« Vous êtes trop qualifié pour le poste » : la barrière de la surqualification à l'embauche

  •  Ingrid Dupichot Ingrid Dupichot
  • Publié il y a 7 mois
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« Vous êtes trop qualifié pour le poste » : la barrière de la surqualification à l'embauche

  •  Ingrid Dupichot Ingrid Dupichot
  • Publié il y a 7 mois

Votre profil professionnel est béton. Après de longues et laborieuses études et/ou de nombreuses expériences dans des boites prestigieuses, vous pensiez que les recruteurs n’attendaient que vous ? Surprise, on vous rétorque que vous êtes « surqualifié ». Qu’est-ce que cela veut dire et comment réagir ?

Welcome to the Jungle s’est penché pour vous sur le phénomène de la surqualification et vous conseille pour éviter que cela ne freine la recherche de la tribu de vos rêves.

La surqualification touche de plus en plus de candidats

Qu’est-ce que la surqualification ?

La surqualification peut être liée :

  • à l’emploi : lorsque les candidat ont plus de compétences et d’expériences que ce qui est requis par l’emploi qu’ils cherchent à occuper,
  • à la rémunération attendue compte tenu de la qualification : ils touchent un salaire en dessous de ce à quoi ils peuvent prétendre au vu de leurs qualifications.

Certains suivent des formations qui ne correspondent pas aux secteurs/métiers porteurs, et se retrouvent surqualifiés par rapport aux emplois disponibles sur le marché. D’autres tentent une évolution de carrière dite atypique : une reconversion professionnelle, un changement de secteur, le passage d’un grand groupe à une start-up ou inversement ... Et cette tendance ne risque pas de faiblir selon une étude de Dell et de l’Institut pour le Futur qui estime que 85 % des emplois de 2030 n’existent pas aujourd’hui.

Si on y ajoute la mauvaise conjoncture de ces dernières années, et la mobilité grandissante de ceux qui ne pensent plus à faire carrière toute leur vie dans une même entreprise, les raisons pour lesquelles certains candidats revoient leurs prétentions à la baisse ne manquent pas.

Pourquoi la surqualification est une contrainte pour l’employeur ?

Les recruteurs ont souvent peur de ces profils surqualifiés. Ils peuvent par exemple se demander si ce candidat :

  • est aux abois, a absolument besoin d’un emploi quel qu’il soit ?
  • a échoué dans sa précédente fonction ?
  • va s’intégrer au sein d’une équipe qui n’a pas les mêmes qualifications à poste égal ? Va attiser la jalousie de ses collègues ? Convoitera très rapidement le poste de son manager ?
  • va s’ennuyer dans ses nouvelles fonctions, être insatisfait et abandonner le poste rapidement ?
  • va être trop cher pour l’entreprise ? Ce qui peut être difficile à admettre pour l’entreprise qui ne peut pas payer ce talent.

3 conseils pour rassurer l’employeur en amont

Voici quelques idées pour que vos (très) nombreuses qualifications ressortent comme un atout et vous évitent d'être rejeté(e) dès le stade de la candidature écrite.

Se mettre à la place du recruteur

Après avoir intégré les craintes que le recruteur peut avoir vis-à-vis de la surqualification, mettez-vous à sa place et tentez d’anticiper les éventuelles craintes que votre profil pourrait évoquer. De façon générale, adaptez votre candidature en anticipant et rassurant le recruteur.

Soigner sa candidature écrite en restant honnête

Un CV attractif vous permet de décrocher l’entretien et l’entretien le poste. Vous n’êtes pas obligé de tout mettre sur votre CV, surtout si vous avez de nombreuses années derrière vous. Mais il est essentiel d’assumer vos choix. N’enlevez donc pas de ligne de votre CV dans le but de paraître moins qualifié. En revanche, une bonne approche peut être de rédiger un CV fonctionnel et non chronologique. Plus dynamique, il mettra en avant vos compétences et expériences directement liées au poste.

Dans votre lettre de motivation, préférez parler de spécialisation pour combattre l’idée d’une apparente régression. Concentrez-vous sur le poste proposé et les compétences pour l’exercer. Par exemple, si vous aviez un poste où vous managiez des équipes, concentrez-vous sur l’aspect opérationnel de celui-ci et n'évoquez que brièvement vos compétences managériales. 

Insister sur votre valeur ajoutée

Prenez bien soin d’identifier les atouts supplémentaires que les autres candidats sont peu susceptibles d'avoir. N’ayez surtout pas l’air désespéré, pour que le recruteur n’ait pas l’impression que vous demandiez ce job par dépit. Par exemple, votre expérience passée vous a apporté :

  • la capacité de gérer des situations critiques et de communiquer efficacement,
  • résistance au stress,
  • autonomie,
  • sens des responsabilités,
  • facilité à apprendre,
  • une spécialisation dans un domaine particulier.

Insistez donc sur les avantages que l’entreprise aura à vous choisir : il vous faudra moins de temps pour être opérationnel, vous savez comment motiver les autres collaborateurs, vous êtes apte à développer un nouveau business rapidement …

4 conseils pour réussir son entretien

Que ce soit une réelle crainte du recruteur ou un moyen de déstabiliser le candidat et de challenger sa motivation réelle pour le poste, voici quelques conseils pour écarter la problématique de la surqualification lors de l’entretien.

Montrer votre motivation et votre stabilité

Le recruteur cherche un profil qui restera en poste sur le long terme et a besoin d’être rassuré sur la motivation et la stabilité du candidat. Un départ prématuré du candidat ruinera le process de recrutement long et couteux. Une évolution trop rapide dans la prise des fonctions risque d’entrainer la démotivation d’un candidat qui se sent frustré dans un poste sous-dimensionné. Ce dernier sera alors difficile à licencier.

Pour y remédier : mettez en valeur votre loyauté ! Si vous avez travaillé longtemps pour le même employeur, mentionnez-le.

Dresser des objectifs clairs

Il faut démontrer que le fait de revenir à un poste moins qualifié correspond à un projet réfléchi et cohérent. Et que ce n’est en aucun cas une solution temporaire en attendant de trouver mieux. Pour convaincre que ce "déclassement" est un souhait d’évolution, vous pouvez par exemple expliquer que :

  • vous avez accepté certains postes pour une évolution de carrière mais vous vous recentrer enfin sur ce que vous aimez vraiment,
  • vous acceptez un salaire plus bas pour vous concentrer sur ce que vous aimez vraiment,
  • ce nouveau poste présente certes moins de responsabilités mais il se situe dans un grand groupe avec d’excellentes perspectives d’évolution à long terme ou un salaire intéressant,
  • vous portez un intérêt particulier à l’entreprise, ses valeurs, son mode de fonctionnement,
  • vous n’êtes plus intéressé par le train de vie d’un emploi aux défis multiples (stress, gros horaires…), il en découle une véritable volonté d’un rythme de travail moins soutenu,
  • vous avez des impératifs de santé,
  • vous avez de nouvelles priorités familiales ou personnelles,
  • vous souhaitez changer de secteur, vous réorienter,
  • vous souhaitez acquérir de nouvelles compétences pour progresser plus tard dans votre carrière.

Faire attention aux questions sur les promotions et la rémunération

Ne pas faire peur au recruteur relève d’une question d’équilibre. Évitez de poser trop de questions concernant les promotions et de vous attarder trop longtemps sur la négociation de la rémunération. Dans tous les cas, attendez que celui-ci vous en parle en premier. Concernant la rémunération, proposez une fourchette adaptée au poste et non pas à vos qualifications.

Être convaincu de votre discours

C’est surement le plus simple et le plus important : si vous y allez à reculons, ou que votre parcours n’est pas clair dans votre tête, le recruteur le sentira. La surqualification sera alors une bonne excuse pour vous évincer.

Si malgré tout, le recruteur vous dit que vous êtes trop qualifié pour le poste : demandez-lui un feedback oral ou écrit. Est-ce un manque de confiance ? Avez-vous trop mis en avant vos ambitions et qualifications ? Et n’oubliez pas, la plupart du temps l’évocation de la « surqualification » n’est pas une excuse facile pondue par le recruteur, cela vaut le coup de creuser pour ne pas tomber dans le même écueil lors des prochaines candidatures.


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