Comment intégrer un grand cabinet de conseil sans avoir fait les bonnes écoles ?

  • July 3, 2017

La majorité des grands cabinets de conseil en stratégie et en management (Capgemini, BearingPoint, Wavestone, weave...) sont tellement renommés qu’ils reçoivent des dizaines de milliers de candidatures par an, alors qu’ils recrutent au plus 100 à 200 personnes. Pour gagner du temps dans le traitement des nombreux CV, la plupart des cabinets vont adopter un outil de screening. Il s’agit d’un logiciel qui pré-sélectionne les CV en y recherchant un certain nombre de mots-clés, et notamment le nom de l’école.

La plupart des grands cabinets ont en effet une politique très stricte d’écoles-cibles : impossible de rentrer dans le conseil en stratégie sans avoir fait HEC, l’ESSEC ou l’ESCP par exemple. Le candidat issu d’une autre formation sera donc pénalisé, car son CV ne sera souvent même pas consulté par le recruteur, hélas obligé de prioriser et de consacrer son attention aux candidats les plus susceptibles de valoir le coup.

Heureusement, il est tout de même possible d’intégrer ces cabinets ! La démarche nécessite d’autant plus d’efforts et de persévérance, mais l’espoir est permis…

1. Oser

Comment rentrer dans le processus de recrutement en sautant la case du screening ? Tout d’abord, ne vous acharnez pas à tenter de passer par les RH : ils ne font souvent qu’appliquer la politique décidée par les consultants et partners, et ils n’ont donc en général pas de leviers sur votre candidature. L’objectif est ici d’aller directement toucher les opérationnels : consultants, managers, et même partners. Et pour ça, la première étape, c’est d’oser. Oser prendre le contact, oser poser des questions, oser se donner les moyens de connaître de l’intérieur une structure à laquelle on est extérieur.

Plusieurs solutions sont possibles :

  • prendre contact directement via LinkedIn ou Shapr (en indiquant « consulting » dans ses champs d’intérêt), afin de proposer une rencontre autour d’un café ou déjeuner
  • envoyer un email à une ou plusieurs personnes au sein d’un cabinet qui vous intéresse, également afin de proposer une rencontre ou un coup de téléphone. Certains consultants ont leur adresse mail sur le site internet de l’entreprise ; sinon, le format est en général prenom.nom@entreprise.com

A ce stade, inutile de chercher le résultat immédiat et de joindre votre CV : votre objectif est de montrer que vous êtes dans une démarche d’information et d’apprentissage, vous souhaitez simplement établir le contact, et de pousser la personne à vous rencontrer ou à vous accorder un échange par téléphone.

2. Networker de manière subtile

Une fois le premier contact effectué, l’objectif est de « networker », c’est-à-dire développer votre réseau et sa qualité. Et malgré une croyance répandue, l’objectif n’est toujours pas de demander immédiatement une opportunité à la personne (qui, prise au dépourvu, n’aura probablement rien à vous proposer). Non, vous cherchez de l’information ! Comment établir le contact avec la personne ? N’hésitez pas à interroger votre interlocuteur sur :

  • ses tâches quotidiennes
  • pourquoi il a choisi ce cabinet et pas un autre
  • ce qui ferait la qualité d’un bon collaborateur…

Vous devez parvenir à cerner les qualités qu’il recherche chez un bon candidat, chez un futur consultant.

3. Se lancer très tôt dans une phase de préparation

Votre contact n’est pas naïf : il sait qu’à moyen ou long terme, vous souhaitez intégrer le monde du conseil. C’est pour cela que vous avez fait la démarche de le contacter en premier lieu. Vous allez donc devoir lui donner envie de vous offrir une chance. Or, la qualité la plus recherchée chez les consultants est la pro-activité. Il va donc falloir montrer que vous êtes préparé, que vous savez prendre des initiatives et pas seulement attendre qu’on vous dise quoi faire. Si vous voulez entrer dans le cabinet, vous allez devoir affronter les mises en situation et la résolution d’études de cas.

Il faut donc se préparer à cet exercice très spécifique, qui permet de mettre en évidence votre sens business, vos aptitudes d’analyse, et votre capacité à vous être déjà renseigné. Vous devez montrer que vous êtes allé chercher des informations, et que votre démarche de prise de contact est réfléchie. Votre interlocuteur est là pour vous aider dans votre préparation, pas pour faire les choses à votre place. Gardez à l’esprit qu’à tout moment, votre interlocuteur, plus ou moins consciemment, sera en train de tester votre niveau, et évaluera si vous serez capable de passer les entretiens. Et à ce stade, il n’est plus question d’écoles cibles, on est dans l’analyse des compétences !

Attention, ce travail est fastidieux, alors préparez l’étude de cas et l’entretien dès l’instant où vous vous lancez dans la démarche : n’attendez pas le moment où un consultant ou un partner vous répondront pour un déjeuner le surlendemain !

4. Afficher ses intentions en toute confiance

Autant lors de votre prise de contact, vous pouviez avancer un peu masqué, autant, arrivé à un certain stade, votre objectif est « d’activer » votre réseau. Une fois suffisamment préparé, revenez vers la personne, dites-lui clairement que vous aimeriez la revoir ou convenir d’un autre coup de téléphone.

C’est lors de ce nouvel échange que vous allez devoir vous affirmer, sortir de la posture d’apprentissage. Il faut oser dire que vous avez envie de rejoindre le cabinet, que vous vous êtes préparé depuis plusieurs semaines, et que vous avez le niveau pour ça. Puis, demandez à votre interlocuteur s’il peut vous aider. Vous n’êtes plus un contact lambda : vous devenez un candidat potentiel.

5. Prouver ses qualités

Le fait d’avoir tissé un lien avec votre interlocuteur, même faible, va lui donner envie d’éprouver vos qualités. De plus, si votre démarche s’inscrit dans le temps (quelques mois depuis votre premier contact), ils verront que votre détermination est d’autant plus forte, votre projet d’autant plus réfléchi. Vous pouvez même formaliser l’interaction, et demander à votre contact s’il serait d’accord pour vous faire passer une mise en situation (même courte), pour évaluer votre niveau. Et là, à vous de l’impressionner !

Vous avez tout à gagner : si vous réussissez à lui faire bonne impression, vous pourrez lui demander s’il peut vous aider à rentrer dans le processus, et glisser un mot en votre faveur aux recruteurs. Cela ne lui coûte rien : vous aurez encore de nombreuses épreuves à passer avant d’avoir une offre, mais au moins, vous aurez votre chance ! Et si votre niveau est insuffisant… Alors, il vous donnera des conseils pour progresser, et vous pourrez retenter votre chance plus tard.

6. Persévérer

Avoir du culot et être sûr de ce que l’on veut est central. Mais cela ne vous évitera pas des déceptions, des frustrations, qui peuvent être nombreuses. La seule solution est de continuer et de rester concentré sur son objectif. Il y aura peut-être des stops avec un cabinet, deux cabinets, trois cabinets… Mais même s’il y a très peu de réponses aux messages que vous envoyez, rappelez-vous que c’est un travail de long terme. Peu à peu, vous vous rapprochez de ce poste dans ce cabinet qui vous plaît.

En parallèle, n’hésitez pas à vous investir dans tout ce qui pourrait servir votre candidature et renforcer votre CV : prendre la tête d’une association, effectuer une année de césure, multiplier ses stages et expériences professionnelles (cabinets mineurs, banque, grandes entreprises qui engagent des consultants)… Gardez les yeux et les oreilles ouverts, et n’abandonnez pas : la réussite est au bout du chemin !

Les consultants, comme les autres, ont conscience qu’il y a des perles partout ; ils n’ont simplement pas le temps de les chercher. C’est aux perles en question de faire deux fois plus d’efforts pour leur montrer qu’elles existent !

[Article écrit par Alexandre Courbin - LinkedIn ]

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Photo by WTTJ @Sopra Steria

Alexandre Courbin

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