Étudiants, 7 clichés à ne pas écouter quand on cherche sa voie

  • May 7, 2019

Un de mes anciens professeurs au lycée pensait faire de l’esprit en nous assénant que la FAC était une Fabrique À Chômeurs… Bien que la scène se soit passée il y a dix ans, certaines personnes ont encore cette image négative de l’université en France. Les clichés ont la peau dure ! Méfiez-vous des ouï-dire très réducteurs et vieillissants qu’on a tous déjà entendus. Welcome to the Jungle démonte quelques fameux préjugés sur les secteurs et les filières pour que vous ayez toutes les (bonnes) cartes en main dans la quête de votre voie.

1 - Les sciences, l’informatique, l’ingénierie… ne sont pas faites pour les femmes

D’où vient ce cliché ?

Si les clichés sur les filières scientifiques et plus techniques destinées aux hommes perdurent, c’est bien parce qu’ils sont sur-représentés dans ces secteurs. Ainsi, dans le milieu informatique et numérique, 30% des effectifs sont des femmes (selon Pôle Emploi), de même pour le milieu de la Recherche & Développement. Le secteur privé est par ailleurs plus en peine que le public.

Comment nuancer cette idée reçue ?

Le clivage démarre très tôt dans l’éducation, où garçons et filles grandissent inconsciemment dans un monde basé sur les stéréotypes de genre. Instinctivement, ils ne se dirigent pas vers les mêmes métiers ni les mêmes domaines… Il n’est donc absolument pas question de compétences différentes selon le genre, mais bien d’une question d’éducation.

Heureusement, les choses évoluent : écoles, institutions, pouvoirs publics redoublent d’effort pour attirer les femmes vers les voies scientifiques et augmenter la mixité de leurs filières. Par exemple, le programme Femmes du Numérique, du syndicat professionnel Syntec Numérique, consiste en des actions de sensibilisation des métiers du numérique auprès des jeunes -entre autres. C’est le cas de la Route des Femmes du numérique : il s’agit d’interventions dans les écoles et les lycées en région, des forums, des journées thématiques, etc. Autre exemple : l’association Femmes Ingénieurs, promeut les filières scientifiques auprès des jeunes femmes, notamment à travers le lobbying auprès des pouvoirs publics.

Un peu d’histoire : avant 1919, les femmes n’étaient pas autorisées à étudier en école d’ingénieur. Ce sont l’École supérieure d’électricité (Supélec) et l’École supérieure de chimie de Paris qui leur ont ouvert leurs portes. Cependant, la plupart des établissements d’enseignement supérieur n’ont rendu leurs cours mixtes seulement que dans les années 1970 !

2 - L’université, la voie des fainéants ?

D’où vient ce cliché ?

Tout simplement à cause du fossé entre scolarité dans le secondaire et université. Le fonctionnement de cette dernière est aux antipodes du cadre lycéen. Les cours se déroulent dans des amphithéâtres où la présence n’est pas vérifiée, les horaires changent d’une semaine à l’autre et le volume des cours varie grandement, selon les filières. Enfin, d’après une note ministérielle de 2017, 1 étudiant sur 3 abandonne ses études en cours de première année de licence universitaire, ce qui renforce le préjugé de l’étudiant fainéant.

Comment nuancer cette idée reçue ?

La transition du lycée à l’université amène avec elle l’autonomie et la responsabilisation. Certes, la présence en cours magistral n’est pas obligatoire (il n’y pas d’appel), l’étudiant doit donc redoubler d’assiduité pour réussir ses semestres et apprendre à se responsabiliser.

Même si certaines voies (comme la philosophie) proposent peu d’heures de cours, il ne faut pas se fier aux apparences. Ces études demandent une grande quantité de travail personnel (lectures, conférences, travaux d’écriture, etc).

Si on veut par ailleurs être précis, seul 1% des sondés désorientés avoue avoir choisi l’université en raison de la rumeur selon laquelle il y aurait peu d’heures de cours… Donc seul 1% d’étudiants à la fac serait potentiellement paresseux !

3 - L’industrie se résume à l’automobile ou la mécanique

D’où vient ce cliché ?

Historiquement, la révolution industrielle française datant du XIXe siècle bouleverse notre société alors dominée par l’agriculture et l’artisanat. Cette transformation est portée par le boom ferroviaire des années 1840, et même si elle affecte progressivement tous les secteurs de l’emploi (politique, société, économie, droit…), cette image persiste.

Comment nuancer cette idée reçue ?

L’industrie française ne peut être abordée au singulier : il existe pas moins de 30 filières industrielles dont l’agroalimentaire, le luxe, les technologies, la chimie, la pharmacie, l’aéronautique, etc. Et pas seulement les premiers domaines qui nous viennent à l’esprit, à savoir l’automobile, la mécanique, le BTP, ou encore le ferroviaire.

Mis à part les secteurs industriels extrêmement divers et variés, les métiers le sont également ! Il y en a pour tous les goûts, les embauches se faisant du CAP au Bac+5. L’innovation constante dans le milieu de l’industrie amène aussi les salariés à évoluer avec leur temps, à continuer de se former donc et de monter en compétences.

Enfin, le cliché issu de l’époque Charlie Chaplin et Les Temps modernes alliant industrie et travail répétitif à l’usine, est aujourd’hui impertinent. Selon une enquête RegionsJob/HAYS (2016), sur les 260 000 entreprises industrielles, 90% sont des PME/TPE.

4 - Il faut être un artiste pour faire du graphisme ou de la publicité

D’où vient ce cliché ?

Forcément, qui dit graphisme ou publicité, dit arts visuels : dessins, productions audiovisuelles, motion design, webdesign… et qui dit art, dit artiste. Dans l’inconscient collectif, le domaine de l’art est nécessairement associé au don, à l’inné.

Comment nuancer cette idée reçue ?

Cette idée reçue est très commune mais elle est subtile : le domaine du graphisme et celui de la publicité ne requièrent en aucun cas d’être un artiste, d’avoir un quelconque don. Bien que les voies traditionnelles sont les écoles d’arts appliqués ou de beaux-arts pour le premier, et d’une école de publicité ou de commerce pour le second, il faut une sensibilité artistique, doublée d’une technique qui est justement étudiée en cours.

Un graphiste ou un publicitaire ont une approche commerciale de l’art : ils se basent sur un brief commercial, suivent un processus créatif, analysent les tendances du passé et du présent, puis appliquent des codes bien précis pour satisfaire leur client. Tout le contraire d’un artiste qui s’exprime à travers son art, et le vend tel qu’il est, à qui sera conquis.

5 - Le droit c’est que du « par-cœur »

D’où vient ce cliché ?

Le droit étant un domaine complexe et précis, il donne souvent l’impression qu’il faut connaître par-cœur ses cours et le code Civil (tous les codes d’ailleurs…). La pop culture a grandement soutenu cette idée reçue à force de films et de séries où les protagonistes, souvent avocats ou juges, semblent être surdoués et possédant une connaissance fine des textes de loi.

Comment nuancer cette idée reçue ?

Ce cliché ne fait pourtant pas sens : comme dans toutes les études supérieures, il est important de connaître son cours pour réussir - mais avant tout, de le comprendre. Pas la peine d’apprendre le code Civil à la virgule près ; les articles les plus souvent utilisés lors de travaux écrits seront retenus, deviendront des automatismes.

Ce qui prévaut en droit c’est la méthode, qui n’est autre que l’application d’un raisonnement logique. Néanmoins, avoir une bonne mémoire sera très certainement un atout non négligeable.

6 - Les grandes écoles sont élitistes

D’où vient ce cliché ?

Ce n’est pas une surprise : les écoles privées sont plus onéreuses que l’enseignement public - et ce pour de nombreuses raisons valides (différences de cadre, diplômes, opportunités de stages, matériel, locaux…). De plus, l’accès se fait souvent sur concours et sur dossier. Ces faits peuvent rendre les grandes écoles élitistes puisque, à priori, seuls les étudiants les plus riches et aux parcours scolaires excellents et sans accrocs auraient une chance de suivre ces études supérieures.

Comment nuancer cette idée reçue ?

Même si le coût des études en école supérieure est conséquent, notamment par rapport à l’université, elles se sont démocratisées avec le temps : il est possible d’obtenir une bourse d’études (privée : via une fondation par exemple, ou publique : le Crous), de payer en plusieurs fois, de réaliser un prêt étudiantetc. De plus, la plupart des écoles proposent un conseil au financement des études : en cas de difficultés de paiement, l’étudiant et ses parents sont accompagnés pour trouver la meilleure solution pour financer ces études. De plus en plus d’écoles proposent des bourses au mérite ou sur critères sociaux.

Aussi, que vous soyez tout juste bachelier, de niveau Bac+2 (DUT, BTS…) ou Bac+3 (licence), il n’y a pas de discrimination à l’entrée : souvent, il suffit d’avoir un bon dossier scolaire et de réussir le concours d’entrée.

Enfin, il est également possible d’envisager l’admission parallèle qui permet d’intégrer une école de commerce en cours de route après un BTS, un DUT ou encore une licence et donc économiser les frais de deux, voire trois, années d’études. Les opportunités sont donc ouvertes, stop à l’auto-censure !

7 - Les fonctionnaires sont des bureaucrates

D’où vient ce cliché ?

La définition du bureaucrate est la suivante : “pouvoir politique des bureaux ; influence abusive de l’Administration”. L’image du fonctionnaire assis derrière son bureau ayant les pleins pouvoirs a été déformée à cause, très certainement, de la représentation que l’on fait de l’Administration française. Rigoureuse, procédurière et très codifiée, certaines démarches sont complexes et on peut penser constamment recevoir des bâtons dans les roues…

Comment nuancer cette idée reçue ?

Qui dit bureau dit travail de desk, tout simplement. La fonction publique ne devrait pas être sans arrêt assimilée et réduite aux secrétariats des instances publiques (caisse d’assurance maladie, Pôle Emploi…), où les interlocuteurs ne font qu’appliquer la loi et faire leur boulot, en somme.

Aussi, tout comme l’industrie, la fonction publique regorge de métiers différents : les enseignant(e)s, infirmer(e)s, pompiers, gardien(ne)s de prison… sont aussi des fonctionnaires d’Etat, et passent pourtant leur journée sur le terrain, pour l’intérêt général.

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Photos by WTTJ

Marianne Shehadeh

Créatrice de contenus @ Point Virgule

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