Les do & don't pour réussir en tant que CTO

  • April 17, 2019

CTO : chief technology officer. En français, directeur technique. Comme son nom l’indique, son métier consiste à veiller sur l’ensemble du développement technique de l’entreprise : le développement d’un site web, d’une application, d’un logiciel… Mais le métier évolue tout le temps et son spectre est vaste ! Les prises de décisions globales d’une entreprise sont souvent influencées par la vision stratégique du CTO puisqu’il englobe à la fois de la technique - très recherchée aujourd’hui - mais aussi beaucoup de management. Nous avons rencontré Francis Nappez, CTO (et co-fondateur avec Frédéric Mazzella et Nicolas Brusson) de BlaBlaCar pour mieux comprendre son périmètre d’action.

DO : bien gérer son temps… et celui des autres

Le premier objectif de Francis Nappez est de savoir bien répartir le temps de l’équipe passé sur une tâche. « Je dois arriver à faire les meilleurs choix possibles en matière de temps pour que l’entreprise avance, qu’elle réponde au mieux à sa mission. Il faut donc bien veiller au temps que passe l’équipe tech sur un sujet. Est-ce bien bénéfique pour l’entreprise ? Pour les clients ? ». L’idée est toujours de gagner du temps : grâce à l’embauche d’un nouveau développeur par exemple ou en faisant le bon tri dans les sujets à traiter. Tout revient à cette question : « est-ce que tu as consacré le bon lapse de temps aux bons sujets ? »

« Je dois arriver à faire les meilleurs choix possibles en matière de temps pour que l’entreprise avance, qu’elle réponde au mieux à sa mission. »

DON’T : vous précipiter pour embaucher

Le recrutement est difficile en ce moment car il y a une pénurie de talents tech’. Il n’y a pas assez de candidats pour tous les postes qui s’ouvrent. Par conséquent, il y a une course au recrutement et une petite pression qui se crée sur le moindre profile tech’ identifié. Dans ce contexte spécifique au secteur technique, Francis Nappez met en garde. Pour lui, quand il y a un doute lorsque vous engagez quelqu’un… c’est souvent mauvais signe. « Suivez vos intuitions, n’embauchez pas pour embaucher. Dès que j’ai eu un doute sur un recrutement, à chaque fois je l’ai regretté. En général ni les compétences ni les qualités humaines n’étaient au rendez-vous » nous confie Francis. Moralité : même s’il y a trop peu de candidats, il faut prendre son temps pour recruter les bonnes personnes.

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DO : motiver les collaborateurs pour mieux innover techniquement

Quand on demande à Francis Nappez de résumer son métier, il répond qu’il « construit la team qui construit la plateforme ».  Bien qu’on ne puisse pas résumer le métier du CTO à du management, il est tout de même transverse à toutes ses missions. On pourrait même parler d’un triple management : « un management de temps, de personnes et de technologie ». Un bon management nourrit l’énergie de l’équipe, c’est un besoin nécessaire, cela motive les collaborateurs. L’utilisateur aussi sera directement impacté si le CTO est un bon leader. Il faut donc redoubler d’inspiration pour motiver les équipes à relever les défis techniques qui vont à grande vitesse. « Aujourd’hui, j’aime accompagner les équipes, les individus, personnellement, c’est à dire arriver à les encourager, à valoriser leur apport technique et humain ».

« J’aime accompagner les équipes, les individus, personnellement, les encourager, valoriser leur apport technique et humain. »

DON’T : zapper les problématiques qui sont au cœur des autres équipes

Le CTO a forcément des domaines de responsabilités mais il est nécessaire d’avoir connaissance de tout ce qui est en cours dans les autres équipes pour être sûr d’aller dans le même sens, de ne pas aller à l’encontre d’autres projets internes. Pour cela, il faut tendre l’oreille et mettre en place des temps d’échanges pour collaborer avec les autres équipes :  « il faut avoir une écoute prioritaire de ce qui est important dans les autres équipes et voir ensuite comment on peut les aider. Notre rôle est très transverse. » Il est également important de passer du temps avec d’autres équipes pour ne pas perdre cette connexion. Francis raconte : « Je suis là pour comprendre leurs problèmes, cela m’intéresse de partager du temps avec eux pour être sûr que les décisions que je vais prendre soient cohérentes avec ce dont ils ont besoin. »

« Il faut avoir une écoute prioritaire de ce qui est important dans les autres équipes et voir comment on peut les aider. Notre rôle est très transverse. »

DO : redoubler de communication

« Les CTO peuvent sous-estimer le besoin de communiquer. Nous avons un côté ingénieur, on peut partir du principe qu’on a dit une chose une fois et que cela suffit. Alors que non ! Il faut redoubler de communication. »La communication, c’est mettre en commun : recevoir la parole de l’autre, l’écouter et composer. Cette écoute confirme que ce que vous êtes en train de faire est bien aligné avec la mission de l’entreprise. « C’est en réunissant les points de vue de différentes personnes que tu arrives à définir où tu souhaites mener ton équipe tech’. » Que ce soit avec le CEO, le board, chaque membre de son équipe et surtout les utilisateurs, la qualité d’écoute est primordiale, c’est du 360°. « L’idée c’est que l’exécution arrive naturellement grâce aux signaux qu’on envoie ou aux priorités que l’on donne. »

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DON’T : passer du temps à construire ce qui existe déjà

Rappelons que dans une entreprise, les projets tech’ pleuvent et l’objectif principal de chaque collaborateur est d’optimiser son temps. L’idée n’est donc pas de construire une solution à tout prix, mais bien de se demander si quelqu’un a déjà résolu ce problème, comment et à quel prix ? Il ne faut pas oublier que d’autres entreprises ont déjà franchi les mêmes étapes que vous, donc n’hésitez pas à vous servir de ce qui a déjà été fait, toujours dans l’optique de bien gérer son temps.*« Les tech’ ont une très forte envie de tout construire eux-mêmes. Parfois, il faut faire confiance à d’autres entités ou services. Notre objectif est de construire seulement ce que d’autres n’arriveront pas à construire à notre place. »

« Les tech’ ont une très forte envie de tout construire eux-mêmes. Parfois, il faut faire confiance à d’autres entités ou services. »

DO : être pragmatique et rester focus

Garder les pieds sur terre est le secret d’un bon CTO. C’est très important de rester concentré sur une seule tâche. Par ailleurs, celle-ci doit être réaliste et réalisable. Francis explique : « certains tech’ construisent des choses incroyables mais ils n’en ont pas besoin, 6 mois plus tard l’entreprise dépose le bilan. » Il faut continuellement se remettre en question pour être sûr de ne pas faire le mauvais choix, de bien cibler les besoins de l’entreprise et de faire passer les bons sujets en priorité. La clé, c’est surtout ne pas lancer 50 projets en parallèle et rester pragmatique.« Il faut comprendre pour quelles raisons on fait ces choix et pourquoi on ne décide de pas faire les autres. »

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DON’T : penser que l’on construit des choses éternelles

« Parfois, on pense que l’on construit des cathédrales. Alors que la vie fait que tout va vite et que certaines créations sont obsolètes quelques mois plus tard. » Les objectifs de la boîte évoluent, les technologies changent, les consommateurs mûrissent, le CTO doit donc toujours s’adapter… N’oubliez pas, une fois de plus de répondre à des besoins “réels” et de vous poser cette question : « comment proposer la meilleure solution dans un temps restreint pour que l’impact soit le plus fort possible sur l’entreprise et les clients ? » L’important dans la construction reste d’apprendre de ce que l’on fait pour faire mieux la prochaine fois, sur le plan technique évidemment mais aussi pour améliorer l’expérience client.

« Parfois, on pense que l’on construit des cathédrales. Alors que la vie fait que tout va vite et que certaines créations sont obsolètes quelques mois plus tard. »

DO : parler de problème et non de solution

« Parler des solutions est une mauvaise chose. On devrait parler de problèmes. » Pour un problème déterminé, le CTO et ses équipes sont sans cesse confrontés à des milliers de solutions possibles mais pour arriver à choisir, il faut revenir au problème fondamental et l’étudier en profondeur. Que veut-on changer pour que cela aille mieux ? « La réflexion et la théorisation sont inspirantes mais il faut veiller, en priorité, à “mettre les mains dans le cambouis”, dans le concret. Ce sont les équipes qui m’aident à trouver les problèmes, elles me nourrissent en informations. Puis, quand on trouve un problème, on essaye de le qualifier, de prendre de la hauteur pour le résoudre. » Plus vous serez focus sur le problème à régler, mieux vous trouverez la solution.

DON’T : être rigide sur ses missions

Dans une petite entreprise, le CTO peut être très opérationnel, très contributeur et moins manager. En revanche, quand l’entreprise dépasse la vingtaine de personnes, il faut être plus organisé et pédagogue. Il faut passer davantage de temps à transmettre et expliquer pourquoi on fait faire certaines tâches au reste de l’équipe. En fonction des différentes phases de l’entreprise, il y a différents rôles chez le CTO qui apparaissent. « Tu passes d’un rôle de “doer” à un rôle de “leader”, tu dois prendre des décisions et les communiquer. » prévient Francis. « L’équipe qui est derrière doit comprendre pourquoi elle est en train de travailler, quelle est la la mission qu’elle est en train de réaliser, le reste viendra facilement ! »

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Photo by WTTJ

Philippine Sander

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