Who’s Next 2018 : les 5 tendances Mode à retenir

  • SophieSophie
  • Publié il y a 9 mois
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Who’s Next 2018 : les 5 tendances Mode à retenir

  • SophieSophie
  • Publié il y a 9 mois

Le monde est en plein bouleversement et la mode n’y échappe pas. Preuve en est sur le salon cette saison. Il soufflait en effet un vent de nouveautés dans les allées du Who’s Next cette année qui a notamment pris le parti de désectoriser son offre, de mettre à l’honneur le style avant le genre, le partage et le savoir faire. De célébrer aussi les collectifs, les engagés, les créateurs, les entrepreneurs et les personnalités qui font la nouvelle mode. Alors qu’en est-il aujourd’hui de la mode de demain ? Retour sur les cinq grandes tendances à retenir et les nouvelles marques à suivre.

La puissance du collectif

Bienvenue à l’ère du « co » : co-working, co-création, co-llaboration. Le préfixe « co », du latin « cum » signifiant « avec », indique la réunion, le fait de faire ensemble. Dans la mode, cette tendance se traduit par l’apparition de "co-llectifs". Depuis quelques saisons, on voit en effet émerger des bandes de créateurs qui ont décidé de s’associer, de se regrouper pour mieux faire entendre leur voix et promouvoir leurs créations. Ces collectifs sont basés sur le partage, la force du réseau et la bienveillance de la tribu. Ils offrent aussi une vision plus nomade de la mode en s’affranchissant des réseaux de distribution traditionnels et en optant pour de nouveaux modèles : pop-up stores, expositions ou marchés éphémères.

L’Atelier Meraki est à la fois un incubateur et un collectif de jeunes marques inédites. Ce lieu d'innovation collaborative et d'ingéniosité collective permet à des designers, des entrepreneurs et des artistes d’inventer les futurs usages et technologies de demain.

Klin d’Oeil est un concept & gallery store créatif, dédié à la jeune création. Plusieurs fois par an, Klin D’Oeil organise aussi des évènements pour mettre en avant les créateurs dans des lieux inspirants comme le Carreau du Temple ou la Grande Halle de la Villette lors du Patchwork Festival.

Défilé Atelier Meraki - Who's Next 2018

Le boom des marques mono-produit

Un seul produit, mais le meilleur dans sa catégorie. C’est le crédo qu’adoptent de plus en plus de marques aujourd’hui. L’idée de départ : se spécialiser au lieu d’essayer de s’adresser à tout le monde pour mieux se différencier des gros acteurs du marché. Dans les années 90, il y avait la marque Anne Fontaine et ses chemises blanches, aujourd’hui de plus en plus de créateurs jouent la carte du mono-produit. Pourquoi?

D’abord parce que c’est une excellente manière de démarrer pour une jeune marque. En focalisant son énergie sur un seul produit, une marque est en effet plus performante dans le développement de son expertise. Une bonne idée aussi pour limiter les coûts de lancement et se faire connaître plus rapidement, notamment grâce à Instagram, la vitrine parfaite pour mettre en scène son produit sous toutes ses formes.

La marque La Bobette, qui signifie culotte en québécois, propose par exemple « la culotte chef-d’oeuvre » entièrement fabriquée en France sur laquelle des artistes viennent apposer leur créations. La marque Flair prône elle aussi une confection 100% Made in France avec des bodys alliant féminité et confort. Chez Luguète, l’ambition est faire des lunettes des produits d’exception. Détail important, chaque modèle de lunettes n’est produit qu’en 99 exemplaires. La marque Céleste parie aussi sur le mono-produit en imaginant le body nouvelle génération qui va simplifier le quotidien des femmes avec style. Asphalte, enfin, va plus loin en proposant un seul produit par mois, vendu exclusivement sur son eshop et en précommande, « pas d'intermédiaire, pas de stock à gérer et un produit à la fois pour faire du volume. Ce sont les meilleurs moyens qu'on a trouvés pour relever le défi qu'on s'est fixé. »

Mais qui dit mono-produit ne dit pas forcément choix réduit. Ce serait même plutôt le contraire comme le prouve la marque de chemises Hast en offrant une gamme de motifs, de longueurs de manches et de modèles de cols bien plus larges que ses concurrents multi-produits. Parler de diversité dans l’unicité, c’est le défi à relever !

La révolution Amazon

L’histoire entre Amazon et la mode a commencé en 2009 avec le rachat de Zappos, site américain de vente en ligne de chaussures. Depuis Amazon ne cesse de s’intéresser au secteur de l’habillement, en lançant notamment sa propre ligne de vêtements composée pour le moment de sept marques dont Society New York ou encore Lark & Ro et plus récemment son tout nouveau service baptisé « Prime Wardrobe ».

Prime Wardrobe permet aux clients Amazon Prime de commander gratuitement entre trois et quinze articles parmi un catalogue de plus d'un million de références de vêtements, chaussures ou accessoires. Le client ne payant que les articles qu’il choisit de garder. Sachant qu’Amazon compte plus de 65 millions d'abonnés Prime dans le monde, on peut s’attendre à ce que cette nouvelle offre bouleverse le marché de la mode. Selon Jean-Philippe Poisson du cabinet Elia Consulting, Amazon pourrait même très vite s'imposer comme numéro un en France en termes de volume. « Historiquement, le secteur du vêtement a toujours été perçu comme compliqué à disrupter. Mais Amazon lève tous les freins de l'expérience client par sa maîtrise totale de la logistique. Amazon bénéficie en plus de relation directe avec les producteurs, lui permettant d'aller chercher les meilleurs prix. »

Le géant du e-commerce est donc en passe de devenir le géant de la mode. La raison de ce succès s’explique en partie par le fait qu’Amazon est un des sites les plus populaires chez les 18-34 ans. « Amazon profite d'un changement de génération où le recours au e-commerce devient une habitude, et Amazon.com un réflexe », précise Jean-Philippe Poisson d'Elia Consulting. Des millennials qu’Amazon compte bien continuer de séduire avec des nouvelles technologies comme « Echo Look », une caméra connectée répondant à la voix pour donner des conseils vestimentaires.

Et demain? Amazon envisagerait le rachat de l’enseigne mythique de grands magasins Nordstrom. D’abord pour assoir sa crédibilité vis à vis des marques de mode haut de gamme qu'Amazon a du mal à attirer sur sa plateforme et ensuite pour profiter des 300 magasins de la chaîne pour prolonger son offensive off line. Affaire à suivre …

Buy Less, Wear More

Une autre tendance qui se démarque : la remise en question de notre manière de consommer la mode. Selon Vincent Grégoire (directeur de création Art de Vivre chez NellyRodi), il est urgent de réinventer les usages. Fini la possession, place aujourd’hui à la location. Fini le dressing pour la vie, place au partage. Preuve en est, aux Etats-unis, le succès de la start-up Rent The Runway, dont le slogan « Buy Less, Wear More » a déjà réussi à convaincre plus de 6 millions de clientes. Ce site Internet créé fin 2009, propose de louer vêtements et accessoires de mode haut de gamme pour une soirée ou plus selon une formule d’abonnement comme Netflix ou Spotify. En France, de jolies initiatives ont déjà vu le jour comme l’Habibliothèque, Panoply ou Les Cachotières.

La mode partagée c’est aussi la culture de la seconde main avec de belles success stories comme Vestiaire Collective ou Vide Dressing. Même les marques traditionnelles s’y mettent comme Petit Bateau qui souhaite favoriser l’économie circulaire grâce à sa nouvelle application de vente d’occasions. L’occasion de donner une seconde vie à ses articles mais également de communiquer sur la solidité et la durabilité de ses produits, fabriqués à plus de 80 % en France. Le vintage enfin fait aussi son come back avec cette idée de donner une seconde chance aux vêtements. La fripe c’est chic, comme l’a prouvé sur le salon, la friperie nomade et engagée, ZEU P avec sa sélection de vêtements vintage chinés avec conviction.

© Florie Berger pour Who's Next 2018

Un style plus qu’un genre

Sur les podiums des défilés, les hommes portent des jupes, les filles des vestes d’homme. Chez beaucoup de marques de prêt-à-porter, les frontières entre le masculin et le féminin se floutent. Avant, il y avait la mode homme et la mode femme. Aujourd’hui, il y a la mode unisexe, la mode dégenrée, le no gender en anglais. « Le no gender n’est pas une revendication, c’est juste l’histoire d’une génération, celle des millennials, pour qui le X ou le Y n’est pas un curseur, ni une problématique. C’est passer de la fille au garçon - et vice versa - pour embrasser une multitude d’identités », analyse Alice Pfeiffer, rédactrice en chef du magazine Antidote.

Masculiniser la femme ou féminiser l’homme, rien de nouveau. En effet, la mode s’est toujours amusée à jouer avec les codes du genre. On se souvient de la garçonne des années 20, du vestiaire masculin dont Coco Chanel s’est largement inspirée, du smoking d’Yves Saint Laurent, de la jupe pour homme de Jean Paul Gaultier ou encore des costumes très ajustés de Hedi Slimane chez Dior Homme. Pourtant ce qui n’était auparavant que de simples influences, est aujourd’hui en passe de devenir une tendance majeure qui séduit de plus en plus de marques et de distributeurs. Preuve en est, depuis 2016, Zara propose même une offre unisexe, baptisée Ungendered et composée de basiques mixtes dans toutes les tailles.

Cette année sur le salon, plusieurs marques unisexes ont d’ailleurs fait parler d’elles. La marque lilloise Tricote-moi un tattoo, par exemple, qui mixe les univers du tricot jacquard et du tatouage pour des créations originales. NJ.Cod Paris qui propose aussi des produits unisexes dans un esprit résolument androgyne et vintage. Asfvlt, à prononcer « Asphalte », dont les modèles de sneakers sont inspirés de l’univers du skate. Et la marque José, enfin, qui met en avant le savoir-faire du tissage bolivien à travers une collection unique de pulls en alpaga.

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