Summer Work Challenge #2 : Se fixer des objectifs pour la rentrée

  • Elsa SayaghElsa Sayagh
  • Publié il y a 4 mois
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Summer Work Challenge #2 : Se fixer des objectifs pour la rentrée

  • Elsa SayaghElsa Sayagh
  • Publié il y a 4 mois

Pour remédier à la morosité de septembre et vous épargner le vague à l’âme de fin d'été, on a imaginé un programme de reprise en main drastique à suivre tout au long du mois de juillet : le Summer Work Challenge. On connaît tous le « Summer Body Challenge » pour se préparer à l’épreuve du maillot de bain en été. Là, c’est pareil mais pour le travail. On vous propose cinq semaines de conseils pour aborder sereinement le retour au travail et construire sa prochaine étape professionnelle.

Boule au ventre, abattement, manque d’énergie, démotivation, paralysie… Vous n’avez même pas pris votre premier bain de soleil que vous pensez déjà avec aigreur à la rentrée ? C’est qu’il y a sûrement un petit quelque chose à enclencher pour vous reconnecter à vos aspirations profondes et doper votre vie professionnelle. Comment être acteur de son évolution ? Se fixer des objectifs clairs et adaptés à ses aspirations ? Et préparer un plan d'attaque efficace pour les réaliser dès la rentrée ? On vous dit tout. 

C’est quoi évoluer ?

Se fixer des objectifs, c’est bien mais sans savoir où vous souhaitez aller, c’est vain. Comme le suggère Brigitte Sansone, coach professionnelle et ancienne DRH, le préalable à tout plan d’évolution, c’est la définition de ce l’on met derrière le terme « d’évolution ». Certains visent la revalorisation de leur salaire, une mobilité ou une ouverture à l’internationale alors que pour d’autres, évoluer signifie plus de liberté, plus de formation ou une nouvelle organisation du temps.

Brigitte Sansone identifie plusieurs questions à se poser pour préciser ses souhaits d’évolution :

  • « Est-ce que je souhaite en priorité évoluer de façon verticale ? » C’est-à-dire monter en hiérarchie, piloter une équipe plus importante, investir des fonctions managériales ou de direction.
  • « Est-ce que je souhaite en priorité évoluer de façon horizontale ou transversale ? » Il s’agit ici d’élargir mon employabilité en développant de nouvelles compétences ou en consolidant une expertise pour être plus « concurrentiel » sur le marché du travail.
  • « Quelle(s) échéance(s) je me fixe pour atteindre mes objectifs d’évolution ? » « Est-ce que j’envisage mon projet à court, moyen ou long terme ? »

L’important, pour entreprendre ce bilan et esquisser un plan d’actions, est de qualifier, le plus précisément possible, la nature de l’évolution souhaitée.

Une équation à plusieurs inconnues

Un nouveau projet professionnel questionne immanquablement d’autres points :

  • Mes compétences, forces, avantages concurrentiels
  • Mon employabilité ou ma capacité à m’adapter à un nouveau contexte professionnel
  • Mon projet de vie ou mes ambitions personnelles
  • La logique propre à l’entreprise

Chaque stratégie d’évolution doit pouvoir interroger et combiner intelligemment les éléments cités pour que votre projet soit à la fois souhaitable, réaliste et réalisable. Les choix que vous faites pour vous doivent aussi s’inscrire dans la réalité du marché, dans celle de votre entreprise et dans celle de votre vie privée.

Commencer par le diagnostic

Avant de claquer sa dem’ pour aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs, il serait sage de démarrer avec un état des lieux. Il faut savoir quelles sont vos forces, vos faiblesses et vos leviers de motivation pour définir votre projet d’après. Deux étapes clés dans cet incontournable audit de carrière.

L’heure de l’inventaire

Pour faire bouger les lignes en interne, monter votre propre business, envisager une reconversion ou aller voir la compétition, il va falloir vous vendre. Et la base du marketing professionnel, c’est l’expertise et le feeling. Brigitte Sansone recommande donc de questionner les facteurs de la compétence et les facteurs de motivation avant de construire son plan d’action.

➔ Questionner les facteurs de la compétence

Il convient de se demander ce que vous savez faire et ce que vous avez envie de faire de plus ou de différent ; négocier, piloter un projet, concevoir, solutionner, manager, déployer ? Pour ce faire, Brigitte Sansone conseille de détailler vos missions passées et actuelles et de faire une liste exhaustive des savoir-faire et compétences mobilisés.

➔ Questionner les facteurs de motivation

Comme elle le souligne encore, « ce qui me motive aujourd’hui est peut-être radicalement différent de ce qui me motivait hier ». Aussi, il est primordial de pouvoir identifier ce qui vous stimule, vous grise et vous met en mouvement pour demain. Pour mieux comprendre vos leviers de motivation, vous pouvez par exemple repérer vos « activités de flow ». Ce concept de psychologie positive élaboré par le psychologue Mihály Csíkszentmihályi désigne « un état mental atteint par une personne lorsqu'elle est complètement plongée dans une activité, et se trouve dans un état maximal de concentration, de plein engagement et de satisfaction dans son accomplissement. Fondamentalement, le flow se caractérise par l'absorption totale d'une personne dans son occupation. » (Wikipedia). Concrètement, certaines caractéristiques vous permettront d’identifier ces expériences optimales. L’auteur et conférencière Florence Servan-Schreiber en identifie huit :

  • La tâche entreprise est réalisable, mais constitue un défi et exige une aptitude particulière. On y exerce ses compétences
  • On est concentré
  • La cible visée est claire, on connaît son objectif
  • L’activité en cours fournit un feedback immédiat (les réussites et difficultés sont immédiatement repérées et le comportement ajusté en fonction)
  • On est engagé profondément et sans effort, faisant disparaître toute distraction
  • On éprouve la sensation de contrôler ses actions
  • La préoccupation de soi disparaît mais, paradoxalement, le sens de soi se renforce à la suite de l’expérience optimale
  • On perd la notion du temps

À vous de définir votre zone de puissance, de plaisir, de talent.

Le cahier des charges

Pour pouvoir construire convenablement son projet professionnel, il est impératif d’identifier ses contraintes, ses idéaux et ses critères non-négociables. Pour ce faire, vous pouvez lister ce que vous voulez, ce que vous ne voulez plus ou ce que vous vous interdisez pour votre future vie professionnelle. Vous vous apercevrez qu’il est impératif de questionner votre vie personnelle pour construire votre cahier des charges professionnel ; celui-ci pourra varier du tout au tout selon le moment de vie que vous entamez ou vos aspirations. Il est évident qu’un jeune papa, une étudiante en fin d’études ou une personne proche de la retraite ne considèreront pas les mêmes paramètres. Voici les domaines à passer en revue selon Marielle Barbe, auteure du livre Profession Slasheur, Cumuler les jobs, un métier d’avenir :

  • Le ou les domaines dans lesquels vous aimeriez évoluer
  • L’environnement dans lequel vous souhaiteriez travailler : le décor, la lumière, le bruit…
  • Le rythme et le temps de travail compatible avec votre vie personnelle et vos aspirations
  • L’ambiance de travail idéale
  • Les personnes avec qui vous aimeriez travailler, la qualité des relations hiérarchiques…
  • Les conditions idéales liées aux à-côtés de votre job idéal : horaires, temps de trajet, localisation…
  • Votre statut, contrat, salaire…
  • Tout autre chose qui pourrait peser dans la balance et a de l’importance à vos yeux

Pour Brigitte Sansone, « c’est le cahier des charges qui va permettre de faire le tri ». Elle recommande fortement de « se projeter sur deux ou trois projets et métiers et de les passer au tamis de son cahier des charges ». Ainsi, « il est plus aisé de faire des choix sans frustration car on sait précisément pourquoi on explore ou on abandonne une option. »

Valider son projet et choisir ses batailles

Une fois le cahier des charges défini, le projet se dessine et se précise. Il devient indispensable de le valider. Avoir envie de quelque chose ne suffit pas. Pour quitter le monde des idées et se faire une idée concrète de son projet, il faut le toucher du doigt. L’enquête métier, souvent utilisée dans le cadre de bilans de compétence, est un outil efficace pour confirmer ou invalider une piste. Brigitte Sansone conseille de valider l’existence du marché (« Est-ce que le secteur recrute ? », « Est-ce qu’il y a des postes ouverts sur ce type de mission ? ») et d’essayer d’appréhender la réalité du poste et de son quotidien en multipliant les rencontres. En interne ou en externe, il faut identifier les personnes qui exercent des fonctions sur lesquelles vous vous projetez et les rencontrer pour comprendre leur réalité, leurs enjeux, leurs motivations et leurs réserves.

Une fois ces enquêtes menées, il faudra « mesurer l’écart entre les compétences attendues et celles que vous possédez pour atteindre votre objectif et vous demander si vous pouvez le combler par la formation, la pratique ou un autre biais. »

Le pouvoir de la visualisation : regarder son objectif bien en face

Pour passer effectivement du bilan à l’action, il faudra formaliser votre objectif. Comment définir un objectif porteur ? Vous l’aurez compris, il est préférable que celui-ci soit en adéquation avec vos compétences et votre cahier des charges. Mais la forme compte presque autant que le fond. Les marketeux le savent bien, pour qu’un objectif soit efficace, il faut qu’il soit SMART. Cet acronyme bien connu doit guider la formalisation de votre objectif.

  • S pour Spécifique
  • M pour Mesurable
  • A pour Acceptable
  • R pour Réaliste
  • T pour Temporellement défini

Brigitte Sansone insiste sur ce point : « l’objectif doit être réalisable, daté mais surtout très précis pour être intelligible et attractif pour le cerveau. Plus l’objectif est précis (exemple : « je veux être webmaster dans l’entreprise X, dans tel secteur à telle date »), plus on a de chance de l’atteindre. » C’est aussi le principe de la visualisation positive ; plus l’image est claire et précise, plus le cerveau voit le chemin pour y parvenir. C’est cette formalisation rigoureuse qui permet de changer de prisme et de percevoir les opportunités.

Baliser le parcours

Une fois que l’objectif est clair, que vous en êtes imprégné(e), projeté(e) positivement dans la situation de réussite et que votre cerveau a identifié le chemin pour y parvenir, il faut construire son plan d’action. Selon Brigitte Sansone, il est plus motivant de construire des « projets intermédiaires et de découper le grand objectif en sous-objectifs » pour avancer. S’il est indispensable de visualiser la finalité, l’action se concrétise dans « les petits pas ». Plutôt que de foncer bille en tête demander une augmentation ou une mutation, favorisez les circonstances favorables : déjeunez avec le responsable de l’entité que vous visez, partagez du contenu pertinent avec les personnes auprès desquelles vous aimeriez être identifié(e), ajustez votre CV et votre pitch pour que l’adéquation avec votre projet soit une évidence pour vous et pour tous. Idem si vous envisagez une reconversion ou une évolution en dehors de votre entreprise actuelle ; soyez malin et préparez votre transition en douceur, par exemple, en négociant une rupture conventionnelle, en sollicitant un congé individuel de formation ou encore en vous faisant financer un bilan de compétence. Avancez step by step.

Un travail de fond

Amorcer une transition ne se fait pas sur un coup de tête. Si on vise l’alignement des planètes, il faut donc entreprendre un travail de fond et s’impliquer dans le processus. Avec de la méthode et quelques outils, vous accomplirez de grandes choses. Cependant, l’exercice a ses limites et, mieux vaut les connaître pour pouvoir faire tomber les murs.

Se donner du temps

Un évolution significative se fait rarement en un jour. Il faut dégager du temps et de l’énergie pour investir sur son avenir. La démarche appelle un réel effort et une certaine méthodologie. Notre société de l’immédiateté a du mal à s’accommoder des processus lents mais comprendre qui on est, où l’on veut aller et comment suppose un temps plus long.

Prendre le risque et la responsabilité

La démarche requiert également une certaine mesure du risque et la force de se lâcher dans le vide et dans l’inconnu. Préparer son évolution, c’est sortir de sa zone de confort, se mettre en condition de faire ses choix, d’en évaluer les implications et d’assumer la responsabilité de la réussite ou de l’échec du projet. Ainsi, mieux vaut passer à l’action après avoir validé le projet, effectué des enquêtes métiers, pesé le risque et envisagé les différentes modalités de départ possibles.

Oser se remettre en question

Pour évoluer positivement, il faut oser douter de tout, y compris de vous. Il faudra déconstruire, décortiquer, analyser vos forces, faiblesses, leviers de motivation et identifier vos manques avec lucidité pour aller là où vous souhaitez aller.

Se faire accompagner

Même avec la plus grande rigueur et la méthodologie décrite, il peut être malaisé de se juger soi-même. La démarche est exigeante ; elle touche à une stratégie personnelle mais doit rester suffisamment objective et distanciée pour convaincre votre interlocuteur de vous suivre (RH, CEO, banquier…) Aussi, si la juste distance vous paraît difficile à trouver, pensez à vous faire aider. Quelques options se présentent à vous pour vous aider dans cette étape :

Peut-on fixer des objectifs pour les autres ?

La question de l’évolution s’applique aussi à ceux qui vous entourent. En tant que manager, par exemple, peut-on fixer des objectifs à son équipe et orienter son évolution ? Oui et non.

Oui

Il est souhaitable de partager du feedback positif avec ses collaborateurs, de mentionner les perspectives d’évolution envisageables, les ouvertures de poste voire de proposer un projet professionnel.

Non

En revanche, il est imprudent d’encourager une évolution sans avoir validé un certain nombre de choses. Comme le souligne Brigitte Sansone « on ne peut pas avoir d’intentions pour les autres et faire évoluer quelqu’un sans s’assurer qu’il a la compétence et la motivation, c’est prendre un très gros risque. » La personne doit être actrice de son évolution. « Il est de la responsabilité du manager qui soutient une évolution de comprendre le cahier des charges de son collaborateur, de construire avec lui le projet, de l’accompagner et de le faire réussir. »


Vous l’aurez compris, préparer sa nouvelle étape professionnelle est une démarche exigeante mais excitante. Reprendre sa trajectoire en main, c’est redevenir acteur de ses choix et créer un parcours qui vous ressemble.

À méditer avant la rentrée : 

« Certaines personnes voient les choses comme elles sont et se demandent : pourquoi ? Moi, je vois les choses comme elles pourraient être et je me dis : pourquoi pas ? » John Fitzgerald Kennedy


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