Les conseils de la science pour (vraiment) se ressourcer pendant les vacances

  • August 8, 2019

Elles approchent pour certains, ont commencé pour d’autres ou sont peut-être déjà derrière vous. Les vacances d’été sont un moment de répit souvent très attendu. Le soleil, les siestes, la plage, les voyages, les apéros entre amis… sont autant de moments qui permettent de se ressourcer et de se déconnecter du rythme parfois effréné du quotidien. Mais alors qu’elles passent souvent comme un éclair, comment en exploiter tout le bénéfice ? Existe-t-il une recette pour augmenter son bonheur en vacances ? Est-il possible de faire durer le plaisir après le retour au travail ? Des études scientifiques, et notamment médicales, nous livrent de précieux enseignements pour réellement profiter de nos vacances.

1. Répartir ses congés sur l’année

S’il est tentant et courant de penser qu’un break de quatre semaines est la garantie d’un repos et d’une vraie coupure, aucun expert ne semble valider cette option. Bien au contraire. Des chercheurs allemands ont établi la règle du 8-1-5 comme schéma de vacances idéal.

Le chiffre 8

Le chiffre 8 indique le nombre de semaines qui devrait précéder le départ. Ce qui signifie donc de prévoir ses vacances deux mois à l’avance, si possible. « Le simple fait d’y penser en amont, de savoir que l’on va partir […] active le circuit de la récompense du cerveau et génère un profond bien-être », confirme le docteur Frédéric Saldmann, cardiologue, nutritionniste et auteur de plusieurs livres-conseils pour mieux vivre. Pour profiter au mieux, on joue donc sur l’anticipation en planifiant ses vacances au moins deux mois à l’avance. Selon une étude de l’université de Chicago, publiée en 2014 dans le Journal of Consumer Psychology, notre cerveau fabrique 14% de dopamine en plus lorsque nous attendons quelque chose avec impatience. Dans le même esprit, une étude américaine “Waiting for Merlot : Anticipatory Consumption of Experiential and Material Purchases” confirme que les gens qui anticipent une bonne expérience sont très heureux, s’ils anticipent une expérience concrète comme l’achat (réservation d’un billet ou d’un hébergement par exemple.)

Le chiffre 1

Que dit quant à lui le chiffre 1 ? Et bien qu’une seule semaine de vacances suffirait à retrouver de l’énergie. Une étude finlandaise suggère également que des vacances trop longues n’augmentent pas le bonheur. Les chercheurs ont constaté une amélioration de la santé physique et mentale dès les premiers jours de vacances avec un pic de détente au 8e jour. Dans une interview à L’Obs, le docteur François Baumann, spécialiste de l’épuisement au travail, précise toutefois que cela dépend du travail exercé et de la personnalité de chacun. Les profils créatifs ont, selon lui, tendance à déconnecter plus vite de leur quotidien, tandis que les personnes occupées à des tâches méthodiques, ont besoin de plus de temps pour couper avec le rythme du travail. L’âge entre aussi en compte. « Passé 40 ans, la récupération n’est pas immédiate, il faut du temps

Le docteur Marc Schwob, psychiatre et chronobiologiste, recommande une pause tous les deux mois, et pour un salarié disposant de cinq semaines de congés payés : deux semaines l’été, une semaine en automne, une autre en février et quelques longs week-ends en mai. Après des vacances trop longues, la reprise du travail est plus difficile et le repos restant, à répartir dans l’année, n’est pas suffisant.

Le chiffre 5

Quid enfin du chiffre 5 de notre tiercé gagnant ? Il s’agirait du nombre de semaines pendant lequel on continue à bénéficier de l’effet relaxant après le retour. « Il n’est pas surprenant que les voyages n’aient pas d’effet prolongé sur le bonheur, puisque la plupart des vacanciers retournent au travail ou à d’autres tâches quotidiennes et se retrouvent rapidement dans la routine normale », commente Jeroen Nawijn, chercheur dans le tourisme et professeur à l’Université de Breda.

2. Profiter des vacances pour pratiquer une (nouvelle) activité

Vous avez dans l’idée de ne rien faire de vos vacances pour être sûr de récupérer pleinement ? Pour le docteur François Baumann, « rester des heures sur la plage en plein soleil n’est pas une activité reposante. En réalité, elle est même mauvaise pour la santé, même avec un bon indice de protection solaire. » Le médecin recommande une exposition de maximum 15 minutes par jour, suffisante pour sécréter la bonne quantité de vitamine D, en particulier bénéfique pour combattre la fatigue, le stress et gagner en vitalité.

L’idéal en vacances serait de démarrer ou de renouer avec une activité physique, intellectuelle ou créative qui rompe avec son quotidien professionnel afin de générer des endorphines. De nombreuses études scientifiques, menées depuis des décennies, continuent de prouver les bienfaits de la pratique d’un sport sur la santé mentale comme physique. Tout comme plusieurs travaux de recherche permettent d’affirmer que les activités créatives augmentent le bien-être et les émotions positives.

3. Soigner la qualité des moments (surtout au début et à la fin des vacances)

Un séjour de luxe dans une île paradisiaque à l’autre bout du monde rend-il plus heureux qu’une semaine à la campagne à une heure de chez soi ? Pour Florence Servan-Schreiber, auteure de plusieurs ouvrages de développement personnel, dont Être plus heureux sans effort, ce qui nous rend heureux en vacances réside surtout dans la qualité des moments et des expériences. « Par exemple, même lorsque nous passons des vacances coûteuses à l’étranger, ce qui rend le voyage plaisant réside plus souvent dans les conversations que nous avons eues avec des étrangers ou les liens que nous avons pu tisser à une terrasse d’un café, lors d’un voyage en train ou en rencontrant d’autres personnes. D’avoir pu nous débrouiller en terre inconnue et créer quelques habitudes localement nous rend plus fiers et sûrs de nous que de séjourner dans un hôtel dont le service est impeccable et impersonnel. Or, si on regarde bien, il n’est pas nécessaire d’aller très loin pour vivre de telles expériences. Certaines personnes passent leurs meilleures vacances en retournant tous les ans sous le même figuier, car ils y retrouvent des connaissances et établissent des liens sociaux, primordiaux à notre équilibre et épanouissement. »

Soigner la qualité des moments s’avère donc essentiel pour être heureux en vacances, notamment les premiers et derniers jours, à en croire Elizabeth Dunn, chercheuse à l’université de Colombie-Britannique. Dans son ouvrage Happy Money : The Science of Happier Spending, sorti en 2013, l’auteure démontre que les tout premiers et les tout derniers jours de vacances sont ceux qui laissent l’empreinte la plus durable dans notre mémoire. Les premiers jours sont propices à l’insouciance et le décompte des derniers jours favoriserait l’envie de profiter le plus possible.

4. Conserver une régularité

Vous avez coutume de faire rimer vacances et grasses matinées ? Ce n’est malheureusement pas une bonne idée si vous souhaitez vraiment récupérer, vous sentir en pleine forme et profiter au mieux de vos vacances. Une étude américaine, publiée en 2015 dans la revue Brain, Behavior, and Immunity, montre que conserver une régularité dans l’heure du lever et du coucher favorise non seulement un meilleur repos mais rend la reprise du travail moins difficile. Quitte à s’offrir une ou deux siestes de 20 minutes dans la journée. Beaucoup plus bénéfique.

En conclusion, privilégier la régularité et la qualité à la quantité est l’assurance de vacances ressourçantes et reposantes. À vos valises !

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Photo de Thomas Decamps

Géraldine Baraud

Journaliste - consultante éditoriale @rubrik-communication.com

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