Tout savoir sur le service civique

  • MaylisMaylis
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Tout savoir sur le service civique

  • MaylisMaylis
  • Publié il y a 2 mois

Depuis sa création en 2010, 200 000 jeunes entre 16 et 26 ans ont fait un service civique dans près de 10 000 organismes. Et selon le rapport d’activité de l’Agence du Service Civique de l’année 2017, 87% de ceux qui ont réalisé un service civique étaient satisfaits de leur mission. Mais qu'est-ce que le service civique ? Pourquoi est-il si apprécié et qu'apporte-t-il aux candidats et aux organismes ? 

Qu'est-ce que le service civique ?

Le service civique est un dispositif mis en place par Martin Hirsch, haut fonctionnaire français, pendant le mandat de Nicolas Sarkozy. L’objectif est d’encourager les jeunes entre 16 et 25 ans à s’engager dans des missions citoyennes au service de l’intérêt général, en France comme à l’étranger.

Seuls les organismes à but non lucratif peuvent prétendre à accueillir des services civiques. Avant de faire leur demande, ils doivent être agréés par l’Agence du Service Civique et œuvrer dans un des neufs grands domaines : solidarité, environnement, sport, culture, éducation, santé, intervention d’urgence, mémoire et citoyenneté, et aide humanitaire. Les missions proposées sont très diverses, ça peut aller de l’animation de groupes au sein de centre d’accueils culturels, à la mise en place de projets pour lutter contre l’isolement des personnes âgées, ou encore à la sensibilisation des jeunes à la santé.

Les volontaires en service civique sont indemnisés 580 euros net par mois (107,58 € payés par la structure, et 472,97 € payés par l’État), soit plus que le minimum légal pour un stage. L’autre différence avec un stage, c’est que le service civique n’est pas obligatoire et qu’il peut être réalisé à n’importe quel moment dans un cursus d’études. Les missions peuvent durer entre six mois et une année, et nul besoin d’un diplôme ou de compétences précises pour être volontaire : seule compte la motivation.

Pour les candidats au service civique

Margaux a réalisé l’année dernière un service civique chez Cap ou Pas Cap, une association parisienne qui propose de mettre en place des alternatives citoyennes. Aujourd’hui, elle y est en CDD. Titulaire d’un diplôme d'École de Commerce, elle a voulu « saisir la chance » de faire son service civique avant ses 26 ans. « Pour moi, c’était un bonus, une occasion à saisir » explique-t-elle. Même après une école de commerce où les opportunités de travail sont plutôt larges, il manquait à Margaux une vraie expérience sur le terrain : « Je voulais prendre du temps pour mes objectifs personnels, pour faire quelque chose d’engageant et qui me coupait de ce que je connaissais déjà » se remémore-t-elle.

Le service civique a apporté à Margaux des compétences et de l’expertise sur un milieu qu’elle ne connaissait pas du tout. Elle raconte : « quand on sort d’une école de commerce, on est formatés à penser un peu tous de la même manière. Et là, j’ai appris à être humble, à cohabiter avec d’autres modes de pensées et d’autres logiques. »

Effectivement, faire un service civique, c’est s’engager pour une vision de la société. C’est un dispositif différent du stage car ce n’est pas obligatoire, et les jeunes le font parce qu’ils veulent agir pour le commun, parce qu’ils veulent se sentir utiles, mais aussi parce qu’ils veulent apprendre quelque chose sur eux-mêmes.

« Quand on sort d’une école de commerce, on est formatés à penser un peu tous de la même manière. Et là, j’ai appris à être humble, à cohabiter avec d’autres modes de pensées et d’autres logiques. » - Margaux

Le conseil de Margaux : « Il faut voir au-delà des missions proposées dans les services civiques. Il faut chercher la compétence derrière l’action. De plus en plus, les entreprises cherchent à recruter des personnes qui veulent mettre du sens dans leurs actions, qui veulent s’engager. C’est ce qu’il faut mettre en avant après un service civique. »

Quant à Caroline Méric, qui vit à Montpellier, le service civique représentait tout autre chose. Titulaire d’un BTS en gestion et protection de la nature, elle avait été encouragée à faire un service civique après sa formation. Elle explique : « dans les milieux liés à l’environnement, il y a peu de possibilités d’emploi, alors le service civique est une bonne option pour faire un premier pas dans le monde professionnel. »

Elle a réalisé un stage chez Ailerons, une association qui milite pour la protection des requins en Méditerranée, puis elle a construit elle-même un dossier pour y réaliser un service civique. Puisque c’est une structure composée uniquement de bénévoles, Caroline a appris énormément pendant ses neuf mois de service civique. « Je pense que je peux avoir la palme d’or de la patience, car travailler uniquement avec des bénévoles requiert de la tolérance et de la bienveillance. J’ai appris à gérer mon temps, à gérer des projets, à travailler en équipe… en fait, j’ai fait beaucoup plus que ce que j’étais sensée faire », raconte-t-elle.

Comme Margaux, Caroline considère qu’il ne faut pas rendre les services civiques obligatoires, sinon ils deviendraient des sortes de stages où la motivation ne prime pas forcément. François Hollande avait émis l’idée de généraliser le service civique lors de son mandat, mais la proposition n’avait pas abouti. « Il faut toujours laisser le choix, explique Caroline, car réaliser un service civique, ça reste du volontariat. » Et puis la différence entre un service civique et un stage réside également dans sa durée. Un service civique peut durer jusqu’à 12 mois, donc « on a réellement le temps de prendre ses marques, d’avoir des responsabilités et de gérer un projet de A à Z » explique Caroline.

« On a réellement le temps de prendre ses marques, d’avoir des responsabilités et de gérer un projet de A à Z » - Caroline Méric

Le conseil de Caroline : « Pendant un service civique, il faut réellement s’investir, être autonome et débrouillard, car souvent dans les structures associatives on est livrés à nous-même et on doit jouer plusieurs rôles. »

Autonomie, ouverture d’esprit, et bienveillance, ce sont les qualités que l’on acquiert le plus souvent après un service civique. Des facultés qu’il ne faut pas hésiter à mettre en avant lors d’un entretien d’embauche par exemple.


Pour les recruteurs de services civiques

Si vous êtes un organisme à but non lucratif et que vous voulez accueillir un ou plusieurs volontaires en service civique dans votre structure, il y a toute une démarche à suivre, expliquée sur le site officiel du service civique. Chaque volontaire devra être suivi tout au long de sa mission d’un tuteur, à qui il pourra se référer si besoin.

Accueillir un service civique, c’est un moyen de redynamiser un réseau de bénévoles, de donner plus d’ampleur à des actions, de lancer de nouveaux projets. C’est ce qu’explique Caroline Delboy, qui occupe le poste de Happy Team Leader au sein de makesense, une association qui a pour objectif de promouvoir l’entrepreneuriat social et l'engagement citoyen. Caroline Delboy s’occupe des équipes en interne, et plus particulièrement des services civiques. « Chez nos services civiques, on retrouve souvent l’envie d’apprendre, d’être sur le terrain, et de mettre du sens dans la mission. Ils sont enthousiastes de par leur jeune âge, et apportent un regard frais et neuf sur ce qu’on fait. Ils sont souvent force de proposition et ils viennent nous challenger. »

« Ils sont enthousiastes de par leur jeune âge, et apportent un regard frais et neuf sur ce qu’on fait. Ils sont souvent force de proposition et ils viennent nous challenger. » - Caroline Delboy, Happy Team Leader chez makesense

Selon Caroline Delboy, cette motivation est communément partagée par une génération en manque de sens. « Un service civique, c’est un moment dans la vie pour comprendre ce que c’est que d’être un citoyen. C’est une façon de comprendre ce qu’on aime, ce qu’on aime moins, faire le tri, avoir des expériences et s’engager. »

Globalement, toutes les expériences avec les services civiques se sont très bien déroulées chez makesense. « Nous sommes globalement très satisfaits de nos expériences avec nos volontaires en service civique et par la diversité des profils qui ont rejoint l'équipe pour effectuer une mission chez nous », raconte Caroline Delboy, « pendant les recrutements, on s'attache plus à identifier leur motivation, leur curiosité, leur capacité à comprendre notre environnement et à se projeter dedans. » Parce que le gros plus du service civique, c’est aussi que la nature d’un diplôme n’est pas vraiment prise en compte. Peu importe si le candidat à un service civique a fait HEC ou un CAP, le plus important est son envie d’engagement.

Quelque soit la motivation pour faire un service civique, Caroline Delboy en est certaine : « On ne fait pas un service civique par hasard. Il y a toujours une vraie raison derrière cette envie. » Et Margaux de renchérir : « Soit on fait un service civique pour réfléchir à ce qu’on veut faire, soit pour chercher des compétences qu’on n’avait pas avant et qu’on a envie de valoriser. »

« Soit on fait un service civique pour réfléchir à ce qu’on veut faire, soit pour chercher des compétences qu’on n’avait pas avant et qu’on a envie de valoriser. » - Margaux

Dans tous les cas, on en ressort grandi, et on apprend souvent des choses sur soi qu’on ne connaissait pas. C’est en tout cas l’avis général qui ressort de ces expériences. Pourtant, les volontaires en service civique ont néanmoins un statut précaire et parfois, ce dispositif peut être utilisé en remplacement d’un emploi ou d’un stage par des organismes peu honnêtes. 

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Photo by WTTJ

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