Les signes qu'une entreprise n'est pas faite pour vous : témoignages

  • November 21, 2018

Il arrive que le poste ou l’entreprise de nos rêves se révèlent, après coup, ne pas nous correspondre aussi bien qu’on l’espérait… Pas de panique, personne n’échappe à quelques erreurs de parcours ! Le plus important est de retenir la leçon de ses échecs pour les transformer en expériences positives et constructives pour la suite. Apprendre à déceler les signes avant-coureurs pour vos prochaines opportunités professionnelles pourra vous éviter de faire face aux mêmes déconvenues. À travers plusieurs témoignages, on essaye de comprendre quelles sont les choses qui doivent nous mettre la puce à l’oreille et nous faire comprendre que cette boîte n’est pas faite pour nous.

Des indices révélateurs lors de l’entretien d’embauche et les premiers échanges

On nous apprend généralement à ne pas juger trop vite les personnes ou les choses, et à leur laisser une seconde chance. Pourtant, dans certains cas, il semblerait qu’il vaille mieux écouter son instinct et comme l’adage le dit finalement, on n’a qu’une seule chance de faire une première bonne impression. L’entretien d’embauche et les tout premiers contacts avec un recruteur peuvent s’avérer décisifs et surtout très révélateurs sur ce que sera la suite. Amélie a eu une mauvaise expérience au sein d’une entreprise de VTC, elle raconte : « Suite au dernier entretien avec la RH au cours duquel je lui ai dit que j’acceptais la proposition d’embauche, j’ai croisé le CEO qui m’a demandé quand je pouvais arriver dans la boîte. Je lui ai répondu que j’allais essayer de réduire les trois mois de préavis légaux avec mon entreprise actuelle. Il a insisté en disant que mon arrivée était urgente et qu’il aimerait que je sois là dans un mois maximum. Cet épisode, qui pouvait paraître anodin, m’avait en fait révélé une partie de sa personnalité et la façon dont ce CEO pensait et travaillait. Les priorités changeaient au gré de l’humeur et des urgences du CEO et des managers, ce qui s’est révélé ingérable pour moi et nombre d’autres employés. »

Il n’y a pas qu’en tant que salarié qu’il est important de repérer rapidement quand ça sent le roussi. Adélaïde est installée en freelance depuis plusieurs années et elle a dû apprendre à reconnaître les “mauvais clients” au premier coup d’œil pour ne plus perdre de temps ni d’argent avec ceux qui n’en valent pas la peine. Après de multiples déconvenues, elle se souvient des signes avant-coureurs auxquels elle aurait dû prêter plus attention au tout début de sa carrière : « Au début, je partais du principe que je pouvais toujours faire confiance à mes clients, même ceux avec qui je commençais seulement à collaborer, et puis j’ai dû un peu changer de mentalité. Aujourd’hui, j’apprends plus rapidement à faire le deuil d’un client intéressant sur le papier, si je sens que la communication sera laborieuse ou que je devrais batailler pour être payée. Je me souviens du fondateur d’une agence qui voulait que je bosse pour lui comme prestataire. Il m’emmène en rendez-vous chez un de ses clients à 1h de route alors que le rendez-vous avait été prévu dans son agence à lui et que le client nous y attendait. La suite de notre collaboration a été à l’image de ce premier rendez-vous puisque si moi je devais être réactive et travailler dans l’urgence, lui n’avait pas du tout la même rigueur pour traiter mes demandes et surtout pour me payer. »

Être attentif dès les premiers échanges avec un recruteur ou un client, écouter son instinct, repérer les petites choses sur lesquelles on tique est un bon moyen de se prémunir d’éventuelles mésaventures. Surtout, lorsque l’on a des doutes, il est préférable de poser les questions le plus tôt possible à l’interlocuteur. Si parfois, on a tendance à s’inquiéter pour rien, en d’autres occasions, on se dit qu’on aurait dû écouter la petite voix intérieure qui nous conseillait de nous méfier !

Des missions qui ne correspondent pas à la fiche de poste initiale

Il peut falloir un peu de temps pour se rendre compte que les promesses de l’embauche ne sont pas tenues dans la réalité et que les missions annoncées sont en décalages avec les missions réellement confiées. Par exemple, Arthur a eu le sentiment de s’être fait avoir lors de son premier emploi. L’offre d’emploi annonçait un poste de Business Developer dans une start-up en plein essor. « J’étais intéressé par la boîte, tout portait à croire que l’ambiance serait détendue et les missions intéressantes. » Pourtant, grosse déception dès les premières semaines : « Je m’attendais à faire du biz dev’ et en fait, c’était plutôt du service client : j’appelais les gens toute la journée pour leur expliquer comment fonctionnait la plateforme et les aider sur le parcours client. En voyant que ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais, j’ai vite communiqué avec mes collègues sur le même poste pour savoir si c’était les vraies missions ou si la situation allait ensuite évoluer. Ce n’était pas le cas, et j’ai découvert que l’entreprise n’était pas nette à tout point de vue puisqu’elle embauchait beaucoup plus de stagiaires que la loi ne l’autorise. Je suis parti après quelques semaines seulement. »

« En voyant que ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais, j’ai vite communiqué avec mes collègues sur le même poste pour savoir si c’était les vraies missions ou si la situation allait ensuite évoluer. Ce n’était pas le cas. » - Arthur

On retrouve un peu le même son de cloche pour Sixtine, diplômée en sciences politiques, qui se voit embaucher dans une prestigieuse institution européenne, ce dont elle rêvait. « Je devais normalement être chargée de mission sur les sujets sociaux débattus au Parlement Européen. Mais j’ai vite compris qu’on m’envoyait en fait à droite à gauche pour combler les trous d’emplois du temps des autres membres de la boîte. Ce qui devait être un poste de réflexion et d’action, s’est finalement transformé en job où je passais mon temps à être scribe dans des conférences, à élaborer des PDF que personne ne lisait, ou pire à installer les salles de réunion… » Cette expérience a amené Sixtine à remettre en question sa carrière dans les politiques européennes. Après quelques mois à ce poste, elle change de voie et crée son entreprise dans le domaine du fait-main. Une vraie reconversion !

« Ce qui devait être un poste de réflexion et d’action, s’est finalement transformé en job où je passais mon temps à être scribe dans des conférences, à élaborer des PDF que personne ne lisait, ou pire à installer les salles de réunion… » - Sixtine

Des rapports difficiles avec la hiérarchie

Luna a cumulé les déceptions pendant plusieurs années avant de se sentir pleinement à sa place dans un poste qui lui plaît. Plusieurs fois, c’est en constatant le manque de confiance des supérieurs envers leurs collaborateurs qu’elle a eu le sentiment que ces entreprises n’étaient pas faite pour elle. Puis elle a enchaîné les postes mal définis, abstraits, avec le sentiment d’être mise au placard jusqu’au jour où elle fait un bore-out : « J’avais un emploi fictif, en quelque sorte. C’était sidérant, je devais argumenter sans cesse avec ma hiérarchie pour qu’on me donne des choses à faire… Puis, dans une autre entreprise, je suis arrivée pour une création de poste, tout était complètement abstrait et je passais mon temps à essayer de comprendre ce que je devais faire sans que personne au-dessus de moi ne sache m’aiguiller. Ils ont même fini par annuler le poste. Enfin, j’ai fait l’expérience d’un patron complètement mégalo qui a fait couler sa boîte car il était incapable de déléguer. J’ai dû me battre pour qu’il me paye mes derniers salaires. »

« Je suis arrivée pour une création de poste, tout était complètement abstrait et je passais mon temps à essayer de comprendre ce que je devais faire sans que personne au-dessus de moi ne sache m’aiguiller. Ils ont même fini par annuler le poste. » - Luna

En effet, on ne fait pas toujours la rencontre de l’ensemble de ses collaborateurs et de ses supérieurs hiérarchiques avant l’embauche, et c’est ensuite que l’on peut déchanter. Sixtine témoigne également sur ce registre : « Les membres de mon équipe s’entendaient mal avec la personne chargée de la direction. Elle était très cassante, peu encourageante, suspicieuse, et colérique. Elle expliquait très peu ce qu’elle attendait de moi dans mon travail pour ensuite me dire de tout recommencer. J’ai tout de suite noté quelques petites remarques/blagues sur la direction de la part de mes collègues pendant les pauses déjeuner. Et le fameux “Attends un peu, tu verras…” J’ai remarqué qu’elle était déjà en conflit avec d’autres membres de l’équipe. Résultat : beaucoup de stress, surtout lors des réunions hebdomadaires, lors des tours de table, où tu redoutes le moment où ce sera à toi de t’exprimer. Un stress qui traduit juste une chose : tu n’es pas à ta place et tu n’es pas convaincu de tes capacités à évoluer dans ce milieu, même si tu as bien bossé tes sujets. La direction tentait toujours de piéger ou rabaisser les membres de la boîte pour voir leur capacité à se défendre en public… »

Finalement, ces différents témoignages montrent la difficulté qu’il y a à cerner une entreprise. Comment percevoir à temps les éléments négatifs qui deviendront un vrai poids au quotidien par la suite ? Que ce soit l’organisation de la boîte, les missions qui sont confiées, leur évolution, la hiérarchie… Bien sûr, dans un environnement qui ne nous convient pas parfaitement, la première chose à faire avant de jeter l’éponge est d’essayer d’en discuter et de voir s’il n’est pas possible d’améliorer les choses. Puis si dans un deuxième temps, on se rend compte que rien ne changera, et bien on peut s’en tenir à ce que Henri Jeanson disait : « La première impression est toujours la bonne, surtout lorsqu’elle est mauvaise. » Dans ce cas, écoutons notre instinctet fuyons tant qu’il est encore temps !

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Illustration by Antonio Uve pour WTTJ

Aglaé

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