Les fautes d’orthographe peuvent-elles nuire à notre carrière ?

  • June 4, 2019

Au quotidien, l’écrit est partout : SMS, e-mails, tweets, statuts Facebook, commentaires en ligne… On écrit tous les jours. Pourtant, malgré cet entraînement quotidien, il semble que nous ne soyons pas devenus meilleurs en orthographe, bien au contraire. Partout, les fautes se banalisent. Pourtant, elles peuvent avoir un impact très néfaste sur votre crédibilité professionnelle.

Quelle image vos fautes donnent-elles de vous ? Quelles conséquences ont-elles sur votre carrière ? Mais surtout, comment améliorer votre niveau d’écriture si vous êtes décidément fâché avec la grammaire et la conjugaison ?

L’orthographe en France, où en est-on ?

C’est un fait, le niveau général d’orthographe baisse en France depuis de nombreuses années. Pour s’en convaincre, il suffit de s’intéresser à la dictée des 30 ans du ministère de l’Éducation nationale. Cette dictée a été soumise à des élèves de CM2 à plusieurs années d’intervalle : 1987, 2007 et 2015. Le constat est sans appel, le nombre moyen de fautes est passé de 10,6 en 1987 à près de 18 en 2015. D’un point de vue professionnel, le constat est tout aussi alarmant. Selon les résultats du baromètre Voltaire 2015 (édité par le Projet Voltaire), les Français maîtrisaient 51 % des règles grammaticales et lexicales en 2010, contre 45 % en 2015. Dans le cadre professionnel, ils ne maîtrisent que 54 % de ces mêmes règles.

Pourquoi une telle baisse ?

Comment expliquer une telle baisse alors que l’écrit n’a jamais été aussi important dans notre vie quotidienne ? En entreprise, notamment, tout passe désormais par l’écrit, ce qui n’était pas le cas avant Internet. Même les appels téléphoniques ou les réunions font l’objet de comptes-rendus écrits car on veut avoir des traces de ce qui s’est dit.

De nombreuses raisons peuvent être invoquées pour expliquer ce recul.

  • Le temps d’apprentissage du français à l’école a été réduit au profit d’autres enseignements. Or, la maîtrise de l’orthographe passe par l’apprentissage répétitif des règles.
  • Les correcteurs orthographiques donnent à tort l’impression que la maîtrise de l’orthographe n’est plus indispensable. Pourtant, loin d’être infaillibles, ils ne permettent pas de faire illusion.
  • Le manque de lecture au profit des écrans : d’après le baromètre Voltaire 2018, en lisant plus de cinq livres par an, on maîtrise mieux les règles d’orthographe. Parallèlement, regarder la télévision moins d’une heure par jour permettrait de maîtriser en moyenne 5 % de règles d’orthographe supplémentaires.
  • L’ère de l’instantanéité : avant l’e-mail, on se servait bien plus de l’oral pour communiquer et, quand on écrivait, on prenait le temps de relire avant d’envoyer. Aujourd’hui, l’instantané règne. On envoie des dizaines d’e-mails par jour qu’on ne prend pas toujours le temps de relire.
  • Le langage SMS employé au quotidien pour aller plus vite fait qu’on oublie la véritable orthographe des mots.

Comment vos fautes sont-elles interprétées par ceux qui vous lisent ?

Manque d’intelligence

Certaines fautes sont impardonnables et peuvent donner, parfois à tort, l’impression d’un manque de compétence, voire d’intelligence. Ainsi, maîtriser le pluriel (« ils sont partis » et non « ils sont parti », « mes salutations distinguées » et non « mes salutations distinguée ».), le participe passé (« j’ai trouvé » et non « j’ai trouver ») ou l’accord du verbe (« je vous joins » et non « je vous joint »), est essentiel. D’autres fautes relèvent du bon sens : écrire « je travail pour telle entreprise » au lieu de « je travaille pour telle entreprise » ne veut rien dire.

Manque de rigueur

Bien sûr, on peut connaître les règles de conjugaison et commettre des fautes d’inattention. Mais celles-ci ne sont pas supposées survivre à un exercice de relecture. Si votre e-mail en contient, c’est un signe d’étourderie ou la preuve que vous ne vous êtes pas relu. Or, comment faire confiance à quelqu’un qui manque à ce point de rigueur ?

Manque de crédibilité

À l’heure du digital, on assimile les fautes aux arnaques et autres e-mails frauduleux (qu’on reconnaît souvent à leur faible niveau de français). Envoyer un e-mail commercial contenant des fautes nuira donc à votre crédibilité et à la confiance que l’on aurait pu vous accorder. De la même manière, un site Internet contenant des fautes peut faire fuir ses potentiels clients.

Manque de respect

Écrire à quelqu’un en faisant des fautes d’orthographe ou de syntaxe peut sembler irrespectueux : on pourrait en conclure que vous n’estimez pas suffisamment votre interlocuteur pour faire l’effort de faire relire vos messages avant envoi afin de vous assurer qu’aucune faute n’a été oubliée.

Fautes d’orthographe : quel impact sur votre carrière ?

Parmi ceux qui commettent beaucoup de fautes, certains se réfugient derrière des arguments du type : « C’est pas si grave », « tout le monde fait des fautes », « l’essentiel, c’est le message. » Pourtant, faire des fautes peut sérieusement nuire à votre carrière et à votre crédibilité.

En France tout particulièrement, l’orthographe est un marqueur social fort. Maîtriser l’écriture est un signe d’intelligence, de sérieux et de fiabilité. C’est aussi le signe d’une bonne structuration de la pensée puisque cela montre que l’on a bien assimilé la logique et les règles de sa langue.

On ne fait pas confiance à quelqu’un qui fait des fautes

Une étude intitulée « Maîtrise du français : nouveaux enjeux pour salariés et RH », réalisée par OpinionWay pour Bescherelle, nous apprend que :

  • 92 % des employeurs craignent qu’une mauvaise expression écrite de leurs salariés puisse avoir un impact négatif sur l’image de l’entreprise à l’extérieur ;
  • 52 % des DRH affirment avoir déjà écarté une candidature en raison d’une mauvaise maîtrise du français à l’écrit ;
  • 15 % des employeurs confient que la promotion d’un salarié a pu être freinée en raison d’un mauvais niveau en orthographe.

Une étude menée par l’Ifop en 2016 révèle quant à elle que 17 % des personnes interrogées ont déjà vu leur candidature être refusée pour manque de maîtrise de l’orthographe et que 21 % pensent que leur carrière a été freinée à cause de leur faible niveau à l’écrit.

En phase de recrutement, c’est rédhibitoire

Un CV, un e-mail ou une lettre de candidature sont des documents que vous êtes supposé avoir travaillés, relus, corrigés de nombreuses fois avant envoi. S’ils contiennent des fautes d’orthographe, cela signifie que vous avez été négligent. Si les fautes subsistent malgré une relecture, cela sera interprété comme de l’incompétence. Sans compter que si vous commettez ces fautes en phase de recrutement, vous les ferez également dans le cadre de votre travail ; un risque que votre recruteur ne prendra probablement pas. En bref, dans un contexte concurrentiel, un CV sans faute l’emportera toujours.

Dans vos écrits, vous incarnez votre entreprise

On peut admettre qu’une coquille ou une faute de frappe se glisse dans un e-mail écrit trop rapidement. En revanche, les fautes de grammaire, de conjugaison ou les erreurs de syntaxe ont un impact très négatif sur votre crédibilité et celle de l’entreprise que vous représentez. Car, comment s’en remettre à l’expertise de quelqu’un qui ne sait pas s’exprimer correctement ? D’ailleurs, 88% des gens se disent choqués lorsqu’ils repèrent une faute d’orthographe sur le site d'une entreprise ou institution.

Comment améliorer son niveau d’orthographe ?

Malgré tout, si vous commettez beaucoup de fautes, ne paniquez pas : il n’est jamais trop tard pour y remédier. Certaines habitudes faciles à adopter ou certains exercices peuvent vous permettre de faire des progrès de manière enrichissante et même ludique.

Relisez-vous

Bien des fautes ne résistent pas à un simple exercice de relecture. Avant d’envoyer vos e-mails, de poster vos commentaires ou de mettre en ligne vos contenus, relisez-les attentivement ou faites-les relire par des personnes compétentes car, c’est bien connu, on repère bien plus facilement les fautes des autres que les siennes !

Lisez !

Plus on lit, mieux on écrit, c’est ainsi. En lisant, vous enregistrez inconsciemment l’orthographe irréprochable des textes que vous lisez et vous faites moins de fautes par la suite. L’avantage, c’est que cela fonctionne avec tous les types d’écrits (livres, journaux, blogs, BD, magazines, polars, romans à l’eau de rose ou de science-fiction…) à condition, bien sûr, qu’ils soient exempts de fautes (attention !)

Révisez vos classiques

La plupart des fautes sont commises par méconnaissance des règles de conjugaison, de grammaire et d’orthographe. Pour les réapprendre, vous pouvez vous procurer un Bescherelle ou opter pour sa version numérique, disponible depuis 2018 : l’application Mon coach Bescherelle. D’autres applications permettent également de réviser ses règles de français comme Projet Voltaire, Orthofolie ou encore Frantastique.

Ne désespérez pas !

Si, malgré tous vos efforts, vous ne parvenez pas à vous améliorer, c’est peut-être parce que vous êtes dyslexique ou dysorthographique, comme Anne-Marie Gaignard, auteure et ancienne cancre abonnée au – 40/20 en dictée. Pour elle, le problème des “nuls en orthographe” est avant tout un problème de méthode d’apprentissage. Elle a donc créé sa propre méthode, présentée dans sa collection de livres, « Hugo et les rois ». Dans une interview accordée au Point, elle explique : « J’ai transformé la phrase en conte de fées. Adieu les barbares COI, COD, les conjonctions de subordination… Désormais, il y aurait deux rois au pays de la grammaire. Être, le gentil. Et avoir, le méchant. Et chaque mot devra avoir sa propre histoire. “Accuser” : je mets des menottes, donc deux “c” ; “acquitter” : on m’enlève les menottes, donc je n’en mets qu’un. C’est comme un jeu, finalement. »
Si vous êtes allergique au Bescherelle, pourquoi ne pas adopter cette méthode ?

Dans tous les cas, choisissez la méthode qui vous convient ou vous amuse le plus et corrigez-nous ces fautes que nous ne saurions voir ! Car, si « l’orthographe ne fait pas le génie », comme l’écrivait Stendhal, la mauvaise orthographe, elle, nuira assurément à votre carrière !

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Photo by WTTJ

Cécile Nadaï

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