Travailler en couple, l'histoire de Marine et Alexandre co-fondateurs de l'Impertinente

  • Philippine Sander Philippine Sander
  • Publié il y a 9 mois
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Travailler en couple, l'histoire de Marine et Alexandre co-fondateurs de l'Impertinente

  • Philippine Sander Philippine Sander
  • Publié il y a 9 mois

Alexandre et Marine sont en couple depuis un an et demi lorsque Marine décide de lâcher son travail pour ouvrir son salon de thé, l’Impertinente. Le succès est tel que le couple lillois s’associe à l’improviste et devient un duo de choc pour répondre à la demande et satisfaire leurs clients. En deux ans, ils sont passés de ce qui aurait dû être un petit projet d'encas salés pour la clientèle du coin à un salon de thé ultra populaire où l’on vient aussi bien avec sa bande de potes que sa grand-mère. Dans leur salon de thé / épicerie locale / Poney Club, le second degré ne manque pas et le “gâtal”, confectionné avec passion, est roi. Aujourd’hui, ils affichent « complet » dès l’ouverture et réfléchissent à des projets de développement.

Quel est votre parcours ?

Marine : J’ai fait des études de designer industriel. J’ai un peu travaillé dans ce domaine-là avant de changer pour faire de l’immobilier, puis on a lancé l’Impertinente en 2015.

Alexandre : J’ai fait une école de commerce, en sortant j’ai créé une boite de communication politique et d’entreprise. Aujourd’hui, je jongle entre les deux activités, ma boite et l’Impertinente.

Qui a eu l’idée de l’Impertinente ?

M : C’est mon idée au départ. J’ai passé 9 mois à monter le projet quasiment toute seule mais Alex était là pour m’accompagner et m’aider sur la partie financière, parce qu’être deux nous permettait d’avoir plus de poids auprès des banques. J’avais 24 piges et aucune expérience dans la restauration alors que lui gérait déjà une entreprise depuis 10 ans.

J’ai passé 9 mois à monter le projet quasiment toute seule mais Alex était là pour m’accompagner et m’aider sur la partie financière.

À quel moment es-tu intervenu, Alexandre ?

A : Je suis rentré dans le projet trois mois après l’ouverture, car ce n’était plus tenable pour Marine puisqu’on a été complètement pris de cours par la demande. Du coup, il a fallu s’adapter tout de suite.

Comment ont réagi vos familles et amis quand vous leur avez dit que vous alliez travailler ensemble ?

M : Tout le monde a eu la même réaction : «  attendez, c’est complètement bête, vous vous entendez super bien, n’allez pas tout gâcher, vous allez vous séparer tout de suite ».

Et vous, comment avez-vous assuré l’association ?

M : Quand j’ai quitté mon poste précédent, on était ensemble depuis un an et demi. Il fallait se mettre d’accord dans le couple et accepter que du jour au lendemain je ne gagnerai plus d’argent, et donc qu’Alex allait peut-être devoir m’assumer un certain temps. Par chance, ça n’a pas été le cas, mais c’était aussi un risque à prendre.

A : L’idée a toujours été de ne pas être à deux sur le même projet à 100%. C’est plus sain de mettre les oeufs dans différents paniers, donc je n’allais pas arrêter mon métier. Je trouvais périlleux aussi bien pour l’entreprise, pour le couple et pour les finances qu’on lance un projet sans visibilité et sans rien y connaitre et qu’on doive en plus se verser deux salaires. Et si ça ne marchait pas, j’avais mon activité et Marine retrouverait un travail classique.

L'Impertinente, Lille

Comment avez-vous vécu cette première année à travailler ensemble ?

M : Pendant plus d’un an, on a travaillé dans la cuisine, tous les deux à trois centimètres l’un de l’autre, pendant six heures d’affilée avec un débit à gérer. La cuisine fait 1m30 sur 3 mètres, elle est ouverte au public et on devait tenir à 4 ou 5 dedans. On est dans une proximité qu’on ne peut pas éviter ! Du coup, la moindre chose est exacerbée. Donc le soir on rentrait, on se faisait la gueule, car on avait été infects l’un avec l’autre ! Heureusement, la situation a évolué d’elle-même car on s’est entouré de vrais pros et on s’occupe aujourd’hui davantage du développement et de la gestion quotidienne.

Pendant plus d’un an, on a travaillé dans la cuisine, tous les deux à trois centimètres l’un de l’autre, pendant six heures d’affilée... On a été infects l’un avec l’autre ! 

Est-ce que vous vous êtes fixés des règles pour bien bosser ?

A : On a globalement un sale caractère tous les deux donc la seule règle qu’on s’est fixée c’est de ne plus travailler en même temps sur le même poste. De toute façon, il n’y aurait pas de plus-value à le faire car nos compétences ne sont pas les mêmes. Aujourd’hui, on n’est jamais là en même temps, on est chacun sur un domaine, on essaie de ne pas trop se croiser pour ne pas vraiment être collègues.

Une règle qui a été compliquée à tenir ?

A : Celle du “dès qu’on est à la maison on n’en parle plus”. Pour couper ça peut être compliqué. Donc au fur et à mesure, on apprend à prendre du recul, à essayer de ne pas parler de ça dès le petit dej’ ou dans le lit. Mais globalement une boite, ça ne vous quitte jamais l’esprit.

Aujourd’hui, on n’est jamais là en même temps, on est chacun sur un domaine, on essaie de ne pas trop se croiser pour ne pas être collègues.

Comment vous vous répartissez les rôles ?

A : Marine s’occupe de la partie gestion quotidienne de l’équipe, de l’accompagnement, la création de recettes, la déco’, le côté créatif de l’ensemble du concept. Et moi je m’occupe plutôt des coulisses, de la compta, la gestion et de la communication. On définit ensemble où on veut aller et ensuite Marine s’arrange pour qu’on y aille avec notre équipe.

M : Alex dit toujours que son travail c’est de faire venir les gens, le mien c’est de les faire revenir.

Se compléter, c’est la clé selon vous ?

A : Oui, c’est très compliqué de travailler avec quelqu’un qui a les mêmes compétences que soi car on se retrouve forcément à se comparer. Là on apporte tous les deux des idées, on est pro dans notre partie. Il n’y a pas de compet’ qui s’installe et on n’apprend pas son métier à son partenaire. À mon grand dam, Marine ne lit quasiment jamais ce que je mets sur Facebook !

M : À nous deux, on peut gérer toutes les parties de la gestion d’une entreprise. Tout est fait en interne, de la création des recettes à celle des packagings en passant par la communication ou la création de produits dérivés. Dans une association, je pense aussi qu’il ne faut surtout pas qu’il y en ait un qui fasse toutes les tâches essentielles et l’autre celles qui sont secondaires.

L'Impertinente, Lille

Quels sont les avantages de bosser en couple selon vous ?

M : À deux, on se pose plus facilement les bonnes questions. Dans notre métier, il faut être très réactifs par rapport à tout ce qu’il se passe autour, tout le temps. Tout seul, c’est difficile de prendre du recul sur son propre travail. Si on se fait des remarques, ce n’est pas mal intentionné, c’est pour mieux avancer. Quand il y a un truc en lequel l’autre ne croit pas forcément, on ne le prend pas à la légère.

À deux, on se pose plus facilement les bonnes questions... Tout seul, c’est difficile de prendre du recul sur son propre travail.

En quoi votre association est-elle bénéfique au salon de thé ?

A : Notre réussite vient surement du fait qu’on a une vision d’entrepreneurs. On gère une entreprise avant de gérer un salon de thé. On a appris à s’entourer, à faire confiance, à déléguer et donc à lâcher du lest pour toujours garder du recul sur ce qu’on fait. Dès le début du projet, il a été question d’univers, de valeurs, de concept. On partage beaucoup sur les réseaux sociaux, on montre les coulisses, on partage notre aventure. L’idée, c’est de ne pas uniquement venir manger un gâteau, c’est de vivre une expérience.

M : J’ai vraiment pensé l’Impertinente comme un projet de design industriel. Dans mes expériences d’avant, j’avais appris à être jusqu’au boutiste, de vraiment tout voir jusque dans le moindre détail. Que ce soit la déco’, le choix des matériaux, les noms de boissons, la décoration des gâteaux, l’accueil et de la musique : tout est pensé pour que ce soit cohérent et pour faire plaisir aux gens.

Marine et Alexandre, co-fondateurs de l'Impertinente, Lille

Vous avez une comm’ proche des gens et vous mettez en avant le fait d’être en couple dans la vraie vie. Ça fonctionne ?

A : On met nos têtes sur Facebook tous les trois jours donc forcément les gens nous reconnaissent… mais on ne pensait pas que ça allait prendre une telle ampleur. Ça nous a pris de court. On a appris à vivre avec, c’est toujours ultra bienveillant et ça fait toujours plaisir d’échanger avec des gens si différents, même à l’extérieur du salon de thé.

On pense que ce que les gens apprécient, c’est le fait qu’ils voient un couple ordinaire, qui vit une aventure extraordinaire.

Que pensez-vous que les gens aiment dans votre histoire et votre association ?

A : On pense que ce que les gens apprécient, c’est le fait qu’ils voient un couple ordinaire, qui vit une aventure extraordinaire. On a commencé avec rien, on fait marrer les gens et on bosse comme des acharnés, même si ça a l’air simple et (uniquement) fun sur les réseaux.

Avez-vous un conseil à donner pour ceux qui se lancent ?

M : On a la chance d’avoir un couple dans lequel le seul sujet de dispute, c’est l’entreprise. Du coup, ça permet de ne pas mélanger le perso et le pro. Il y a des gens qui travaillent ensemble qui arrivent au bureau en s’étant disputé la veille. Nous ce n’est pas le cas. Finalement, notre relation n’a aucune incidence sur l'entreprise. Notre seul conseil est d’être sincère avec soi-même : à quoi est-on prêt à renoncer pour réaliser son rêve ? À sa tranquillité d’esprit ? À ses jours de repos ? À un salaire stable et/ou élevé ? Travailler en couple est une bonne chose tant que les rôles sont distincts et complémentaires. Et si on le sent au fond de soi, il faut foncer : on a qu’une vie, après tout !

Travailler en couple est une bonne chose tant que les rôles sont distincts et complémentaires. 

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Photo by L'Impertinente 

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