bancaire, et souscrire à une assurance santé privée. Il y a bien entendu des quotas mais, contrairement au Canada, ils ne sont jamais atteints. De plus, la ville de Buenos Aires accueille les PVTistes avec un kit de bienvenue : une carte SIM, une carte SUBE et une carte Ecobici, toutes gratuites.

Le visa de résidence temporaire : pour l’obtenir, vous devez être sponsorisé par une entreprise, qui doit vous fournir une promesse d’embauche, ainsi qu’un certificat d’inscription à l’administration fiscale, et un certificat d’inscription au Registre Unique des Requérants d’Étrangers du Ministère de l’Intérieur. L’État Argentin vous donnera alors un permis de séjour, et vous pourrez faire la demande d’un visa de travail temporaire, qui coûte 200 euros. Pour ce, vous devrez fournir votre permis de séjour, votre passeport et un extrait de casier judiciaire vierge traduit en espagnol par un traducteur agréé. Si vous êtes déjà en Argentine au moment de la demande, il faudra ajouter un justificatif de domicile.

En arrivant sur place, quelque soit votre visa, vous devez faire la demande de votre CUIL (Código Unico de Identificación Laboral) soit votre numéro de sécurité sociale argentin auprès de la caisse de sécurité sociale argentine : ce numéro est obligatoire pour travailler. Si vous avez un visa de résidence, vous devez aussi faire la demande de votre DNI (Documento Nacional de Identitad) au Registre National des Personnes : ce document vous coûtera 100 pesos. Le visa temporaire dure un an maximum mais peut-être renouvelé, ce qui vous coûtera 600 pesos à chaque fois (environ 18 euros).

Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour partir à Buenos Aires, et utiliser ces quelques mouvements de tango appris dans votre folle jeunesse ! Allez, bon air !


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Photo by ilkerender

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