Être dans une Junior-Entreprise pendant ses études : quels avantages ?

  • October 4, 2019

Au cours de votre cursus, l’occasion se présentera peut-être à vous. Mais qu’est-ce qu’intégrer une Junior-Entreprise (J.E.) pendant ses études implique vraiment ? Si vous en avez déjà entendu parler, vous ne percevez pas forcément les contours de cet engagement ni son intérêt pour votre future carrière. Au travers de cet article, des étudiants vous donneront leur avis pour vous aider à mieux en cerner les tenants et les aboutissants !

Déjà, qu’est-ce qu’une Junior-Entreprise ?

Une Junior-Entreprise est une association loi 1901 à but non lucratif. Créé en 1969, ce concept assure la fonction de passerelle entre votre vie étudiante et votre future vie professionnelle. Chaque année, des prix et des labels récompensent les meilleures d’entre elles.

Au départ, ces associations s’implantaient principalement dans les établissements enseignant la finance et l’informatique. Si vous retrouvez encore la plupart d’entre elles dans les écoles de commerce et d’ingénieurs, il y en a aujourd’hui aussi dans certaines universités. Les domaines dans lesquels interviennent les J.E. sont les études marketing ou financières, les recherches documentaires, le développement informatique ou encore les études d’ingénierie. Évidemment, les J.E. n’acceptent les missions que lorsqu’elles correspondent à la spécialité de l’école, et qu’elles apportent une plus-value pédagogique à leurs membres.

À quel moment peut-on y faire son entrée ?

En règle générale, les plus motivés entrent en J.E. en 3e année de licence, en Master 1 ou en Master 2. Mais le processus de recrutement reste le même, quelle que soit votre année d’étude. Exigeant, il se compose d’entretiens individuels et/ou collectifs et de mises en situation. Les J.E. se voulant bienveillantes, c’est une bonne première expérience avant de mettre un pied dans la “vraie” vie professionnelle : elles se montreront moins “incisives” qu’un véritable employeur… Mais armez-vous de patience : le recrutement s’étale souvent sur plusieurs semaines !

Comment assurer dans un domaine que l’on découvre à peine ?

Si vous êtes à l’école, c’est pour apprendre et vous former à votre futur métier. Alors comment pourriez-vous satisfaire de “vrais” clients alors que vous avez tout (ou presque) à découvrir ? C’est une bonne question, qui se pose d’autant plus que les cours de 1ère année permettent rarement de se jeter dans le bain et que le travail en J.E. requiert un minimum de savoir-faire. Mais pas de panique, la solution la plus efficace pour acquérir de nouvelles compétences c’est justement de vous lancer ! Et une fois intégré, n’hésitez surtout pas à vous imprégner des travaux déjà réalisés et, bien évidemment, à demander conseil aux anciens membres de l’association. Et puis, rappelez-vous que, contrairement à un travail salarié ou un stage, vous ne serez pas contraints par des horaires fixes. Il vous sera donc toujours possible de lever le pied lorsqu’il faudra redonner la priorité aux cours. Et qui sait, avec le temps, ce seront sûrement les compétences acquises en J.E. qui vous faciliteront la compréhension de vos cours.

Quel rôle peut-on jouer dans une Junior-Entreprise ?

Deux rôles distincts s’offrent à vous : celui d’administrateur ou celui de “chargé de mission”, au choix. Les administrateurs ont pour mission de gérer l’association et de dénicher les bons clients. Ils “embauchent” les étudiants qui effectueront le boulot et veillent au bon déroulement de la mission. Quant aux “chargés de mission”, ils font le travail à proprement parler. Selon les entreprises et leur activité, il peut s’agir de réaliser une étude de marché, un site vitrine ou même, pourquoi pas, de penser et mettre au point un système de largage embarqué sur des drones.

Quels avantages y a-t-il à s’engager dans une J.E. ?

Booster vos connaissances… et votre CV

La J.E. donne un “petit coup de fouet” à votre CV. Vous bénéficierez d’une expérience professionnelle dans votre domaine de prédilection avant même d’avoir achevé votre cursus. Certaines associations ont plusieurs décennies d’expertise, ce qui représente un véritable enseignement supplémentaire pour vous ! C’est aussi l’occasion de passer vite de la théorie à la pratique en sortant des cours… Certaines associations dispensent même des formations spécifiques que l’école ne propose pas, un petit bonus non négligeable.

Gagner un peu d’argent

Autre avantage appréciable lorsqu’on est étudiant : gagner de l’argent. Les administrateurs des J.E. effectuent du bénévolat mais si vous décidez de faire partie de ceux qui réalisent les missions pour les entreprises, vous serez rémunéré.

Tester votre projet professionnel

Travailler sur les problématiques qu’on est susceptible de rencontrer en entreprise représente aussi l’occasion de tester son projet professionnel. Vous visez une carrière commerciale ? Vous pourrez vous découvrir une appétence et des compétences pour l’entrepreneuriat et finir par lancer une boîte grâce à cette “double casquette”. Ou même carrément décider de changer de voie !

Gagner du temps

C’est aussi un moyen de gagner du temps au moment de trouver un emploi. Leslie Achour, secrétaire générale de Synerg’hetic, la J.E. d’HETIC, une école des métiers du web, donnera de l’espoir à tous ceux d’entre vous qui sont inquiets pour leur avenir : « Je n’ai pas reçu de proposition d’embauche grâce à la Junior-Entreprise en elle-même mais grâce à son réseau. Chez Synerg’hetic, on est en contact avec beaucoup d’entreprises, peu qui sont dans le digital malheureusement pour moi, mais il y a plein d’opportunités dans le conseil et l’audit, par exemple. » Si cette expérience ne vous ouvrira pas forcément toutes grandes les portes de votre futur métier, « travailler en J.E. permet de se forger un carnet d’adresses, de s’ouvrir à des horizons et des univers divers. Les compétences acquises sont incomparables avec ce que l’on peut apprendre à l’école. », affirme Lucie Chabaud, également secrétaire générale de Synerghetic.

Charge de travail, stress, organisation… Quels inconvénients existe-t-il à s’investir dans une J.E. ?

Leslie a identifié trois inconvénients majeurs lors de son expérience : la quantité de travail à fournir, la pression des autres membres de la junior et le manque de reconnaissance inhérent au poste de secrétaire générale : « C’est l’un des postes les plus difficiles car le travail effectué (organisation globale, gestion des ressources humaines, bras droit du président, management…) n’est pas forcément vu, et donc reconnu à sa juste valeur. » Camille Friboulet, responsable de communication pour Synerg’hetic, adresse une mise en garde bienveillante aux étudiants qui envisagent de se lancer : « Il ne faut pas avoir peur de consacrer une bonne partie de son temps à la structure. Elle devient notre “bébé” pendant toute la durée du mandat, et comme un bébé, il faut savoir s’en occuper. Malheureusement, tout le monde n’a pas le même degré d’implication et de motivation pour le projet, pour différentes raisons, il faut l’accepter sinon cela peut être source de tensions. »

Lucie, elle, n’y voit que du positif, ou du moins elle estime que c’est une question d’organisation : « Il n’y a pas d’inconvénient, il faut juste faire des choix. L’expérience en J.E. est extrêmement formatrice et il faut savoir attraper cette chance quand elle se présente. Il faut faire quelques concessions mais si Synerg’hetic m’a bien appris une chose, c’est que l’on a toujours le temps. Malgré des semaines de 60h ou plus, j’avais le temps de cuisiner, de bosser mes cours, d’aller au sport … donc on a toujours le temps et toujours le choix de s’organiser. Notre emploi du temps n’est pas adapté à cette charge supplémentaire donc il faut réussir à jongler entre les obligations scolaires et la charge de travail de la J.E. Effectivement si l’on s’investit à fond, cela prend du temps (beaucoup de temps) mais cela en vaut la peine. »

Qu’apprendrez-vous sur vous-mêmes ?

Ce premier pas dans ce qui sera peut-être votre futur environnement professionnel vous invitera à sortir de votre zone de confort. Vous devrez dépasser vos appréhensions pour fournir le meilleur travail possible, que ce soit en autonomie ou en équipe. Vous découvrirez vos qualités et cernerez mieux ce sur quoi vous pouvez vous améliorer. Leslie confirme : « Dans un premier temps, j’étais bien plus timide et ne me sentais pas capable de m’imposer dans un travail de groupe et professionnellement parlant. Cette expérience m’a appris sur moi-même, sur mes capacités et m’a permis de grandir. »

Pour Lucie c’est une belle aventure humaine « C’est extrêmement formateur à la fois sur le plan humain et sur le plan professionnel. C’est une seule équipe contre vents et marrées pendant un an. En tant que secrétaire générale maintenir la cohésion d’équipe ainsi que le bien-être de chacun pendant un an, ça a été un vrai défi. Mais ce sont de belles rencontres : durant l’année avec les gens du mandat mais également avec les autres Junior-Entrepreneurs qu’on voit lors des congrès. D’un point de vue professionnel, le passage en J.E. rend plus résistant à une très forte charge de travail, permet de mieux se connaître et d’améliorer sa manière de travailler en équipe, de communiquer, de gérer le stress et d’organiser son temps… »

Comment vendre cette expérience lors d’un entretien d’embauche ?

Lorsqu’on fait son entrée dans le monde du travail, on a souvent peu d’expérience et on peut être considéré comme “trop junior”. Avoir été dans une Junior-Entreprise est un atout qui peut faire la différence, notamment car cela rassure les recruteurs sur vos compétences. Cela montre aussi que vous êtes quelqu’un de motivé qui sait travailler dur et qui a soif d’apprendre. Si le poste que vous occupez dans la J.E. n’est pas exactement celui auquel vous postulerez, ce n’est pas grave. L’essentiel est de montrer que votre parcours est cohérent, qu’il existe un lien entre votre formation, votre expérience en J.E. et le poste convoité. Mieux encore : si les objectifs de l’entreprise sont proches que ceux poursuivis par votre J.E., n’hésitez à le faire remarquer au recruteur en entretien. Une autre bonne pratique consiste à trouver, dans son expérience en J.E., un exemple pertinent prouvant notre capacité à mener à bien et à réussir un projet. Pour cela, il suffit d’expliquer à quoi ressemblait la situation avant notre intervention, puis de décrire les actions mises en place et les résultats obtenus.

Les mots de la fin reviennent à Camille : « Faire partie d’une Junior-Entreprise, bien avant d’être une expérience professionnelle enrichissante et formatrice, représente une expérience humaine très intense. Elle fait vivre une grande aventure pleine de péripéties à ses membres. », ainsi qu’à Lucie, pour son enthousiasme communicatif : « Allez-y, donnez-tout car vous pourrez travailler en vous amusant. En J.E., on gère sa propre mini-entreprise sans prendre vraiment de risques, c’est une occasion rare. Ce sera dur - suivant le niveau que vous vous imposez - mais l’on apprend tellement sur le plan humain et professionnel que ça vaut le coup ! »

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Photo d’illustration by WTTJ

Sandrine Pollien

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