Consultant, le caméléon au service des entreprises

  • October 3, 2019

Les consultants affluent en entreprise pour apporter des solutions à des problématiques ponctuelles et une vision extérieure à l’organisation d’une entreprise. Rattachés à un cabinet ou indépendants, les consultants travaillent sur tous les secteurs d’activité, sont généralistes ou spécialistes d’un domaine et bâtissent ainsi des carrières diversifiées où les missions se succèdent mais ne se ressemblent pas. Rencontre avec Bertrand Roche, consultant chef de projet digital chez Nexton Consulting

Quel est ton parcours et comment es-tu devenu consultant chez Nexton ?

J’ai fait une école de commerce, l’ESC Reims avec une spécialisation « management international » mais c’est réellement mon stage chez Havas Digital qui a lancé mon parcours et m’a spécialisé sur le secteur des Télécoms. J’ai débuté chez eux en faisant de l’achat média pour Orange. Ensuite j’ai réalisé un autre stage chez Bouygues, puis je suis revenu chez Orange en CDD en tant que chef de projet.

À ce moment, Orange devait réduire les effectifs et je n’ai donc malheureusement pas obtenu de CDI mais les équipes, désireuses de me voir retravailler pour elles un jour et habituées à travailler avec des consultants, m’ont parlé de missions longue durée au sein de cabinet de consulting. J’ai donc étudié la possibilité de devenir consultant et j’ai atterri dans le cabinet Beijaflore qui m’a recruté pour une mission de deux ans chez SFR et fait revenir ensuite chez Orange, qui ne m’avait pas oublié. Aujourd’hui, Orange est toujours mon client et je fais partie de Nexton Consulting, un autre cabinet dans lequel je m’épanouis pleinement.

Qu’est-ce qui te passionne dans l’exercice de ton métier ?

Ce que j’aime le plus c’est de savoir que j’ai apporté quelque chose à mon client, qu’il voit qu’avec mon passage il y a eu un avant et un après. Il n’y a rien de plus gratifiant qu’un client qui reconnaît l’efficacité de ma mission. D’ailleurs, quand je travaille sur un site, j’en fais des captures d’écran tout au long de ma mission pour voir l’évolution. Je fais le bilan et analyse ce qui a changé mais aussi l’organisation qu’il a fallu construire pour y parvenir. Pour une grande entreprise comme Orange, il n’est pas intéressant de regarder les résultats au bout de six mois car les projets prennent du temps à se mettre en place. En revanche, en deux ans on a vraiment le temps de faire évoluer les méthodologies de travail et ça, ça donne envie de poursuivre la mission.

Car dans mon travail, je suis au service de l’entreprise mais aussi de ses équipes. Je m’efforce donc de trouver des process qui leur facilitent la vie, d’automatiser certaines tâches pour leur faire gagner du temps, de trouver les bons outils pour les aider.

« Il n’y a rien de plus gratifiant qu’un client qui reconnait l’efficacité de ma mission. »

Et puis ce que j’aime aussi dans mon métier, c’est qu’au-delà d’apprendre sur le terrain chez un client, on a la possibilité d’être formé en interne, dans notre cabinet directement. Chez Nexton on a par exemple des “meet-up” pendant lesquels un coach vient nous former à une nouvelle méthodologie de travail. On peut dire que l’on a une vie chez le client et une vie en interne, même si la priorité reste le client.

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A contrario, à quelles difficultés dois-tu faire face ?

Le gros inconvénient du consulting reste ce que j’appelle “la loterie des missions”. Les commerciaux Nexton mettent tout en œuvre pour nous trouver la mission de nos rêves mais ça ne « match » pas toujours, soit pour des questions de disponibilités du consultant, soit tout simplement parce qu’au premier abord la mission avait l’air faite sur-mesure mais ne correspond finalement pas aux aspirations du consultant. Et malheureusement deux ans c’est long si la mission ne plaît pas. Certains cabinets permettent de changer car si le consultant n’est pas bien il ne sera pas motivé et pleinement investi dans sa mission, les clients veulent des talents et pour avoir des talents il faut que les bonnes conditions soient réunies.

« Le gros inconvénient du consulting reste ce que j’appelle “la loterie des missions”. »

Ensuite, en fonction du contexte dans lequel arrive le consultant, il faut parfois gérer des tensions au sein de l’entreprise, une crainte du changement. Par exemple, dans le cas d’un plan de départ ou de la restructuration d’un service, il peut y avoir des frictions avec les salariés. Mais si le consultant fait du bon boulot et que les gens voient qu’il est au service des équipes, ça se passe bien.

Quelle attitude doit avoir un consultant en mission chez un client ? Quelles sont les qualités requises ?

Le plus important selon moi est que l’on fait appel à nous pour une expertise manquante et donc on doit faire le job dès notre arrivée, sans réelle période d’adaptation ou de formation.

C’est primordial de faire et de faire bien ce pour quoi on a été appelé, nous nous devons de proposer une excellence opérationnelle. Le CDI est très protégé en France, et si les entreprises font appel à des consultants c’est souvent pour gagner en agilité et flexibilité. Et puis, les temps de formation en interne sont très longs donc passer par des consultants permet à l’entreprise d’avoir une personne opérationnelle dès son arrivée car elle a déjà eu des missions similaires dans plusieurs autres entreprises ayant eu la même problématique.

Après, il faut être un bon conseiller, être pédagogue pour faire passer ses convictions ; et faire preuve d’une grande proactivité.

Et puis, même si c’est plus évident, je dirais que quelqu’un qui veut devenir consultant doit avoir des qualités relationnelles, renvoyer une image assurée et crédible, et bien-sûr être adaptable à la politique des entreprises.

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Comment choisis-tu tes missions ?

J’essaie d’apporter de la cohérence à mon parcours en faisant attention à deux choses.

Premièrement, je me suis spécialisé dans les Télécoms dès le départ car les entreprises apprécient qu’un consultant connaisse bien leur secteur d’activité.

Deuxièmement, à chaque changement de mission, j’essaie de passer à la marche supérieure. En tant que consultant, je change régulièrement de mission, il faut donc que je me garantisse une évolution professionnelle logique. J’ai d’abord été chef de projet junior, puis chef de projet senior, et enfin product owner (chef de projet senior spécialisé en méthodologie agile) et dans le futur, j’aimerais me tourner vers le coaching. Plus on avance, plus les missions sont courtes car moins opérationnelles, il s’agit davantage de mission d’audit et conseil.

« À chaque changement de mission, j’essaie de passer à la marche supérieure… Il faut que je me garantisse une évolution professionnelle logique. »

Quel est le projet dont tu es particulièrement fier ?

La sortie de la Livebox Play pour laquelle j’ai travaillé sur la création d’un mini-site. J’en suis fier car j’étais chef de projet junior à l’époque et Orange m’a fait confiance pour gérer le site de A à Z avec une équipe d’UX, graphistes, développeurs et experts référencement.

J’ai d’autres belles histoires avec Orange comme notamment la sortie du mini-site vitrine de Noël, réalisé en interne pour la première fois alors qu’avant une agence s’en occupait. Nous avons pu créer avec les équipes le premier site en responsive design, qui a généré de très bons résultats.

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Pour finir, as-tu un petit conseil à donner à ceux qui souhaiteraient faire leurs premiers pas dans le consulting ?

J’échange souvent avec des gens, et des jeunes surtout, qui veulent devenir consultant et je leur dis que le plus important est d’avoir confiance en eux. Si leurs stages se sont bien passés, il n’y a pas de raison que leur mission se passe mal. En stage, comme en mission, on découvre une nouvelle entreprise, un nouveau manager, une nouvelle équipe et on fait en sorte de s’adapter pour monter en compétence. La seule différence entre les deux est le degré d’exigence que l’on attend de vous, sinon la logique est la même.

Et le mot de la fin : on me pose souvent la question de la rémunération entre deux missions. Rassurez-vous, lorsqu’il est salarié en cabinet de consulting en CDI, le consultant est tout de même rémunéré entre deux missions !

« J’échange souvent avec des gens, et des jeunes surtout, qui veulent devenir consultant et je leur dis que le plus important est d’avoir confiance en eux. »

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Photos d’illustration by WTTJ

Audrey Depommier

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