La Fintech : ce qu'il faut savoir sur ce phénomène de société

  • February 26, 2017

Parmi les marchés les plus ciblés par les nouvelles possibilités technologiques, le secteur de la finance est particulièrement exposé. Les montants importants circulant dans le milieu de la bancassurance ou de la finance de marché, ainsi que les possibilités de dématérialisation du secteur en font un terrain de jeu très intéressant pour des startups innovantes. Appelées Fintech, ces nouvelles startups qui attaquent le marché de la finance sont en train de progressivement changer les règles d’un jeu où les sommes importantes attirent de nombreux investisseurs. Nous faisons pour vous un éclairage de ce phénomène de société qui bouleverse d’ores et déjà nos habitudes.

Que signifie le terme Fintech ?

Le mot Fintech est une contraction des mots finance et technologie. A l’image de la biotech qui défie le marché de la santé ou de la greentech qui vise à optimiser les différentes économies d’énergie, la fintech se sert des nouvelles possibilités technologiques (algorithmes, automatisation de la relation client ou encore big data ) pour offrir un niveau de satisfaction client plus important pour des coûts plus faibles.

Pourquoi la Fintech a un potentiel important ?

Les investisseurs ne s’y trompent pas : si un montant de 7,1 milliards d’euros a été dirigé au cours du premier semestre vers le secteur de la Fintech, c’est bien parce que le potentiel de ce nouveau marché est colossal. En effet, les montants en jeu dans la banque, l’assurance, la gestion d’actifs ou encore le trading sont importants et récurrents. À titre d’exemple, le secteur financier représente 17% de la capitalisation boursière du CAC 40 et plus de 11% de celle du Dow Jones.

Comment ce secteur profite-t-il des crises économiques ?

En parallèle, malgré les chiffres d’affaires importants réalisés par le secteur financier, les nombreux scandales ayant éclaté ces derniers temps ont contribué à détériorer la confiance des clients envers leurs établissements financiers. Une étude mondiale menée par E&Y a révélé que plus d’un client sur deux n’a pas confiance dans sa banque. L’opportunité de capter de la valeur est donc gigantesque pour les Fintech qui savent faire passer la relation client avant tout.

Un secteur où la réglementation est importante

La difficulté majeure pour les startups Fintech est la réglementation. En effet, ce secteur à grands enjeux est très protégé, particulièrement en France, ce qui a pour effet d’allonger les temps d’accès au marché pour les Fintech. Par exemple, le code monétaire et financier définit de nombreux agréments qui donnent le droit de traiter des opérations financières, de conserver de l’argent pour des tiers ou bien d’agir en tant qu’intermédiaire de crédit. Ces agréments peuvent être contrôlés soit par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) ou soit par l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) et nécessitent bien souvent des capitaux propres importants pour les obtenir. L’enjeu de la réglementation est de garantir les clients contre une faillite éventuelle ou des manques de contrôle de la part de l’intermédiaire financier.

Un business case : le crowdfunding

Définition. Le crowdfunding est l’un des marchés les plus en vue du secteur de la fintech. Directement basé sur l’implication des internautes, le crowdfunding vise à faire financer des projets par la foule et à se passer ainsi des prêteurs habituels que sont les banques. Grâce à une promesse de transparence et de rapidité, le crowdfunding réussit à capter de la valeur sur le marché du prêt ou de l’investissement grâce à des outils technologiques nouveaux (automatisation des bulletins de souscription d’actions, analyse informatisée du risque d’un dossier…).

Le potentiel du crowdfunding. Sur le seul secteur du prêt aux particuliers et aux entreprises en France, les montants alloués par les banques sont de plus de 2 000 milliards d’euros chaque année. Le potentiel du marché du crowdfunding est donc conséquent, d’autant plus qu’il convient de rajouter les montants collectés en don et ceux collectés en investissement.

Comment profiter des crises économiques ? Suite à la dernière crise financière des subprimes, les banques doivent dorénavant posséder plus de fonds propres pour le même montant de crédit. Les fonds propres coutant cher pour une banque, ces dernières ont donc décidé de pondérer davantage leurs risques et de limiter le nombre de projets éligibles au crédit. Le crowdfunding profite de cet état de fait.

L’enjeu de la réglementation. Pour garantir aux prêteurs la sécurité de leurs créances, les plateformes de crowdfunding doivent respecter un nombre élevé de réglementations. En plus d’un agrément délivré par l’Orias (ou par l’AMF pour l’investissement), les plateformes sont obligées d’avoir plus de 730 K€ de capital pour gérer l’ensemble du processus de collecte et de paiement des échéances via le statut de Prestataire de Service d’Investissement (PSI). L’enjeu pour les plateformes est de progressivement faire évoluer cette réglementation en essayant de l’assouplir.

5 exemples de Fintech françaises prometteuses

  1. Younited Credit est une plateforme de financement participatif qui permet à des particuliers de prêter de l’argent à d’autres particuliers qui demandent un crédit à la consommation. Avec un risque réduit, une rapidité d’exécution sans comparaison possible avec celle des banques, cette plateforme a convaincu des investisseurs d’y placer 50 millions d’euros récemment.

2. Leetchi est un système de cagnotte en ligne qui permet de collecter très simplement de l’argent auprès de plusieurs personnes. La société a récemment été rachetée par Arkea sur la base d’une valorisation de plus de 50 millions d’euros.

3. Kantox permet l’échange de devises en ligne sans avoir à passer par un établissement bancaire. Avec plus d’un milliard de dollars échangés chaque mois, la plateforme a réussi à lever 12 millions d’euros récemment.

4. Bankin'. La startup Bankin permet de visualiser sur une seule application l’ensemble de ses comptes bancaires, y compris ceux d’établissements différents. La convivialité de l’application permet de suivre très simplement ses comptes et son épargne grâce à l’intégration de plus de 300 banques françaises et étrangères.

5. Compte Nickel. Le compte Nickel permet à n’importe qui d’ouvrir très simplement un compte bancaire et de réduire très nettement ses frais de gestion. En passant chez un buraliste, vous pouvez avoir une carte bancaire très rapidement et profiter très simplement de votre argent. En fin d’année 2015, la startup a levé plus de 10 millions d’euros pour financer son développement.

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Photo by WTTJ @Quantmetry

Kevin

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