Êtes-vous prêts à obtenir une promotion et comment la réussir ?

  • April 9, 2019

La promotion, le Graal de la carrière professionnelle, est un tournant dans la vie d’un salarié. Souvent attendue, parfois mal tombée, elle peut avoir de nombreuses répercussions sur la personne promue. Mais alors, comment sait-on que l’on est prêt à passer à un poste supérieur… ou pas ? Et comment réussir cette évolution ?

La promotion ascendante…

La promotion est une ouverture sur de nouveaux horizons professionnels. Source de motivation pour les salariés, elle est une approbation des compétences déjà acquises, une mise en lumière des potentiels.

Accéder à un poste plus élevé étant souvent plus “simple” à obtenir au sein même de son entreprise que dans une autre, la promotion interne est considérée comme l’ascenseur social du monde professionnel : une montée hiérarchique, de nouvelles responsabilités, de nouveaux challenges qui vont souvent avec une augmentation de salaire. Elle demande alors une certaine maturité et des compétences, autant que des nerfs, solides.

… la clé du bonheur professionnel ?

Selon un sondage réalisé par l’Apec, 42 % des cadres salariés désirent une mobilité interne ascendante dans les trois années à venir, c’est-à-dire changer de poste au sein même de l’entreprise. Pour 61 % des interrogés, il s’agit avant tout d’acquérir de nouvelles compétences, mais pour 55 % l’augmentation de salaire associée est aussi un argument de poids. C’est aussi un moyen de gagner en responsabilités (pour 35 %) ou de découvrir un autre métier (pour 40 %), et ainsi ne pas pas tomber dans la routine professionnelle. Extrêmement valorisée, la promotion est censée être indispensable dans une “stratégie de carrière” : cette reconnaissance est considérée comme la clé du bonheur professionnel.

Lorsque l’on s’applique et s’implique à un poste donné, les retours sur le travail fourni sont les bienvenus pour l’épanouissement professionnel. Un peu comme les bons points distribués à l’école ! Ainsi, la promotion est vue comme le couronnement des réussites d’objectifs par les collègues et la direction, la personne est valorisée parmi ses pairs. Le regard – positif – que les autres portent sur notre travail nous permet de nous sentir bien à notre place. Mais qu’en est-il des personnes qui se sentent bien, sont bonnes dans leur travail et veulent y rester ? Et de celles qui n’ont pas forcément la fibre managériale ou qui ne sont pas (encore) prêtes à endosser de nouvelles responsabilités ?

La promotion, une question de timing et de préparation

Vous souhaitez obtenir une promotion ?

En poste depuis plusieurs années, vous avez l’impression d’avoir fait le tour de votre emploi actuel ? Vous convoitez celui de votre N+1 qui part bientôt à la retraite ? En premier lieu, il est important de le faire savoir à vos supérieurs, lors de votre entretien annuel par exemple. N’attendez pas dans votre coin que vos qualités soient mises en lumière et que la promotion vous tombe dessus…

La demande de cette évolution de carrière devra avoir été bien préparée : pourquoi voulez-vous être promu ? Quelles compétences avez-vous pour prétendre à ce poste, quel est votre potentiel ? Vos arguments doivent être cohérents avec vos projets de vies professionnelle et personnelle, ne demandez pas une fonction qui nécessiterait des déplacements fréquents alors que vous souhaitez vous occuper de vos enfants dans votre vie privée, par exemple.

Judith Touboul, spécialiste en management des organisations et innovation pédagogique et fondatrice de Workkit La Box, a passé 14 ans au sein de Nespresso. Ayant elle-même gravi les échelons, elle a été responsable régionale de boutique durant quatre ans et a participé à de nombreux process de recrutement. D’après son expérience, « la première étape est de faire le bilan de ses compétences et de celles qui sont recherchées pour le poste. Le deuxième point important est de valider le sens que ça a par rapport ses projets de vie ». Un fonctionnement qui permettrait d’éviter les erreurs.

Si certains sont dans l’attente d’une promotion, elle peut aussi se présenter sans que vous n’ayez rien demandé. Vos supérieurs jugent que vous êtes la personne idéale pour cette place et les responsabilités qu’elle implique ? Un constat plutôt valorisant. Cependant, gardez-vous de répondre hâtivement, un temps de réflexion d’au moins 48 heures sera utile pour éviter de faire une erreur.

On vous propose d’évoluer mais vous ne vous sentez pas encore prêt ?

Un refus de promotion peut être parfaitement entendu sans que vous soyez pour autant relégué au placard, pour peu qu’il soit bien argumenté. On vous offre par exemple un poste de manager, qui nécessite plus de réunions, de relationnel alors que vous êtes dans l’action et la technique… N’hésitez pas à dire à vos supérieurs que vous pensez être plus efficace pour l’entreprise à votre poste. En revanche, si c’est un poste qui conviendrait mais qu’il vous semble trop tôt pour occuper ces fonctions, soyez transparent lors de votre refus. Un discours honnête et objectif sur vos compétences ne vous fermera pas les portes mais vous rendra d’autant plus légitime à prendre le poste quand le moment sera venu.

Vos managers estiment qu’il est (encore) « trop tôt » pour vous ?

Vous avez commencé le processus et… vos supérieurs font machine arrière. Apparemment, il est « trop tôt ». Passé le moment de déception, vous devez faire un bilan honnête avec vous-même. Demandez un entretien avec votre N+1 pour discuter avec lui des points à améliorer en vue d’une prochaine ouverture et éviter d’avoir du ressentiment. Si vous y réfléchissez bien, malgré toute votre bonne volonté et des missions bien accomplies, vous n’êtes peut-être pas tout à fait prêt à endosser un costume d’une taille au-dessus de la vôtre ou à manager toute une équipe. Définissez avec votre manager des missions qui vous permettront d’atteindre vos objectifs et n’hésitez pas à demander des formations ou un bilan de compétences.

Ce petit ralentissement n’est pas forcément un échec, mais plutôt une bonne chose qui vous aura évité de vous mettre dans une position finalement inconfortable, voire très inconfortable.

Comment réussir sa promotion ?

Gérer et assumer son nouveau statut dans l’entreprise

Vous y êtes, vous avez pris vos nouvelles fonctions… Il vous sera peut être compliqué d’assumer votre nouveau statut social dans l’entreprise, surtout si vous devenez le supérieur de personnes avec lesquelles vous aviez auparavant créé des liens. Judith Touboul explique : « s’il s’agit d’une promotion avec une évolution hiérarchique, cela entraîne un changement de relation. Par exemple, un vendeur qui sortirait le soir boire des verres avec les autres vendeurs, le jour où il passe adjoint, cela devient compliqué. » Dans des grandes entreprises qui préconisent l’exemplarité et la prise de distance en tant que manager, il faut savoir trouver le juste équilibre entre le maintien du lien tout en assumant sa nouvelle position hiérarchique.

Afin que cette nouvelle organisation se passe au mieux, quelques conseils :

  • Ne changez pas d’attitude du tout au tout et ne méprisez pas vos anciens collègues !
  • Réunissez votre équipe, rappelez-lui que vous connaissez les missions, les difficultés et les enjeux.
  • Donnez votre vision de votre mission et le déroulement des mois qui vont suivre.
  • Évitez désormais les ragots à la machine à café ou de critiquer la direction.

Être accompagné dans la prise de ses fonctions

Pour accompagner au mieux les prises de fonctions internes, le collaborateur fraîchement promu est souvent accompagné, comme le rappelle Judith Touboul : « un manager supervise et accompagne la personne pour le développement de compétences mais aussi pour les problématiques relationnelles, notamment sur l’encadrement d’équipe. Plusieurs systèmes peuvent être mis en place. Un point flash quotidien avec le manager crée un espace de communication. Il peut également y avoir le tuteur – le parrain –, qui est un autre collaborateur occupant lui-même le poste d’adjoint, une sorte de référent. Et il y a, bien sûr, des moments de formation. »

Oser demander de l’aide si besoin

Le principal écueil à éviter est de garder le silence lorsque vous éprouvez des difficultés à mener à bien vos nouvelles missions. Cette belle opportunité peut vite devenir un véritable enfer au quotidien : vous croulez sous le travail, cumulez les heures supplémentaires et perdez confiance en vos capacités. Judith Touboul confirme : « en France, l’erreur et la difficulté sont mal vues. Cela arrive souvent qu’un collaborateur en difficulté pense que personne ne l’aidera, que c’est une forme d’échec… Par conséquent, il n’en parle pas. Ce qui crée beaucoup plus de problèmes par la suite. »

Parler de vos difficultés ne vous mettra pas en position de faiblesse, au contraire, assumer et progresser passe par la communication. Ainsi, votre manager et vous pourrez mettre au point une nouvelle façon de fonctionner pour favoriser votre adaptation et la réalisation de vos tâches. Demander un réajustement vous permettra de ne pas craquer, voire de ne pas quitter votre poste dans le pire des cas.

La promotion est une étape importante dans la vie professionnelle. Ne négligez aucun détail afin que la transition, si transition il y a, se passe au mieux. Pour finir, si la société place l’évolution hiérarchique comme la promotion “idéale”, réfléchissez aussi à la mobilité transversale qui peut s’avérer tout aussi épanouissante et évolutive.

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Illustration by Pablo Grand Mourcel

Alexandra

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