59% des actifs occupés se disent gênés par le bruit au travail

  • October 25, 2018

59, ce n’est pas le nombre de cafés bus en moyenne dans une journée de travail, non, mais le pourcentage des actifs occupés qui se disent gênés par le bruit au travail. Alors oui, vous nous direz, ils peuvent s’acheter des boules quies ou un super casque insonorisé… Mais ce serait trop simple et les conséquences seraient trop graves pour être prises à la légère. On décortique pour vous ce sujet qui ne fait pas (encore) assez de bruit dans les entreprises.

Quelles sont les conséquences ?

D’après une étude de l’Ifop, les nuisances sonores ont des conséquences sur notre santé, notre productivité et notre qualité de vie au travail. Elles impacteraient d’ailleurs notre sommeil (pour 35% des personnes interrogées), notre humeur et notre irritabilité (pour 50% d’entre eux) mais aussi notre compréhension dans nos échanges avec les autres. Vous comprenez maintenant mieux pourquoi Marine, de l’accueil, est si désagréable passé 15h. Et contre toutes attentes, ce ne sont pas les 35-50 ans, particulièrement sensibles au bruit au travail, qui en pâtiraient le plus. C’est même 65% des 18-24 ans qui déclarent être gênés.

Mais attention, les nuisances sonores n’impactent pas seulement les salariés. Elles représentent aussi un manque à gagner pour les entreprises. Selon une étude duConseil national du bruit (CNB) publiée en 2016, six millions de Français perdraient plus de 30 minutes de temps de travail par jour à cause des nuisances sonores, ce qui revient à… 18 milliard d’euros de pertes pour les entreprises.

D'où vient le bruit au travail ?

Le coiffeur finit par oublier le bruit du sèche cheveux, le constructeur celui de la perceuse et le dentiste celui de la fraise... Et bien c’est pareil dans des bureaux dits plus « classiques », surtout en openspace : nous ne sommes pas toujours conscient du bruit auquel on est sujet toute la journée. Entre sonneries de téléphones, machine à café, rugissement de la photocopieuse, réunions improvisées, collègues qui parlent fort au téléphone... le bruit est finalement omniprésent.

Mais, comment lutter contre tout ce vacarme ?

Toujours selon l’Ifop, 30% des salariés victimes du bruit proposent la mise à disposition de bouchon-mousse, bouchons en silicone, casques anti-bruit passifs ou actifs, etc. Comme quoi, ce serait déjà un bon début ! Pour d’autres (23%), la solution serait de créer des espaces pour permettre à chacun de s’isoler du bruit si besoin ou un réaménagement de l’espace existant. Seuls 19% des employés, particulièrement conscients des risques, demandent des sessions d’information et de sensibilisation pour modifier les comportements collectifs.

Et qui est le coupable ?

Le débat sur le bruit au travail n’est pas nouveau. En effet, le bruit fait partie des causes de maladies professionnelles depuis 1963. Depuis, le Code du Travail a mis des réglementations en vigueur pour prévenir les risques. Selon l’article L. 4121-2, votre employeur se doit d’éviter les risques de nuisances sonores en les éliminants directement à la source, en évaluant celles qui ne pourront pas être éliminés, en vous prévenant des risques que vous encourez, en vous formant pour les contourner au maximum et en prenant des mesures de protection collectives. Les articles R4431-1 à R4437-4 du code du travail réglementent, eux, le temps d’exposition toléré des salariés au bruit sur leur lieu de travail. Pour savoir quelles sont les nuisances les plus nocives, une échelle qui mesure le bruit en décibels a été établie. Le nombre de décibels qu’il est normal de supporter dans notre vie de tous les jours est de 80dB et nous pouvons y rester exposé pendant 8h. Pour mieux comprendre à quoi cela correspond, un bureau calme équivaut à 50dB, une conversation à 70dB et un marteau piqueur à 85dB, le seuil de souffrance est à 120dB (comparable à un coup de fusil.)

Mais prenez garde, votre employeur n’est pas la seule personne que vous pouvez blâmer en cas de problème de santés liés au bruit : selon les articles R 1334-30 et R 1337-6 du code de la santé publique, la loi se donne le droit de sanctionner l’auteur du bruit qui nuit à la tranquillité ou à la santé d’autrui. Et c’est aux juges que revient le devoir d’examiner les cas un par un et de déterminer si la nuisance est supérieure ou non à ce qui est « normal » de supporter dans le cadre d’une vie en société. Les sanctions pour l’entreprise, comme le salarié, peuvent aller d’amendes pénales jusqu’aux versement de dommages et intérêts.

Vous l’aurez compris, il n’y a pas de petit brouhaha et chacun a sa part de responsabilité. Alors avant de courir dans tous les sens et d’accuser nos collègues ou la hiérarchie, luttons tous individuellement contre les décibels et rappelons-nous que : « La liberté des uns, s’arrête là où commence celle des autres » - John Suart Mill

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Photo by WTTJ

Jessica Mekiess

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