Sur les traces de Gaël Seydoux d'Ubisoft

  • JérémyJérémy
  • Publié il y a 3 ans
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Sur les traces de Gaël Seydoux d'Ubisoft

  • JérémyJérémy
  • Publié il y a 3 ans

Qui se cache derrière les jeux vidéo qui rendent « addict » des générations de « gamers » ? Des cerveaux brillants qui inventent, dessinent et réalisent ce dont on ne rêve pas encore. Des dessins industriels aux jeux vidéo en passant par le cinéma et les parcs d’attraction, Gaël Seydoux, Producteur et Directeur du Développement (Nouveaux Business) chez Ubisoft en est un brillant spécimen.

« Je dessine depuis tout petit mais je n’avais jamais imaginé en faire mon métier »

Un parcours classique en économie internationale (Maîtrise) suivi d’un stage dans le secteur boursier, Gaël Seydoux est un étudiant encore fébrile à l’idée de faire du dessin son métier. Il dessine pourtant depuis tout petit, et se forme même à l’atelier Penninghen. Et puis des amis entrent à l’école des Arts décoratifs de Paris. C’est donc possible. Il tente, est accepté, et choisi de se spécialiser dans le graphisme 3D. La discipline est alors très jeune et la formation « Atelier d’images et d’informatique » (AII) est la seule en France à disposer d’une technologie qui est alors l’apanage des grands industriels. Sortir d’une formation avec une compétence nouvelle et recherchée adoucit l’entrée dans la vie active. Les grands noms des effets visuels MacGuff, Ex Machina ou Fantôme, draguent les étudiants à la sortie du DESS.

« Si je devais retravailler pour l’industrie du cinéma, ce serait dans la production, en amont des projets »

Le secteur est rémunérateur et Gaël Seydoux commence par l’éclairage de la série 3D «Insektors » du studio d’animation Fantôme. Il apprend les délais, le travail de nuit et un métier. Puis vient la période de free lance, la liberté et l’excitation de choisir des projets qui l’intéressent: les images de synthèse de la Renault Mégane présentée au salon de l’automobile, les effets spéciaux sur le tournage d’ « Astérix et Obélix » aux côtés d’Alain Chabat et ceux d’ « Immortel ad Vitam » de Enki Bilal. Sur les plateaux il se frotte professionnellement aux réalisateurs, directeurs de la photographie et directeurs des effets 2D. A la tête d’une équipe d’une vingtaine de personnes, il conçoit des maquettes pour les effets visuels. L’époque est aux débuts des grands projets 3D dans le cinéma: le studio Weta créé par Peter Jackson post-produit le « Seigneur des anneaux » en Nouvelle Zélande et Hollywood et Londres déroulent le tapis rouge aux professionnels de la 3D.

Gaël Seydoux choisit alors Londres et y emmène sa famille. Quelques minutes de moto relient sa maison au studio de Pinewood où se créé la nouvelle série de Gerry Anderson « Captain Scarlet » jusque-là réalisée en stop motion. Il recrute pour monter une équipe d’une centaine de personnes et se retrouve à la tête de la division 3D en tant que Superviseur 3D.

Même ville mais nouveau challenge, il retrouve les effets spéciaux cinématographiques chez Double Negative, la société plusieurs fois primée pour ses travaux sur des films comme « Batman Begins », « Aliens » ou plus récemment « Interstellar ». Quand on lui demande s’il retournerait dans le cinéma aujourd’hui, Gaël Seydoux répond que si cela arrivait ce serait plus en amont des projets, dans la partie production, celle qu’il a connue grâce aux jeux vidéo…

« Un chasseur de tête cherchait des profils dans le ciné pour faire des jeux vidéo »

Son entrée dans l’univers du jeu vidéo s’est faite par Sony Londres. Gaël Seydoux y est embauché pour travailler sur la lumière et les effets spéciaux d’un jeu sur PS3. L’homme n’est pas un grand joueur mais la narration l’attire. Le jeu en question, finalement jamais sorti, s’intitulait « Eight days » et retraçait la course poursuite de deux braqueurs, John Travolta et Ving Rhames, à travers les Etats-Unis. Il monte et gère l’équipe artistique (Directeur Artistique, Chef Décorateur, Concept Artist, Graphistes, Animateurs…) du jeu. A son retour à Paris, c’est l’aventure Ubisoft qui lui tend les bras en lui proposant d’embarquer pour le deuxième opus du projet « Red Steel 2 » sur la wii.

« Le travail sur le jeu vidéo autorise plus de créativité »

L’univers du jeu vidéo est différent de celui du cinéma. Il mêle des compétences allant de la narration aux visuels, en passant par le design et la programmation. Gaël Seydoux décrit un monde plus discret et humble, où le résultat final est reconnu comme une œuvre collective et échappe à la starification que connaît le cinéma. Pendant deux ans, il se plonge dans ce nouveau métier avant d’intégrer le département de recherche et développement d’Ubisoft. Il intervient alors en amont des projets d’Ubisoft en testant les prototypes technologiques qui sous-tendront les jeux développés en interne. Il produit pour « Ubi » la nouvelle technologie de caméra 3D bien avant que Microsoft ne dévoile la technologie Kinect pour X Box.

Le PDG d’Ubisoft m’a proposé de produire « Battle Tag »

Ubisoft a l’esprit familial et l’équipe dirigeante n’est jamais très loin. Sous l’impulsion du PDG d’Ubisoft Yves Guillemot, Gaël Seydoux forme une équipe de 16 personnes pour produire le jeu « Battle Tag ». Sa mission consiste à recruter designers, électroniciens, programmeurs, à concevoir la technologie qui accompagnera le jeu et son design puis à tester le marché pour sa distribution. L’équipe gagne un prix au salon e3 qui rassemble les acteurs technologiques du divertissement, mais le marché n’accroche pas et le projet s’arrête à l’étape de distribution malgré une communauté enthousiaste. Yves Guillemot lance Gaël Seydoux sur une nouvelle idée : « we draw », pour pénétrer le marché du jeu de dessin en utilisant la wii couplée à une tablette graphique.

« Je voyage, je collabore avec des gens d’autres cultures »

Travailler pour la troisième société mondiale du jeu vidéo donne des ailes internationales. Gaël Seydoux collabore avec des Chinois pour le développement « hardware » du projet Battle Tag, part tester son marché au Canada auprès des marchands de jouets et s’invite au Japon chez Panasonic pour réfléchir à une tablette graphique permettant de dessiner.

« On a des savoir-faire au sein d’Ubi, il faut réfléchir à la façon de les vendre »

Et si les technologies développées pour les jeux intéressaient d’autres industries ? A la demande d’un laboratoire et en collaboration avec des médecins psychiatres, Ubisoft lance le projet de serious game « Bipolife », un jeu pour personnes bipolaires. Bipolaires, mais aussi personnes souhaitant se relaxer (Ozen) ou pour la rééducation des yeux (Amblyopie). Les technologies du géant du jeu se marient aux évolutions que connaît le marché de la santé et notamment à l’apparition des objets connectés qui envoient les données de leurs utilisateurs en temps réels.

« La réalité virtuelle m’intéresse »

Ce qui occupe aujourd’hui l’esprit de Gaël Seydoux, c’est la réalité virtuelle et les nouvelles formes d’interactions et de narration qu’elle permet. Le casque Oculus Rift développé par une filiale de Facebook en 2012 a lancé les hostilités et Ubisoft imagine élargir l’expérience des visiteurs de parcs d’attraction grâce à des technologies immersives de réalité augmentée.

« L’imaginaire sous-tend nos métiers »

Derrière la narration des jeux vidéo et leur conception, l’imaginaire. Pour Gaël Seydoux, il s’agit du carburant qui sous-tend le métier, quelle que soit l’innovation que l’on utilise. Accompagné par son collègue Cyril Derouineau, il participe en 2011 à la fondation d’une Chaire « Modélisation des Imaginaires, Innovation et Création » avec Paris Tech et l’université de Rennes 2 à laquelle s’associent également les groupes Dassault, Orange, PSA et Alcatel. Imaginaire et innovation ne font plus qu’un.

« Je me sens bien chez Ubisoft »

Les voyages, une créativité boostée, un scope d’intervention allant de la production à la distribution en passant par le business et la technique, Gaël Seydoux saute de projet en projet avec une sensation d’« intrapreneuriat ». La société de la famille Guillemot offre un cadre familial, stimulant et innovant qui forge une culture d’entreprise aussi addictive que les jeux qu’elle développe.


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