Comment valoriser une mission humanitaire dans sa vie professionnelle ?

  • ThibautThibaut
  • Publié il y a 14 jours
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Comment valoriser une mission humanitaire dans sa vie professionnelle ?

  • ThibautThibaut
  • Publié il y a 14 jours

Votre mission humanitaire s’achève et l’heure de rentrer en France approche. Mais déjà une question vous taraude l’esprit : comment mettre à profit cette expérience enrichissante pour la suite de votre vie professionnelle ? Même si vous ne souhaitez pas forcément vous ré-orienter dans le domaine de l’humanitaire, vous restez persuadé(e) d’avoir mûri et d’avoir acquis de nouvelles connaissances. Le problème : vous savez que vous revenez avec « quelque chose en plus » mais vous n’arrivez pas forcément à l’identifier. Pas d’inquiétudes, il suffit simplement de prendre le temps de tout remettre en ordre et de se poser les bonnes questions.

Voici celles que vous préconisent Welcome to the jungle, après avoir rencontré Valentine, volontaire international dans le cadre d’un VSI en Inde pendant deux ans. Elle raconte : « J'ai fait un master en entrepreneuriat dans une école de commerce (EDHEC). Puis j'ai rejoint le Réseau Entreprendre Paris pour lequel j'ai travaillé 3 ans en tant que chargée d'affaires. J’ai ensuite décidé de démissionner et de partir en Volontariat de Solidarité Internationale (VSI) pour Life Project 4 Youth. »


1. Se demander quelles compétences, professionnelles ou personnelles, on a acquis

« Tout d'abord, il faut prendre le temps de revenir sur son expérience. Dans mon cas, en relisant certains documents, je me suis rendu compte que j'avais appris à gérer des projets, des budgets et des Hommes. Il s’agit de compétences essentielles dans le monde professionnel » nous explique Valentine. Que vous soyez parti quelques semaines ou de longues années, prenez le temps de faire le bilan de votre expérience. Il est très important d’identifier ce que vous avez appris dans le cadre de l'action humanitaire afin de mettre des mots sur votre ressenti. « Ce fut probablement les deux plus belles années de ma vie », nous confie Valentine. Mais comment passer de ce constat général à une liste précise de compétences ?

« En relisant certains documents, je me suis rendu compte que j'avais appris à gérer des projets, des budgets et des Hommes. Il s’agit de compétences essentielles dans le monde professionnel » - Valentine

Pour cela, pas de miracles : prenez une feuille, un stylo et posez-vous les questions suivantes. Quelles sont les missions auxquelles vous avez participé ? Que vous ont-elles apporté en matière de savoir-faire ? De savoir-être ? En quoi ces tâches étaient-elles différentes de celles que vous avez effectuées dans votre ancien job ? La capacité à travailler en équipe malgré les différences culturelles (nationalités différentes), la prise de décision en situation d’urgence ou encore la gestion de projets portés à l’international : les exemples de compétences qui peuvent être développées dans le cadre d’une mission humanitaire sont nombreux et dépendent de chaque mission.

N’oubliez pas les aptitudes personnelles, tout ce qui relève davantage du savoir-être : plus grande ouverture d’esprit, gain de maturité, d’empathie, etc. Valentine témoigne :« Je retire énormément d’enseignements de cette expérience : l’insertion dans une équipe multiculturelle, l’adaptation au contexte local (se faire accepter en Inde en tant que femme), une plus grande patience ainsi qu’une meilleure capacité d’écoute, l'apprentissage de l'assertivité, etc. » 


2. Formaliser, si l'on souhaite, l’acquisition de ces nouvelles compétences

« Au fur et à mesure, j'ai également eu de plus en plus de responsabilités en mission : j'ai eu la possibilité de coordonner et de manager une trentaine de volontaires. Cette opportunité ne se serait sûrement pas présentée si j’étais restée en France. » Comme Valentine, vous avez sûrement développé de nouvelles compétences lors de votre mission humanitaire. Il reste à savoir si vous souhaitez les formaliser et les valider par l’obtention d’un diplôme par exemple.

Passer par la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE)

Vous venez de passer plus d’un an à participer à la mise en place logistique de l’ONG Solidarités Internationales en Irak ? Grâce à la Validation des Acquis de l’Expérience, vous pourrez obtenir un diplôme de logistique ! 

Valider son niveau en langue étrangère

Après les deux années passées au Honduras, l’espagnol n’a plus de secret pour vous ? De nombreux tests vous permettent de montrer à un employeur que vous maîtrisez une ou plusieurs langues internationales : le TOEIC pour l’anglais, le DELE pour l’espagnol, etc.

Cette étape n’a rien d’obligatoire. Demandez vous simplement si la formalisation des compétences acquises pendant votre mission peut vous servir afin de trouver un nouvel emploi dans le domaine que vous souhaitez.


3. Insérer son expérience humanitaire sur son CV

De manière générale, il est conseillé de mentionner votre expérience humanitaire dans le CV, d’autant plus si vous avez effectué une mission longue. Dans le pire des cas, cela laisse transparaître une certaine ouverture d’esprit. Au mieux, c’est ce genre de détail qui peut faire la différence dans la dernière ligne droite pour décrocher un emploi. Toutefois, assurez vous que les valeurs de l’organisme en question n’aillent pas à l’encontre de celles de vos recruteurs. Si vous avez été bénévole pour l’ONG Migrant Offshore Aid Station au Bangladesh lors de la crise des Rohingya, assurez vous que votre employeur ne soit pas contre l’accueil des migrants et des réfugiés avant d’intégrer cette expérience dans votre CV.

En ce qui concerne la rubrique dans laquelle vous pouvez mentionner la mission humanitaire, cela dépend de la durée. Si vous revenez d’une mission de protection de la faune et de la flore au Bénin qui a duré 1 mois, une mention dans la rubrique "Bénévolats" ou "Centres d’intérêt" peut suffire. En revanche, s’il vous avez donné des cours d’anglais et de français pendant plus d’un an au Vietnam, n’hésitez pas à écrire cela dans la section "Expériences professionnelles". Dans ce cas là, vous pouvez quasiment adopter une posture de salarié : décrivez les missions, les résultats mais aussi les compétences que vous avez acquises (renforcement de vos aptitudes pédagogiques, aptitude à transmettre des informations dans un contexte multiculturel, etc.).

Si vous disposez d’un compte LinkedIn ou Viadeo, ajoutez cette ligne à votre profil et n’hésitez pas à détailler encore plus que sur votre CV en version papier !


4. Apprendre à présenter son expérience humanitaire lors d’un entretien professionnel

Même s’il s’agit sûrement de la phase la plus stressante, il suffit de reprendre toute la réflexion que vous avez eu jusqu’à présent. Si certaines compétences du poste en question correspondent à celles que vous avez développées lors de votre mission à l’étranger, mettez-les en avant. Postuler pour un emploi revient à construire un argumentaire prouvant que vous êtes la meilleure personne pour occuper ce poste : servez-vous de l’expérience humanitaire afin qu’elle vienne appuyer ce discours.

Malheureusement, il existe encore des recruteurs qui continuent de voir l’humanitaire d’un mauvais œil, comme une parenthèse ou une année "off". Dans ce cas là, suivez le conseil de Valentine : « si vous vous retrouvez en face d'un recruteur qui n'est pas sensible à votre expérience, c'est aussi un signe que vous ne serez pas bien dans cette entreprise donc passez à la suivante ! » 

« Si vous vous retrouvez en face d'un recruteur qui n'est pas sensible à votre expérience, c'est aussi un signe que vous ne serez pas bien dans cette entreprise donc passez à la suivante ! » - Valentine


Les conseils à retenir :

  • Identifiez les compétences acquises lors de la mission humanitaire. Certaines personnes y parviennent seul, d’autres ont besoin d’un accompagnement.
  • Formalisez les aptitudes professionnelles que vous avez développées si cela vous semble nécessaire.
  • Réfléchissez à l’importance que vous souhaitez donner à cette expérience dans votre parcours professionnel.
  • Si cette expérience vous semble déterminante pour votre projet, il faut savoir la "marketer", bien vendre cette ligne sur votre CV.


La plupart des employeurs apprécient les candidats ouverts d’esprit et qui savent s’adapter à des situations variables. En ce sens, une expérience humanitaire peut considérablement renforcer votre CV, qu’il s’agisse d’une simple ­parenthèse ou d’une mission de longue durée. Entre deux profils à compétences égales, c’est souvent ce genre de détail qui fait la différence


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