52% des personnes LGBT+ ont fait leur coming out au travail

06 déc. 2018

3min

52% des personnes LGBT+ ont fait leur coming out au travail

52, ce n’est pas le nombre de fois où vous avez ouvertement dragué un ou une de vos collègues (sans succès évidemment), non, 52 c’est le pourcentage de personnes LGBT+ qui ont fait leur coming out au travail. 52% c’est peu, surtout quand on sait qu’ils sont 80% à être prêts à sauter le pas ! Cette étude du Boston Consulting Group (BCG) pour Têtu s’intitule « le paradoxe des talents LGBT +» ce qui illustre bien cette différence. Il est apparemment toujours compliqué d’être “out” au 21ème siècle.

Pourquoi ce paradoxe ?

La conséquence de cette différence entre vouloir être “out” et pouvoir être “out” est surtout dû à la peur. 35% des interrogés pensent qu’assumer son orientation sexuelle au travail peut représenter un risque pour leur carrière. Les représailles qui inquiètent la communauté LGBT+ sont : être mis à l’écart du reste de leurs collègues ou être moins bien payés qu’un hétérosexuel. Et le pire dans tout ça c’est que ces peurs semblent justifiées puisque, d’après l’étude Ifop pilotée par Tell me the truffe, un quart des sondés LGBT+ déclare avoir déjà fait l’objet de discriminations de la part de leurs collaborateurs… Une des rares études sur le sujet, publiée en 2012 par des chercheurs de l’université d’Evry-Val-d’Essonne, prouve quant à elle que les homosexuels sont payés entre 6 % et 5 % de moins que les hommes hétérosexuels en France.

Pour éviter au maximum ces conséquences, 46% des sondés disent mentir quotidiennement lors de conversations informelles.

Imaginez-vous en train de redouter chaque question anodine du quotidien : “Avec qui pars-tu en week-end ?” , “J’ai vu ta story, sympa le concert, t’étais avec qui ?”, “Tu as fais quelque chose pour la Saint Valentin ?”

LGBT+ , tous égaux face à la discrimination ?

La communauté LGBT+ ne fait pas de différences en son sein, elle englobe homosexuel(le)s, bisexuels, transexuels et personnes non binaires. La discrimination, elle, segmente, compartimente et certains en pâtissent plus que d’autres. Les résultats de l’étude du BCG pour Têtu illustrent bien ces différences : les hommes homosexuels sont 57% à être “out” sur leur lieu de travail, contre seulement 43% pour les femmes, 46% des personnes non-binaires (c’est-à-dire ne se considérant ni homme ni femme) et le chiffre baisse encore pour les bisexuels qui ne sont que 37% à assumer leur orientation sexuelle au boulot.

Pour les transexuels, le paradoxe subsiste : s’ils sont 48% à faire leur coming out, une personne trans’ sur deux (contre 35% sur l’ensemble des LGBT+) pense que cela comporte des risques.

Ce n’est pas partout pareil !

Dans son étude, le BCG réalise un classement des pays où il fait bon travailler en tant que personne LGBT+. Les premiers de la classe sont le Royaume-Uni et les Pays-Bas avec 90% des salariés LGBT+ qui se disent à l’aise avec l’idée de révéler leur orientation sexuelle au travail. Malheureusement, et vous vous en doutez, plus on descend vers le Sud de l’Europe, moins la communauté LGBT+ se sent libre et plus elle a peur des conséquences d’une telle annonce. En Espagne et en Italie, un tiers des sondés est plutôt réfractaire à l’idée d’en parler au bureau.

Et en France, on en est où ?

À la 7ème place sur les 9 pays étudiés par le BCG, figure la France. Nous sommes toujours parmi les pays les moins avancés en termes d’inclusion des LGBT+ dans le monde professionnel. Les mentalités avancent plus lentement chez nous. D’aprèsL’Express, aux pointages du Ministère de l’Intérieur, c’est 1 026 infractions homophobes qui avaient été relevées en 2017, soit quand même une agression toutes les trente-trois heures !

Mais ce n’est pas noir partout !

Côté mentalité au travail, nous nous améliorons quand même puisqu’en 2015, ils étaient deux LGBT+ sur trois prêts à révéler leur orientation sexuelle au travail (contre trois sur quatre aujourd’hui).

Il nous reste du chemin à faire si nous voulons nous hisser à la hauteur de nos voisins néerlandais, britanniques ou suisses. L’inclusion des LGBT+ en entreprise passera forcément par une plus grande ouverture d’esprit, mais en attendant il y a des actions que nous pouvons mettre en place. Aux Pays-Bas, par exemple, chaque citoyen a le droit de déclarer administrativement s’il est de sexe masculin, féminin ou non-binaire. L’idée derrière cette démarche est de rendre plus communes ces différentes situations et de mettre tout le monde à l’aise, jusque dans le cadre professionnel. Concernant le recrutement, l’Angleterre préfère les CV anonymes afin de minimiser au maximum la discrimination. Nous pourrions en prendre de la graine !

« Le respect que vous avez pour les autres est directement proportionnel au respect que vous avez pour vous-même. » - RuPaul Charles.

À méditer.

Pour aller plus loin : découvrez l’histoire de Jean-Baptiste, qui a fait son coming out au travail, dans notre podcast Le Bureau !

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Photo by WTTJ

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