Interview | Nicolas Bergerault, Fondateur de L'atelier des Chefs

  • February 25, 2016

« Opérations spéciales », prévient l’inscription sur la porte de la salle où Nicolas Bergerault nous reçoit tout sourire à L’atelier des Chefs (rue Guillaume Tell à Paris). Il décrypte les trois raisons qui l’ont amené à créer l’entreprise en 2004.

« Mon fil rouge de vie, c’est la cuisine »

Nicolas Bergerault est tombé dans la marmite quand il était petit. Enfant, il traîne dans les jupons de sa mère, l’observe cuisiner et maîtrise rapidement l’art des crêpes. A quatorze ans, il souhaite suivre des études d’hôtellerie mais son père le pousse à choisir une orientation plus sûre et après deux ans de classe préparatoire, il intègre HEC où il participe au concours de cuisine des grandes écoles.

A la fin de ses études, il cherche à renouer avec le secteur culinaire mais aucune offre ne l’attire et il entre finalement chez L’Oréal en tant que chef de produit. Puis il est chassé par Nestlé, qui lui propose le poste de chef de groupe sur une gamme de yaourt. Nicolas Bergerault refuse, lui préférant la filière « Nestlé Food Services ». La chasseuse de tête, étonnée de son engouement pour un secteur qui plaît rarement aux diplômés de grande école, lui trouve un poste quelques heures plus tard.

« A Dubaï, j’ai compris que j’avais le potentiel pour diriger une entreprise »

Après avoir fait ses preuves pendant trois ans en France, il part diriger la filiale Nestlé Food Services à Dubaï. Elle ne pèse alors que 1,5 millions de dollars et Nicolas Bergerault a l’impression de diriger une PME. L’expérience managériale lui plaît, il gagne en responsabilités et part à Toronto, dans une filiale qui rapporte cette fois plus de 130 millions de dollars par an au Groupe. Sa carrière chez Nestlé semble toute tracée et sa famille part le rejoindre au Canada. Trois jours avant la naissance de son quatrième enfant, le virus de la cuisine le frappe à nouveau et Nicolas Bergerault part en quête de livres de cuisine locale. Il tombe alors sur « The Cookbook store », une mini-boutique qui propose des livres culinaires. En plein mois de décembre, elle offre aussi au client la possibilité de goûter un plat local, qui bouillonne dans une marmite au centre du magasin. Si le met leur plaît, le livre de recette est disponible sur place. Pour Nicolas Bergerault, c’est le déclic. Il sort de la boutique avec la ferme volonté de monter une entreprise où les clients peuvent tester les livres et les ustensiles de cuisine avant de les acheter.

« L’envie d’entrepreneuriat ne suffit pas. Il faut avoir une idée »

Il s’associe alors à son frère François, de huit ans son cadet, pour monter le business plan avant de réaliser que le concept associant vente de livres et dégustation des plats existe déjà ailleurs, chez Alice Délice ou du Bruit dans la Cuisine. Cet échec ne lui fait pas baisser les bras pour autant et il décide de proposer une offre plus différenciante : des cours de cuisine de trente minutes, avec une recette de plats assez simple. « La transmission du savoir culinaire, jadis assez linéaire de mère en fille, s’est effondrée. L’atelier des Chefs réapprend la cuisine ». Le premier atelier ouvre le 12 juillet 2004. Aux fourneaux, Jean-Sébastien Bompoil, le premier chef recruté par les frères Bergerault, rapidement devenu associé co-fondateur et responsable du développement de l’entreprise. Aujourd’hui, il existe 16 ateliers, dont 2 à Londres et un à Dubaï.

Alors heureux, Nicolas Bergerault ?

« Je travaille dans mon secteur de prédilection, la nourriture, donc je suis ravi ». Un seul bémol : « à faire de sa passion son métier, je n’ai plus de hobby extra-professionnel ». Le vélo peut-être…

Photo by WTTJ @Deezer

Pierre-Gaël Pasquiou

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