Est-ce vraiment la fin du métier de trader ?

  • February 16, 2018

Le métier de trader a depuis longtemps été au centre de légendes, de mythes, de films et d’histoires extraordinaires. Entre des créations de fortunes impressionnantes, des rythmes de travail hyper-soutenus et des facultés de calcul ultra-rapides, le trader a toujours été entouré d’une certaine dose de mystère.

Parmi les nouvelles légendes qui circulent autour de ce métier, l'une d'entre elle est de plus en plus insistante : est-ce la fin de ce métier ? Les algorithmes ont-ils définitivement tué la négociation d’actions, de taux ou de produits dérivés par des êtres humains ? Quelle est la stratégie des banques d’investissement sur ce sujet stratégique ? Voici une plongée dans les salles de marché pour comprendre les évolutions du trading.

Quelles sont les missions d’un trader ?

Plusieurs types de traders se côtoient au sein des banques d’investissement. Des traders gèrent des positions sur un portefeuille qui peut être composé de produits relatifs aux devises ou aux taux ou aux actions d’entreprises par exemple. La mission principale d’un trader est de faire croître la valeur de son portefeuille en achetant des produits à un bon prix et en les revendant plus chers. Ce métier nécessite du sang-froid, une connaissance profonde des sous-jacents du marché financier (macro et micro-économie) ainsi qu’une rapidité de calcul et d’exécution.

Ces caractéristiques, aussi précieuses et rares soient-elles, peuvent être en partie assumées par des algorithmes prenant en compte l’analyse des mouvements d’un produit, la volatilité du marché ainsi qu’une multitude d’autres indices donnant des informations clés pour anticiper l’évolution du marché. Ces algorithmes sont appelés le trading électronique.

Quels sont les chiffres actuels du trading électronique ?

Le trading électronique consiste à substituer des traders négociant des valeurs auprès de différents brokers par des algorithmes qui achètent et vendent de manière automatisée les différents produits. Aujourd’hui, entre 60% et 80% des transactions quotidiennes se déroulant sur les marchés financiers seraient automatisées. Et la trajectoire n’est pas prête de s’inverser. Sur les produits liquides comme les dérivés listés par exemple, on estime à 90% le nombre de transactions traitées d’ici 2020. Autant dire que le métier de trader a très fortement changé et se concentre aujourd’hui sur des classes d’actifs assez peu liquides.

Le trader fixed income, le métier le plus « informatisable »

Le trader fixed income (produits de taux et de change) est le profil le plus menacé des traders. Au cours des dernières années, des banques françaises majeures telles que la BNP Paribas ou la Société Générale ont pris la décision de supprimer quelques centaines de postes de trader fixed income. Cette décision fait suite à celles déjà prises par les grandes banques d’investissement comme Morgan Stanley ou Goldman Sachs par exemple. Cette dernière avait surpris le marché en annonçant, de la voix de son responsable de la tech, la suppression de près de 600 traders entre 2012 et 2017.

Quels sont les sous-jacents de cette tendance ?

Outre les progrès incroyables réalisés sur l’automatisation des opérations et la prédiction efficace des risques, le réel sous-jacent de cette tendance est d’ordre financier. En effet, les traders figurent généralement dans les métiers les mieux payés des banques d’investissement. On estime à près de 40%, la masse salariale des équipes de front-office des banques d’investissement, sur la masse salariale globale de ces établissements.

Les banques, pressurisées par les ratios financiers à respecter depuis le comité de Bâle 3, signé en en 2010, et par des fortes exigences de rentabilité sont à la recherche d’optimisation des coûts. La rémunération moyenne d’un trader est estimée autour de 600 K$ selon le cabinet Emolument. Pour un ingénieur informatique de très bon niveau, les banques d’investissement peuvent réaliser une économie de presque cinq fois le salaire moyen. L’optimisation est donc forcément étudiée dans les différentes stratégies de ces établissements.

Peut-on passer au trading 100% électronique à court terme ?

Même s’il présente de vrais arguments intéressants pour les établissements bancaires, le trading électronique connaît lui aussi des limites. Toutes les salles de marché du monde entier se souviennent encore du krach éclair ou « flash crash » du Dow Jones le 6 mai 2010 qui a fait perdre 9,2% à l’indice en 10 minutes seulement. Sur fond de crise de la dette grecque, une erreur dans un programme de trading algorithmique a enclenché une salve d’achat importante des traders haute fréquence sur les futures E-mini S&P 500. Les positions importantes ont complètement enflammé le marché qui a pris peur tout au long de cette journée noire.

Ce flash crash permet de voir l’importance du contrôle sur un marché où les réactions en chaîne s’effectuent en millièmes de seconde avec des conséquences très importantes. Le rôle du trader a donc fortement évolué depuis la négociation par téléphone des actions mais ce poste est toujours essentiel au sein des banques d’investissement.

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Kevin

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